‹ Les fraudes archéologiques en Palestine: suivies de quelques monuments phéniciens apocryphesChapitre 35 sur 67 · Ici un mot douteux · texte numérisé non relu

Ici un mot douteux

m'a perdu, car je connais toute son affaire. Si tu veux que je vienne près de toi afin que je te dise tout et que tu le publies dans les journaux, et qu'ainsi je dévoile tous ses mensonges, si tu le veux, écris à un de tes amis qu'il m'avance les fonds pour que je vienne près de toi et t' expliquer tout clairement, si tu veux que je sois présent pour rendre manifestes les mensonges depuis le commencement jusqu'à la fin. Ton serviteur. — Salim Qari. »

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Le i6 mars 1876 un assez vif débat s'engagea au Landtag prussien sur l'affaire des poteries moabites à propos de la discussion du budget, chapitre 126, Art et science (i). Le Dr Pétri, député, réclama des explications sur cette regrettable acquisition faite au prix de 20,000 thalers prélevés sur les fonds de TEtat, en dehors du budget du Musée. Il croyait devoir y insister parce que, disait-il, Tafifaire avait pris un intérêt politique, les poteries ayant été reconnues fausses après une enquête menée par le consulat de France en Palestine (2), et le résultat ayant été inter-

1. Voir le compte rendu de la séance dans la Nationàl'Zeitungy 17 mars 1876, 2*» Beiblatt.

2. Inutile de faire remarquer que, sur ce point, le D*^ Petn fait erreur. Is (Jonsulat de France n'a

prêté comme une délaite de la science allemande.

Le professeur Mommsen, collègue du Dr Pétri et Tune des premières autorités scientifiques de l'Allemagne, prit alors la parole pour fournir des explications et faire la part des responsabilités.

Il commence par reconnaître qu'il y a eu faux, sans aucun doute, et faux de la pire espèce, on ne peut plus le nier. Puis il s'attache à dégager la responsabilité du comte Usedom , directeur des Musées Royaux. L'acquisition a été faite sans qu'il fût consulté, par l'État directement. La somme a été fournie par le Dispositionsfonds royal. C'est sur l'avis favorable de ia Société Orientale allemande, représentée par MM. Schlottmann etFleischer, que l'on s'est décidé. Le gouvernement a certainement commis là une véritable méprise, mais il Ta commise en s'appuyant sur l'autorité du premier corps scienti-

cu rien à voir dans tout cela ; c'est seulement à titre purement privé, comme simple savant, que j'ai eu à me prononcer dans la question.

fique de rAllemagne, le plus compétent en cette question, et dont il devait suivre les indications. C'est donc moins le gouvernement qui est à blâmer en cette circonstance que les représentants de la science allemande.

L'orateur conclut en ces termes qui méritent d'être rapportés textuellement :

« Je dois avouer d'ailleurs, messieurs, que j'ai rarement vu une discussion scientifique internationale menée, du côté allemand, avec une pareille inconvenance {Unanstandigkeit). C'est seulement par ,un aveu public qu'il est possible d'atténuer un peu ce tort. La façon dont les savants français et anglais les plus estimables ont été, jusqu'au moment où Ton a dû reconnaître qu'ils avaient raison, traités par les savants et quasi-savants allemands, est absolument indigne et impardonnable. »

Je n'ai pas besoin d'insister sur la valeur de cette franche déclaration qui fait

le plus grand honneur à son auteur et

peut être considérée comme l'épilogue de Taffaire des poteries moabites.

Je dois cependant rapporter les explications fournies par le conseiller Schœne, commissaire du gouvernement. Il confirme l'exactitude des informations des deux honorables préopinants, et reconnaît que l'acquisition incriminée a été faite sur l'avis de M. Schlottmann au nom de la Société Orientale allemande, avis approuvé par un homme compétent appartenant au ministère même. Il ajoute que cependant la question n'est pas encore jugée; il résulte bien des documents existant entre les mains du gouvernement que le soupçon d'une fraude étendue est arrivé à un grand degré de probabilité, mais il paraît parfaitement établi qu'une partie des objets acquis n'est pas fausse.

Les lecteurs en savent assez pour juger ce que vaut cette restriction optimiste.

Le Landtag lui-même n'en a pas été dupe, et les dernières paroles du commissaire du gouvernement furent accueillies par de nombreuses marques de désapprobation.

N'en déplaise d M. Schœnc, les poteries moabites de Berlin sont fausses de la première à la dernière.

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