Alinari, n
DEUXIÈME CYCLE
bien remarquable, le « bain de l’enfant Jésus », avec son accompagnement obligé des sages-femmes des évangiles apocryphes. C’est, en un mot, le pur et naïf récit de l’Evangile, avec la belle scène de la Nativité proprement dite et de l'Annonciation aux bergers.
Sous une sorte de hangar, établi sommairement contre un rocher, la Vierge est étendue, couverte de son long manteau. Jésus, qui vient de naître, est déjà tout entouré de bandelettes, qui serrent étroitement, comme dans une prison très rigoureuse, son corps d’enfant : aidée par une femme, dont on aperçoit, sur la droite, le haut du corps, la Vierge s’apprête à le déposer pieusement dans le seul berceau qui soit à la disposition de sa douloureuse pauvreté, l’auge grossière devant laquelle sont arrêtés, immobiles et pleins d’étonnement, l’âne et le bœuf.
En avant de la scène, assis à terre, les yeux demi-clos et la tète appuyée sur la main droite, saint Joseph, selon la formule traditionnelle. Audessus de la cabane, des anges ont suspendu leur vol, les uns regardant le eiel, d’autres la crèche, un dernier enfin, parlant aux deux bergers, qui sont représentés, debout, à droite de la composition i.
1. Je ne saurais insister longuement sur l’étude de ces grands sujets, en raison même de l’importance du développement qu’il faudrait lui donner. Il me suffit, pour remplir le programme que je me suis tracé, de montrer comment Giotto a renouvelé toutes ces scènes classiques. Ce fut, d’abord, en sacrifiant le
L ENFANCE DE JESUS
19. — L’Adoration des mages suit immédiatement la Nativité, dont elle a conservé le décor agreste. La crèche, cependant, a disparu.
Sous le hangar, qui lui forme une sorte de dais, la Vierge est assise, ayant saint Joseph à ses côtés, et présentant le saint Bambino toujours bien emmaillotté, au plus âgé des mages qui, agenouillé, baise avec infiniment de respect les petits pieds de Jésus : ce vénérable mage a déposé sa couronne et un ange, debout à droite de la Vierge, tient une sorte de reliquaire, contenant, sans doute, l’or qui vient d’être offert au royal Enfant. Les deux autres mages, leurs présents h la main, attendent le moment de se prosterner, à leur tour, pour les offrir à l’Enfant.
On voit, sur la gauche, deux animaux, qui pourraient fort bien être des chameaux, et qu’un serviteur tient par la bride, puis, dans le haut,