‹ Les frères ChantemesseChapitre 31 sur 63 · NE LUI FAITES PAS DE MAL · texte numérisé non relu

NE LUI FAITES PAS DE MAL

Pendant ce temps, on avait environné l'homme à la

culotte de panne rouge. Le petit valet de pied Sélim lui avait mis la main au collet, assisté du grand valet de pied Fiévé. M. de Hédouville, qui l'avait déjà apostrophé, revint sur ses pas et le tint en respect contre une colonne; M. de Ludes et M. de Vigny accoururent, celui-ci exempt des cent-suisses, celui-là exempt des gardes du corps.

H n'y eut pas jusqu'au maréchal de Richelieu qui, s'étant enfin débarrassé de son manchon, vint à lui, — malgré sa vue basse, — et le secoua par son haut-dechaosses.

Le bon maréchal était l'homme du zèle facile.

Ainsi bousculé, houspillé, l'homme à la culotte rouge se trouva assis sur un banc de pierre.

Le flot grossissait autour de lui ; c'étaient les gardes du corps Dubois et Michel le Forestier, c'était M. d'Hen-

dreville, c'était M. de Vareille, c'étaient de Silhac etBonot descendus du salon royal.

Les invectives pleuvaient sur sa tète ; des menaces de mort circulaient même parmi les plus indignés.

Il murmurait :

— Vous voyez que je ne fais pas de résistance...

Il fallut que le maréchal de Richelieu s'interposât avec autorité.

— Conduisez-le à la garde, dit-il, et interrogez-le... mais surtout ne le tuez pas 1

Et le maréchal courut rejoindre son roi.

Aussitôt l'homme à In culotte rouge fut entraîné plutôt que conduit dans la petite salle des gardes du corps qui était de plain-pied avec le vestibule.

Là, mille questions l'assaillirent à la fois :

— Qui es-tu, misérable?

— D'où sors-tu, parricide?

— De quel parti es-tu l'agent?

Une voix domina toutes les autres :

— Il faut le fouiller 1

— Oui, fouillons-le !

On le maintint; on lui lia les mains derrière le dos.

La première chose qu'on trouva sur lui fut une arme à manche de corne noire et blanche, avec deux lames, l'une grande, l'autre petite.

— Est-ce l'arme que tu as employée pour ton crime?

— Oui.

— De quelle lame t'es-tu servi? demanda le comte d'Estourmel.

— De la plus petite, répondit l'assassin.

— Mais ce n'est qu'une lame de canif.

— Oui, un canif. J'aurais pu me servir de la pto grande... celle du couteau... rien ne m'en empêchait..* je ne l'ai pas voulu.

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— Pourquoi?

— Je voulais seulement donner un avertissement au roi.

— Quel avertissement?

— Je m'expliquerai devant les juges.

Le comte d'Estourmel tournait et retournait l'arme.

— Il n'y a pas de sang, dit-il.

En effet, l'arme était nette.

L'assassin l'avait-il essuyée? Avec quoi ravait-il~êTsayéc? On ne retrouvait ni mouchoir ni linge d'aucune sorte.

S'il ne l'avait pas essuyée, il fallait croire que le sang n'était pas survenu immédiatement après l'entaille.

Le garde du corps Bonot continua de fouiller l'homme à la calotte rouge. Il attira une méchante bourse de filoselle contenant de l'argent blanc, de la menue monnaie.

Wus une paire de ciseaux, un sac de toile usé, renfermant trente-sept louis d'or.

Une sommet

On les compta et recompta.

—.C'est sans doute le prix dé votre crime! s'écria Booot.

— Je n'ai pas à répondre pour le moment.

Pressé par de Silhac, l'autre garde du corps, le meurtrier prononça ces paroles :

— Je m'expliquerai quand il le faudra.

Quelqu'uu songea à lui demander son nom.

— François Damiens, répond it-il.

— Quel est votre état?

— Domestique sans emploi.

Et tous de répéter :

— Damiens... François Damiens...

On le fouillait toujours ; un livre tomba de sa poche, un livre intitulé : Prières et Instructions chrétiennes. D ami en s fit un mouvement pour le ramasser.

— De qui tenez- vous ce* livre? lui dit-on.

— C'est mon frère qui me Ta donné, répondit-il avec émotion.

Après l'avoir fouillé, on le déshabilla du haut en bas, entièrement. #

Les interrogations se succédaient.

— Qui vous a poussé à cette abominable action? ■*— Quels sont vos complices?

— Je n'en ai pas, répondit-il.

— C'est impossible ! répliqua M. de Vareille. Jusqu'alors Damiens avait montré assez d'assurance;

mais lorsqu'il se vit nu, il se troubla.

Sans doute il craignait d'être déchiré et mis en pièces.

Il imagina de dire :

— Prévenez M. le Dauphin qu'il ne sorte pas... Prenez garde à M. le Dauphin !

M. de Vareille monta immédiatement chez le roi pour y porter connaissance de cet avis.

Au même instant M. de. Saint- Julien eu descendait, chargé de demauder à l'assassin si l'arme dont il s'était servi était empoisonnée.

Cela avait été la première inquiétude de Sa Majesté.

— Nonl sur mon àrtie, répondit Damiens. Puis il répéta :

— La vie du Dauphin n'est pas en sûreté.

Plus tard, dans le cours du procès, il a dit qu'il n'avait parlé de la sorte que pour ne pas être massacré.

Cependant M. de Vareille étant redescendu, le reprit à partie :

— Il paraît qu'il te reste encore quelques bous seuil-

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ments puisque ta as donné cet avis... Complète ta déclaration par la liste de tes complices. En les nommant, tu peux espérer ta grâce, continua M. de Vareille.

— Ma grâce! murmura Damiens; je sais bieq que le roi ne peut pas me l'accorder.

— Le roi est bon et généreux.

— Il fout que je meure... Je mourrai comme Jésus- Christ dans les douleurs et dans les tourments !

— La doctrine de Jésus-Christ n'enseigne pas le régi- • oàe.

-J'en suis fâché, cela est fait, dit brusquement Damiens.

— Tu semblés n'avoir pas conscience de ton forfait? reprit encore M. de Vareille.

— Ahl tout cela ne serait pas arrivé si le roi avait fait fouir quatre ou cinq évèques 1

— Pourquoi? dit M. de Vareille étonné.

Damiens se tut.

Sor ces entrefaites, le duc d'Ayen entra effaré. Le roi l'envoyait s'informer pour la seconde fois si le canif était empoisonné.

— Non, non ! répéta Damiens.

A son tour, le duc d'Ayen lui demanda pourquoi il avait commis le crime.

- — Pour Dieu et pour le peuple, répondit-il.

Nous rapportons scrupuleusement ces réponses sans y rien changer, leur conservant tour à tour leur incohérence ou leur emphase.

Tout à coup un homme se précipita avec fracas dans U salle des gardes du corps.

Son regard, ses mouvements étaient ceux d'un furieux.

C'était le garde des sceaux, c'était M. de Macbsuilt. H sauta à la gorge de Damiens.

— Tes complices, scélérat ! hurla-t-il ; nomme tes infàmes complices ! quels sont-ils?

Damiens se débattait sans répondre.

— Ah! tu ne veux pas les nommer I... Approchez-le du feu !

11 y avait un grand feu dans la cheminée. Damiens était resté nu.

MM. de Hédouville et Dubois le placèrent sur un banc.

Le garde des sceaux mit des pinces au feu.

— Ah ! nous allons bien te faire parler ! Damiens regardait ces préparatifs avec épouvante. Lorsque les pinces furent rouges :

— Brûlez-lui le gras des jambes, dit M. de Machauit aux deux gardes du corps.

Ces hommes obéirent.

Damiens poussa des cris affreux, entendus du dehors.

— Nomme tes complices 1

— Cessez! cessez! pitié! grâce! disait-il en se tordant.

— Tes complices !

Et s'exaltant daus sa propre atrocité, M. de Machauit criait :

— Pincez-lui les chevilles... là... encore... très-bienl M. de Hédouville, un gentilhomme pourtant, pinçait

avec conscience.

— Gela ne brûle pas assez vite ! dit le garde des sceaux hors de lui; deux fagots! jetez deux fagots dans le feu!

Ce fonctionnaire avait de l'entrain.

La salle se remplissait à chaque minute de survenants, du chancelier, de M. Rouillé, ministre des affaires étrangères.

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Pendant que les pinces rougissaient de nouveau, plusieurs gardes du corps, blâmant secrètement cet acte de barbarie, exhortèrent Damiens à faire des aveux.

Us ne réussirent à lui arracher que des gémissements.

— Puisqu'il s'obstine à ne pas parler, continuez à lui brûler les jambes! dit M. de Noailles, duc d'Ayen.

— Oui! oui! continuez! ajouta M. de Machault. Et Ton continua.

H était alors six heures et demie.

Près de trois quarts d'heure s'étaient écoulés depuis le coup de canif.

A ce moment, M. Le Clerc du Brillet, lieutenant en la prévôté du roi, qui venait d'être averti, se présenta pour réclamer le patient, comme c'était son droit.

Le crime ayant eu lieu à Versailles, c'était à Versailles que la première procédure devait avoir lieu.

— Monsieur le chancelier, monsieur le garde des ttteox, dit-il, je viens ici remplir mes fonctions, et je tous requiers d'ordonner que le coupable me SQit remis à l'instant.

— C'est juste, dit le chancelier ; faites votre devoir, H. le lieutenant.

— Prenez-le! cria le garde des sceaux, prenez-le! emmenez-le 1

On lÀcha Damiens.

D était temps !

Dans son zèle emporté, le garde des sceaux allait le brûler vif.

Les gardes du corps s'écartèrent pour livrer passage à M. Le Clerc du Brillet.

Celui-ci recula d'horreur devant le spectacle qui s'offrit à ses yeux.

Nu, en présence d'un feu ardent, la face enflammée,

les traits contractés, Damiens avait roulé de son banc par terre...

Ses jambes n'étaient pins que deux plaies.

Une odeur de chair brûlée était répandue dans la salle.

— Sauvez-moi 1 s'écria Damiens.

Le lieutenant de la prévôté ne put s'empêcher de se récrier contre la torture extra-judiciaire qu'on lui avait fait subir.

On le rhabilla difficilement.

Il ne pouvait se tenir debout, encore moins marcher.

Il fallut qu'on le transportât, roulé dans un manteau, jusqu'à la geôle, escorté d'une douzaine d'exempts, à la clarté des torches et au bruit croissant des malédictions.

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LA COMÉDIB ROYALE

Louis XV était étendu sur son lit, à moitié déshabillé, flporasait des gémissements à fendre l'âme. Vainement le Dauphin cherchait à le rassurer.

— Nonl non 1 disait le roi, je suis frappé à mort, je le leosbien.

Richelieu courait dans les antichambres, criant :

— Un médecin! vite un médecin !

Sur ces entrefaites, Mesdames étaient arrivées, puis la reine.

Mesdames fondirent en pleurs.

La reine, moins théâtrale, et ne voyant là aucun motif sérieux d'alarmes, cherchait à calmer le roi en lui disant :

— Sire, ce n'est rien... sire, remettez- vous... Mais lui ne voulait rien entendre.

Senac, son premier médecin, et la Martiniôre, son premier chirurgien, qui, tous les deux, avaient leur loge-

ment au château, entrèrent presque en même temps dans la chambre royale.

Ils furent d'accord pour constater une plaie d'environ quatre travers de doigt et sept à huit lignes de largeur, située à la partie inférieure et postérieure de la poitrine du côté droit, et ayant son entrée entre la quatrième et la cinquième côte.

Rien de grave, rien d'inquiétant.

Néanmoins, ils demandèrent que l'arme leur fût représentée.

Ils l'examinèrent avec attention; nous ayons dit qu'elle avait deux lames, une de couteau et l'autre de canif.

Us s'étonnèrent, eux aussi, que l'assassin n'eût employé que la lame de canif.

Son intention n'avait donc pas été de tuer Louis XV» mais seulement de le blesser.

La Martinière posa un premier appareil sur la blessure et recommanda au monarque le repos, rien que le repos.

Mais l'agitation de Louis XV redoublait d'instants en instants.

Sa piqûre lui arrachait des cris de douleur et des soubresauts.

Vint un moment où il se crut perdu. Il s'attendrit et serra la main de la reine.

Il adressa, pour l'unique fois de sa vie peut-être, on regard bienveillant au Dauphin.

— Vous présiderez demain le conseil des ministres, lui dit-il; je vous nomme lieutenant général da royaume.

Et il ajouta avec un soupir :

— Tâchez de gouverner mieux que moi !

Toutes ces paroles ont été conservées par l'histoire.

— Sire, vous vous affligez outre mesure, dit la dauphine.

— Oh ! c'est bien fini, répliqua-t-il.

Il appela d'Argenson et lui remit la clef de ses papiers secrets à Trianon.

Dans un autre moment, il demanda à connaître le nom de l'homme qui l'avait frappé.

— Damiens, lui répondit-on.

— Damiens 1 répéta Louis XV ; il me semble que j'Ai déjà entendu prononcer ce nom autre part.

— Cela n'est guère probable, sire ; ce Damiens est un domestique. •

— Damiens ! dit encore une fois le roi devenu rêveur; c'est singulier 1 On dirait que ce nom m' arrive comme dn fond d'une nuit bien sombre... A-t-il des complices?

— Il prétend que non.

— Tous vous fatiguez à parler, sire, lui dit la reine ; rappelez-vous que M. de la Martinière vous a recommandé le repos.

— Eh I madame, il faut bien que je règle avant de mourir les affaires de mon royaume !

Tout le monde était stupéfait de tant de faiblesse- Mais ce n'était rien, cela.

Après les médecins, le roi voulut les prêtres. — 11 faut que je me confesse! dit-il.

Son confesseur ordinaire, le père Desmarets, n'était pas au château.

~ N'importe ! dit le roi, allez m'en chercher un autre, le premier venu; je veux un prêtre 1 Je sens la vie qui m'échappe. ..

On trouva un prêtre dans les appartements des domestiques; on l'amena, effaré, au chevet du roi.

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Il y eut un commencement de confession interrompue par l'arrivée du père Desmarets qu'on avait trouvé à Paris.

Le premier soin du père fut de faire retirer tous les assistants.

Lorsqu'il se trouva seul, avec Louis XV, celui-ci lai dit:

— Mon père, vous avez devant les yeux un mou" rant.

Le confesseur ne put s'empêcher de laisser échapper un geste de surprise ; rien chez l'auguste pécheur n'indiquait un état désespéré.

— Rassurez-vous, sire.

— Je ne me fais pas illusion, continua le roi; il ne me reste que peu d'instants à vivre, et voilà pourquoi j'ai voulu assurer le salut de mon àme.

— Totre Majesté a sagement agi en cela, je suis prêt à l'écouter.

Louis XV parut se recueillir et continua :

— Mon père, quoique toujours animé du plus profond respect pour notre sainte religion et pour notre sainte Eglise, je n'ai peut-être pas toujours vécu d'une manière édifiante.

— Cet aveu est déjà un pas vers le repentir.

— Les affections coupables et terrestres ont pris une large part de ma vie.

— Comme saint Augustin, murmura le père.

— Avant de quitter la terre, dit Louis XV, je voudrais faire ma paix avec le ciel.

— Le ciel n'est jamais fermé, même pour ses enfants les plus égarés, répondit le père Desmarets.

— clbyez-vous que je puisse effacer mes fautes?

— Votre Majesté peut du moins en racheter quelquesunes.

— Comment cela, mon père !

— Sire, êtes- vous disposé à tous les sacrifices?

— Je sois disposé à tout ce qui pourra faire oublier les mauvais exemples que j'ai pu donner.

Le jésuite reprit en accentuant ses paroles :

— Votre Majesté parlait tout à l'heure des affections coupables qui ont occupé une place dans sa vie.

— Hélas! murmura le roi.

—.Au nombre de ces affections, il en est une qui dure encore, qui dure depuis longtemps, et dont le sacrifice serait particulièrement agréable au juge souverain.

— Je crois vous comprendre, mon père ; il s'agit de MM de Pompadour.

— Oui, sire.

— Le monde s'abuse singulièrement sur la nature de mes rapports avec la marquise.

—Le monde ne s'abuse pas sur le scandale que donne h présence continuelle de cette personne au château.

— Cependant sa qualité de dame du palais de la reine...

— Ne trompe personne.

— Tous êtes sévère, mon père... Selon vous, un roi ne saurait avoir une amie.

— Une amie, peut-être ; une favorite, non.

— Madame de Pompadour est d'excellent conseil, et sa piété est reconnue, dit Louis XV essayant de résister.

Le père Desmarets sourit.

— Elle s'est confessée au père de Sacy, ajouta le roi.

— Notre compagnie ne refuse à personne ses enseignements et ses exhortations.

Le roi était à bout d'arguments.

— Que voulez-vous que je fasse? demanda-t-il.

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— Les convenances réclament l'éloignement de cette personne, répondit le père Desmarets.

— La voix des convenances n'est pas toujours la voix de la justice.

— C'est presque toujours celle de la morale.

— Ce renvoi est-il absolument nécessaire?

— 11 est indispensable, sire; le peuple vous le demandera demain, si vous ne le lui accordez pas aujourd'hui.

— Le peuple 1 le peuple !

— Il est très-irrité contre Mme de Pompadour; il ne manquera pas de voir le doigt de Dieu dans le coup qui vient de vous frapper.

— Est-ce votre opinion, mon père? dit Louis XV effrayé.

— Nous nous inclinons devant les événements sans nous charger de les expliquer, dit le jésuite.

Louis XV devint rêveur.

— Le doigt de Dieu! dit-il. C'est vrai, voilà la deuxième fois qu'il me marque...

C'était la deuxième fois en effet que- Louis XV manifestait une telle peur devant là mort..

C'était la deuxième fois aussi qu'un confesseur mettait comme condition au rachat de ses péchés le renvoi d'une maltresse.

Faites passer la scène à Metz au lieu de la faire passer à Versailles ; substituez une fièvre putride au canif de Damiens; mettez Mmo de Chàteauroux à la place de Mœe de Pompadour, et le père de Pérusseau à la place du père Desmarets, et vous aurez la même comédie royale. ■-*

Louis XV devait se plagier à treize ans de distance.

A treize ans de distance il devait, baigné de la*'

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mes, éprouver les mêmes terreurs des peines éternelles, accorder les mêmes concessions.

r- Qui est-ce qui a pu armer le bras de cet homme? demanda le roi au père Desmarets.

Le confesseur se tut.

Le roi reprit :

• — Supposez-vous, mon père, quelque vengeance particulière?

— Non, répondit le confesseur ; l'homme est trop bas placé pour cela.

— Un parti alors? dit le roi ; le parlement peut-être?

— Le parlement a sa dignité.

— Le clergé ?

— Oh! sire I s'écria le père Desmarets.

— Je veux parler des jansénistes ! se hâta d'ajouter le

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