OEUVRES ATTRIBUÉES AUX ANGUIER
Contre-table en chêne. H. 3 mètres; L. 2"\60.
{Église de Monchj-sur-Eu, arrondissement rie Dieppe, à l'autel ; provient de l'église Notre-Dame d'Eu, où elle resta jusqu'à la Révolution.)
Cette contre-table est formée de colonnes torses d'ordre corinthien dont le fut est orné de vignes et de dadins, suivant l'usage du dix-septième siècle. On y voit les images de saint Laurent, patron de la ville et du comté d'Eu, de saint Nicolas, patron de la jeunesse, de saint Roch et de saint Antoine, invoqués par les pestiférés (elle est le résultat du fameux vœu qui fut fait pendant que la peste désolait la ville, en 1636). « Ce superbe morceau de sculpture est peut-cire l'ouvrage de la famille Anguier. Honoré Anguier était menuisier à Eu sous le règne de Louis XIII. Le grand travail dont nous parlons, et qui sans doute est sorti de ses mains, fut autrefois couvert de dorures; aujourd'hui on lui a restauré avec beaucoup de goût sa couleur primitive. » (Les églises de l'arrondissement de Dieppe, églises rurales, par l'abbé Cochet, p. 331, Paris, 1850.)
Contre-table en chêne. H. 3m,20; L. 2m,75.
(Eglise de Saint-Pierre en Val, arrondissement de Dieppe, à l'autel ; provient de l'église Saint-Jean d'Eu, supprimée à la Révolution.)
C'est un magnifique morceau de sculpture sur bois, du milieu du dix-septième siècle. M. Lebeuf (Histoire de la ville d'Eu) estime qu'elle est l'œuvre des frères Anguier, nés sur la paroisse Saint-Jean, et que Mlle de Montpensier employa à décorer les monuments de la ville avant de les faire venir à Paris. Il se fonde dans son assertion sur la présence des armoiries de Mademoiselle qui décorent cette contre-table; il les considère comme le cachet de la donatrice. Tout porte à croire que cette excellente princesse faisait travailler les sculpteurs eudois, comme l'avaient fait avant elle les princes de la maison de Lorraine. Cf. Les églises de l'arrondissement de Dieppe, églises rurales, par l'abbé Cochet, p. 337 (Paris, 1850).
D'autres morceaux de sculpture ont élé, mais à tort, attribués au ciseau des frères Anguier, notamment par Lenoir, qui, non content de s'attribuer un mérite qu'il n'avait pas en se faisant passer
pour le fondateur du Musée des Pelils-Augustins a encore commis des erreurs assez graves dans le catalogue de cette collection publié par ses soins. Les statues des d'Aligre ne sont point l'œuvre des Anguicr, non plus que le tombeau de Jérôme Eignon, non plus que quelques statues et bas-reliefs recueillis sous leur nom au Musée des Monuments français. Les indications fantaisistes de Lenoir demanderaient à être prouvécspour faire autorité.