‹ Les frères DondaineChapitre 5 sur 33 · SCENE lU · texte numérisé non relu

SCENE lU

frère n'aurail qu'à vous voir, vous seriez grondé !

FEKDi.\A.\D. Mon frère esl sorti, el je me suis échappé du magasin pour venir le tléroljei une laveur !

SOPHIE. Vo'.is ne me déroberez rien!

FERDINAND. Un Loiser ! un pelil baiser ! SOPHIE. Ne rompiez pas là-dessus!

FERDINAND. Tu repousses ton petit mari?

SOPHli:. C'est ç;;! vous êtes mon mari quand nous sommes seuls, et en face du monde vous me reniez pour voire femme !

FicuDiNAND. Jc iic le rctiie pas... oh! Dieu ! mais je dissimule nos liens... et tuctunais mes motifs!

SOPHIE. Votre fréie, n'est-ce pas?

FERDINAND. Oui, Joachim, mtn grand frère! il destinait ma main a une autre, el il ne me pardonnerait de sa vie !

SOPHIE. De quoi se niêle-l-il ?.. E-l-ce que ça le regarde ?

FERDINAND. Ecûule doHC, il esl mon aîné... il a quarante ans!

SOPHIE. Lh ! bien, et vous?

FEROiN.AND. ;Moi, je n'en ai que Irente-huitl

SOPHIE, r.a belle dfférence!

FERDINAND. C'esi uii qui me corrigeait quand j'étais petit!., aussi je le vénère. . c'est un homme qui a tant de moyens !

sopHii:. Lui !.. je le trouve très bête!

FERDINAND. liélc ! moM frère Joachim!... il est plein d'esprit !... il aurait pu inventer les chemins de fer, si l'idée lui en était venue !

SOPHIE. Tenez, vous êtes d'une faiblesse qui n'a pas de nom... et c'i si moi qui en soutire... on me jette la pierre, je passe pour une... oh ! j'en rougis... j'en baisse le.s yeux !

FERDINAND. ïu Ics baisses, mais lu as le droit de les relever... Voilà! tu en as le droit!

SOPHIE. Je ne veux plus rester comme ça , c'est impossible ! el j'exige que vous lui déclariez notre mariage aujourd'hui même !

FERDINAND. Sophie, on l'a monté la tète !

SOPHIE. On se lasse a la linl et si vous ne faites pas ce que je vous demande... c'est que vous ne m'avez jamais aimée !

FKRDINAND. ."\loi, uc pas l'aimer! mais je suis fou de loi, je suis idiot de loi... je n'ai de plaisir qu'à le voir.

SOPHIE. Oh!

FERDINAND. El à faire ma partie de dominos, le soir, au café Vachette 1

SOPHIE. Vous vous amusez, vous?

FERDINAND. Pas bcaucoup !.. j'ai toujours le doublets! x!

SOPHIE. .Vu surplus, si vous me refusez, c'est moi qui dirai tout à votre trère.

FKRDINAND. Je ne le demande plus que huiljours!

SOPHIE. Je NOUS donne deux heures!

FEUDiN ViND, Laisse-moi du moins préparer celle péripétie!.. Va , je serai lier de le proclamer mon épouse... el je le ; rorlamcrai!

SOPHIE. (^)uaiid ça!

FERDINAND. Très iurcssamnient !

SOPHIE, .vujourd'liui ?

FERDINAND. JC f.Mai CD SOliO !

SOPHIE. J(irez-ic moi !

FEKDiNAND. Je ferai en sorte !

SOPHIE. J'reiiPZ garde, Ferdinand , si vous me trompez, je suis capable des choses les plus répréhensibles!

FERDINAND. On t'a moiilé la léle!

SOPHIE. Lnfin, tenez-vous p.ur a\erli.

Air :

SOPHIE

Non, plus de my-ti|p,

FERDINA>D.

Je rède à tes ^u;ux,

Pour le p'aiie, '".ar tu nie fais faire Tout ce que lu \cux.

(;h(z nous c'est l'usage, Mais pour me doniRT du courage.

Il me laul un g;.ge Et je le prendrai.

(Jl l'embrasse.)

ENSEMBLE

Ah! ah ! ah! ah! ah! ah!

SOPHIE

A votre promesse Ne manquez jamais

Par faiblesse.

Ou, je le confess», Je me ven,i;erais.

Craignez ma colère.

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