La mère qui peigne sa fille
On ne discute pas ces peintures. Elles sont de n'importe qui, excepté d'un peintre. Le tableau du musée de Rouen est plus vrai , et M. de Chennevière-Pointel , alors inspecteur des musées de province , m'écrivait à ce sujet :
t J'ai cru bon de vous rapporter une description un peu détaillée du tableau de Le Nain, du musée de Rouen. Il représente ur Intérieur de ferme. Au milieu, une vieille, donl les chairs et la camisole sont peints d'un certain rouge brique assez familier aux Le Nain, file assise devant son rouet et regarde en fac6 le spectateur. Auprès d'elle , sur le premier plan à gauche , se voient deux petites filles , dont l'une, assise parterre et tournant presque le dos, fait de la dentelle sur un petit métier posé sur ses genoux ; l'autre est debout, tenant d'une main du pain , et de l'autre une pomme. Dans le fond , à droite , un bonhomme est assis, se chauffant devant l'âtre, et tout le premier plan, à droite, est encombré de légumes et d'ustensiles de cuisine posés sur une tonne et sur une bancelle. Tout ce coin est aussi beau , aussi large , et aussi fin qu'un Kalf ou que le plus roué Hollandais. Le petit coin du
paysage qu'on entrevoit à gauche est d'un ton très-fin et rappelant plutôt la lumière française des Claude et desLahyre que celle des Flamands. Sur le cadre est écrit : Acquis par le Musée en 1840. »
Le catalogue du musée de Rennes , 1859, donne comme de Le Nain deux tableaux :
212. Une jeune femme tient sur ses genoux un enfant nouveau-né, une autre femme approche une bougie allumée.
213. La Sainte Vierge, Sainte-Anne et l'Enfant-Jésus, auquel des Anges présentent des fruits.
Je n'ai pas vu ces tableaui , non plus que celui du musée deSemur (Côte-d'Or.) y
Mendiante portant des enfants sur le dos y par les frères Le Nain.
M. Léon Lagrange m'envoie la note suivante :
c Dans une exposition de tableaux anciens qui a eu lieu à Avignon, en 1858,
» N° 253. Les frères Le Nain. Mendiants. Fait partie de la galerie de M. Baruel.
» Mauvaise copie , autant qu'il m'en souvient.
€ Dans une exposition du même genre, à Carcassonne, en 1859,
» N° 119. Ant. Le Nain. — Appartenant à M. Adolphe Peyre.
» Sur celui-là, je retrouve la note suivante : Intéressant. — Peinture ferme , solide. — Une vieille femme, assise près d'une
grande crache de cuivre ; à côté, une petite fille et un chien. Près de ce groupe, un mendiant debout, suivi de son fils garçon vêtu de rouge, qui a les mains dans les poches. »
Ces sortes d'expositions des objets d'art de toute une province sont excellentes à propager ; elles mettent en lumière beaucoup d'oeuvres ignorées.
Voici ce que je trouve dans le catalogue de mai 1858 de l'exposition de Chartres :
1190. Bêhémiennes volant des paysans.
(Tableau appartenant à M. l'abbé Hénault, curé de Lucé, canton de Chartres).