Je ne m'en suis pas aperçue
La femme de chambre Henriette Deuser appuya la déposition de Mme de Sainte-Rheuse.
— Lorsque Flamand voulut entrer dans la maison, dit-elle, je fis tout ce que je pus auprès de ma maltresse pour l'engager à ne pas le prendre, à cause de sa figure peu revenante et brusque.
D. — Ne lui avez-vous pas fait de sinistres prédictions ?
R. — Oui, je lui ai dit qu'il avait l'âme mauvaise, et que cela le conduirait à la potence.
Je laisse de côté le fatras des autres dépositions.
L'attitude de la famille de Damiens fut convenable.
Son père, de qui Ton pouvait craindre quelques récriminations, s'exprima en termes indulgents.
D. — Gomment votre fils François s'est-il comporté dans sa jeunesse?
R. — Fort bien.
D. — Ne lui avez-vous pas remarqué quelques défauts?
R. — Non.
D. — Vous le corrigiez cependant quand il était mutin?
R. — Je le corrigeais par les moyens ordinaires, c'està-dire je l'ai quelquefois battu.
Sa femme et sa fille furent interrogées plus longuement et plusieurs fois. On voulait à toute force voir en elles, sinon des complices, du moins des confidente:.
Son frère aîné, le peigneur de laine de Saint-Omer, — cette bonne àme, — insista particulièrement sur le re* pentir que François Damiens avait manifesté de son vol.
~ Après être allés ensemble à la messe, dit-il, un di-
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manche, nous entrâmes dans un cabaret ; François pleura beaucoup... ainsi que moi.
— Votre frère, dans un moment de désespoir, n'a-t-il pas avalé de l'arsenic?
• — Je ne sais pas si c'était de l'arsenic, répondit le peigneur de laine ; c'était une poudre blanche qui l'a bit beaucoup vomir.
D. — Est-ce vous qui avez donné à François Damiens le livre trouvé sur lui au moment de l'attentat et intitulé : Prières et Instructions chrétiennes?
R. — Oui, monsieur.
M. de Maupeou fit représenter le livre au peigneur de laine, qui le reconnut.
— Hélas ! dit le pauvre homme en laissant couler ses larmes, j'espérais qu'il aurait protégé mon frère.
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