U NE FAMILLE G A M P A G N A R D E
Le Nain est aussi claire pour moi que si des mémoires particuliers du temps me l’avaient décrite. »
Nous avons vu que les Le Nain n’ont point vécu dans la pauvreté, que Mathieu Le Nain, loin d’être un paysan, se parait du titre de chevalier, et que lui et ses frères moururent sans avoir été mariés. Dans sa dernière brochure Ghampfleury a corrigé une partie de ces erreurs ; il s’est montré plus circonspect, on doit le reconnaître. Il a mieux défini, en dernier lieu, le rôle qui revient respectivement à chacun des trois frères. Mathieu Le Nain, le chevalier, est dcA enu à ses yeux un peintre de cour, un portraitiste en réputation, et ayant obtenu la faveur des grands.
Nous adresserons, quant à nous, un autre reproche à l’auteur de Y Histoire de la caricature. Portant à l’extrême ses admirations et ses antipathies, obéissant avec une sincérité souA^ent puérile, à ses premiers mouA^ements, il a introduit, dans l’examen de la Aue et de l’œuvre des frères Le Nain, des éléments de discussion qui doivent nous paraître déplacés. Il se laisse aller à établir des parallèles passionnés entre les peintres qu’il étudie avec enthousiasme et d’autres artistes de l’Ecole française, dont les productions n’étaient point faites pour lui plaire. Esprit coiiA aincu et irritable, écriA^in systématique et partial, Ghampfleury ne pouvait, assurément, aimer Watteau ni Boucher. Il devait, d’autre part, ne point négliger l’occasion qui s’offrait à lui de s’attaquer à quelques maîtres de l’art classique, à Vouet et à Le Brun.