‹ Les frères DondaineChapitre 7 sur 33 · FERDINAND, JOACHIM · texte numérisé non relu

FERDINAND, JOACHIM

JUACHIM. Ferdinand, nous nous brouillerons!

FEKUi\.v^.\u. Frère, j'ai vendu ce malin cinq om brelles.

jOACHi.vi. Celle femme mellra la discorde entre nous.

FKRUiNAM). Trois cannes... el deux paraverses.

jUACHivi. Ali! je me repends de l'avoir envoyé à Dieppe il ;. a Irois mois!... Tu pars pour un placement de parapluies... c'était l'affaire de trois ou quatre jouis, et lu restes cinq seuiainesij Je médisais : Qu'est-ce qu'il peut faire là-bas?., il pèche <loDC des baleines?., tant Uiieux! ça nous sera uiile dans noire commerce!.. .Mais non! c'est loi au contraire qu'une syrene axait pris dans ses blets !.. el tu as le front d„' la r.imcner a Paris... de la loger auprès de nous, à mon insu! Tu c>pirais couvrir ton intrigue d'un voile ténébreux, mais je l'ai percé, ce voile... et je mettrai un frein a les déportemens!

* Ferdinand, Sopliie, Joachim.

" Sophie, Ferdinand, Joachini,

FKuni\\\n. Mon Dieu! Jnach'.ni, je n'avais jamais aime, l'amour me guellait de|)ui» long temps, et paf!.. il m'a décorbe un liait!

ju.\CHi.>f. Et pal. . imbécile!

FEKKi.NAM». C'esl si bon, l'amour!

JOACHIM. .Monsieur, je connais mieux que vous ce lumultc des sens... .Moi aussi j'ai payé iribiit à la fougue de l'âge... je fus épris d'une cliamarreusf sous le ministère .Martignac, mais celle liaison ne me fit jamais ^auler pjr-dessus les convenances.

FtKDiNAND. Mais Joachim,je ne saule pas!.... est-ce que j'ai l'air d'un sauteur?

JOACHIM. Oui... tuafljches les folles amours!., lu enchâsses la nymphedans le palissandre... lu lui prodigues la soie, les cachemires el les pierres plus ou moins précieuses.

FERUi.\.%..\u. Oh! des turquoises! rien que des turquoises... mes moyens me permelteni les turquoises...

Air : de Sommeiller.

Quand on gagne du numéraire Il faut un peu s'en faire honneur, Et sans être millionnaire.

JOACHIM

Tu parles comme un grand seigneur.

Jamais à payer tes folies .Notre cemmerc'n'sufBra, (>'n'est pas avec des parapluies.

Qu'on peut couvrir ces dépens's-là.

FEKDiNA^D. Tu exagèrcsl lu exagères !

JOACHIM. Je le dis qu'on le gruge, on le ruine... et c'est un calcul!... Cette femme-là te trailecomuie un clou, elle t'enfonce pour te ûxer!

FERUi.XAXD. Juachim, que tu me fais rire... Oh! que lu me fais rire!

jo.ACHiM. Il n'y a qu'un moyen d'en fiuir... c'esl de la quitter, c'esl de la flanquer à la porte.

FERDINAND. La quitter!., il y en aurait peut-être un autre!

JOACHIM. Le quel?

FERDINAND. Tu ne ic fâchcras pas?

JOACHIM. Non !

FERDINAND. Bien &ÙT ] bien sûr?

JOACHIM. Quand je te dis non, c'est non !

FERDINAND. Eh bien! ce serait... ce serait de l'épouser.

JOACHIM. Épouser cette fille!..

FERDINAND. Dam ! la morale !

JOACHIM. Comment ! petit niais, elle a su l'amener là? Elle est encore plus dangereuse que je ne croyais.

FERDINAND, à pari. I! n'y mord pas !

JQACHIM. Une aventurière qui n'a pas le sou!... ah ! si elle avait le sou, mais elle ne l'a pas! Ferdinand, il faut la planter là sur-le-champ, et je me charf;e d'opérer celle division !

FERDINAND. Toi?.. par quel procédé?

JOACHIM. Ça me regarde, mais le cas est urgent ! je suis sur le point de me marier, el avec elle nous ne pont rions plus vivre ensemble.

FERDINAND. Tu CroiS ?

JOACHIM. Impossible!... un pareil scandale.. sous les yeux de mon épouse!... une provinciale!... la nièce de mon ami Fumouze de Dieppe!

FERDINAND. Ah ! de Dieppe ?

JOACHi.M. La jeune lille a quinze cents livres de

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