‹ Les Frères mineurs à Québec, 1615-1905Chapitre 19 sur 21 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

'auteur que nous citions tout-à-l'heure ■*— é disait encore : « Mais le temps ne serait-il pas venu de rappeler les bons Frères Mineurs sur cette terre du Canada qu'ils ont arrosée de leurs sueurs ? Certes, voilà une idée qui devra attirer l'attention de nos Supérieurs ecclésiastiques et nous voulons croire qu'ils rendront un jour à mare population les missionnaires qui l'ont édifiée autrefois par leur simplicité et par leur zèle infatigable. » (n Ce

( i ) L'aûbé \. Caron, chanoine. — Hist. de la paroisse de Yamachichc} p. 33.

souhait se trouve plus d'une fois sous la plume des écrivains, il est dans tous les cœurs, depuis la disparition des derniers Récollets. Mgr Bourget, d'illustre et sainte mémoire, lui qui avait eu une vénération profonde pour le bon vieux Frère Paul, à qui il avait donné une longue et douce hospitalité dans son palais épiscopal, fit des démarches pour réaliser le désir de tous ; elles furent bien vues des Frères Mineurs de France, mais n'eurent pas le succès espéré, car l'Ordre commençait seulement pour ainsi dire à combler les vides immenses que la Révolution française avait faits dans ses îangs. Le digne évêque de Montréal se fit alors le restaurateur du Tiers-Ordre dans son diocèse. Toutefois les désirs de ce grand évêque ont été réalisés en 1890 par la fondation d'un couvent de Frères Mineurs dans sa ville épiscopale.

En termes empressés, exprimant une profonde satisfaction, la Semaine Religieuse de Montréal annonça ce retour : (( Que ces saints Religieux soient les bienvenus dans ce pays qu'ils ont été les premiers à évangéliser. Leur absence nous a paru bien longue, et il nous tar-

dait de les voir reprendre au milieu de nous leur ministère de zèle, de piété et d'édification. Leur souvenir était demeuré vivace parmi le peuple, et les vieillards racontent encore bien des traits édifiants sur les anciens Récollets»(l). Deux ans avant la fondation du couvent régulier de Montréal, T rois-Rivières avait déjà donné l'hospitalité aux Fils de S. François, en la personne du Révérend Père Frédéric de Ghyvelde, si universellement connu au pays. En 1881. dans un voyage de six mois qu'il fit au Canada, le Rév. Père avait négocié avec les Evêques de la Puissance la quête du Vendredi- Saint en faveur des Saints Lieux, lui 1888, il revint avec le titre de Commissaire de Terre- Sainte, et c'est dans la cité de Laviolette qu'il trouva le gîte et le couvert. Mais Trois-Riyières voudra un jour couronner son œuvre en ajoutant au Commissariat, un couvent régulier. Mgr Cloutier, qui fera cette fondation, voudra bien écrire que : «c'était justice que de rouvrir aux fils du Patriarche Séraphique,

(1) Semaine Religieuse de Montréal, vol. xv, p. 419.

ces contrées, qu'ils avaient les premiers évangélisées, il y aura bientôt trois siècles. ...» (l) Cette justice, les Frères Mineurs, pèlerins sur la terre, ne la revendiquent point ; mais il leur est cependant bien doux de se voir revivre là où ils ont déjà vécu, en la personne des Récollets. On comprendra dès lors sans peine qu'ils aient accepté avec joie l'autorisation donnée par nos Seigneurs les Evêques de renouer les traditions franciscaines dans les cités qui se firent autrefois une gloire de posséder un couvent de Frères Mineurs. Nous avons dit un mot des fondations de Montréal et des Trois-Rivières ; mais pour atteindre pleinement le but de cet aperçu historique, nous devons plus qu'un mot à la fondation de Ouébec.

(1) Lettre Pastorale, 15 janv., 1904.

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