G I O V A N I PISANO, A PISTOIE (XIIP SIÈCLE
Résumé synoptique de l’histoire des mages. — Les trois chevaux font songer, d’abord, au voyage. On voit, ensuite, l’Adoration de l’Enfant, puis, dans le bas, la double scène de l’ange avertissant les mages, ensuite saint Joseph, pendant leur sommeil.
porte de Jérusalem : le reste suit, cela va de soi. Le troisième sujet représenté est Y Adoration des mages. Mais il y en a encore, qu’on y prenne garde, un quatrième, et c’est Lépisode de Joseph
DEUXIÈME CYCLE
qui reçoit de l’ange, pendant qu’il dormait, l’ordre de fuir en Egypte.
11 manque encore, à Venise, un bon nombre d'autres détails, celui, par exemple, des Mages endormis , que l’ange avertit de ne pas retourner à Jérusalem, détail que n’a pas sacrifié Giovanni Pisano, dans la décoration de la célèbre chaire du Baptistère de Pistoie.
Giovanni Pisano, qui est cependant, lui aussi, un grand « naturaliste », n’a pas craint d’emprunter à la tradition iconographique quelques-uns de ses détails les plus caractéristiques. C’est ainsi que ses mages, quand ils sont avertis par l’ange, se trouvent, sinon dans le même lit, comme le voulait la tradition, du moins abrités sous le même manteau. On notera encore qu’il a donné à l’étoile miraculeuse un visage animé et l’on dirait — qu’on me passe la comparaison — un masque de théâtre, entouré d’une collerette.
Giotto ne veut plus rien savoir de toutes ces conventions du passé. Il n’a pas même consenti à garder, au second des rois mages, ce geste traditionnel avec lequel il montrait, au plus jeune, l’étoile miraculeuse^. Mais, avant de le lui reprocher, il faut prendre garde, puisque sa composition, pour être moins classique, y a certainement gagné en naturel et en vérité.
1 . On verra ce geste, par exemple, dans le détail de l’ivoire français — il est du quatorzième siècle — que nous reproduisons à la page 97.
L'Évangile de l’Enfance est ensuite illustré, à FAréna, par quatre compositions, à savoir : la Présentation de Jésus au Temple, la Fuite en Egypte, le Massacre des Innocents et enfin l’épisode de Jésus au Temple parmi les Docteurs, quand il n'avait encore que douze ans.
20. La Présentation au Temple. — On aura remarqué que Giotto ne disait rien de la Circoncision1 : c'est la pratique courante du plus grand nombre des artistes de cette époque, quand ils nous racontent, d’ensemble, la vie de Jésus.
Il paraîtrait bien, d’autre part, que, dans leur pensée, l’image de la Présentation devait suffire à faire songer, discrètement, à ce mystère, les personnages qui y prennent part étant, en outre, à peu près les mêmes, je veux dire les parents de Jésus et, devant un autel, un vieillard, avec le saint Enfant dans ses bras.
1. 11 représente bien la scène dans un des petits médaillons dont nous parlerons plus loin (Alinari, n° 19409.) Mais c’est une circoncision quelconque, de genre ultra-naturaliste, et qui n’a rien à voir, la chose est certaine, avec les scènes évangéliques delà Circoncision de Jésus.
DEUXIÈME CYCLE
Nous trouvons en plus, dans la fresque de l’Aréna, une femme, la tête couverte, et tenant, de la main droite, un rouleau déplié, à la manière des prophètes : c’est Anne la « prophétesse », que l’Evangile de saint Luc associe, dans son récit, au vieillard Siméon 1.
Dans la fresque d’Assise, qui représente le même sujet, Giotto a placé la scène de la Présentation dans l’intérieur d’une église, et c’est, on ne manquera pas d’en faire la remarque, une église gothique. On trouvera, entre ces deux compositions, plusieurs différences de détail : mais c’est toujours le même geste essentiel de l’Enfant et de sa Mère, qui se tendent mutuellement les bras.
Je viens de parler, pour la première fois, des fresques d’Assise. Il fallait bien y venir, pour faire comprendre le vrai mérite de celles de l’Aréna, et surtout comment elles indiquent, dans le génie de Giotto, un véritable progrès au point de vue de l’art, comme encore au point de vue de l’illustration de la foi — s’il est vrai, du moins, que le véritable artiste chrétien ne devrait aller puiser dans la légende que dans les cas où l’histoire ne lui dit plus
1. Et il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser... Et étant survenue, elle aussi, à cette même heure, elle loua Dieu et elle parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la délivrance d’Israël. (Luc, n, 36, 38.)
l’enfance DE JÉSUS
rien des choses qui sont nécessaires pour entretenir la piété des peuples et la sauvegarder.
La basilique d'Assise est très riche, comme on
FRESQUE d’assise, ATTRIBUÉE A LOREHZETTI
Cette Flagellation du Christ fait partie du groupe des fresques de la chapelle inférieure d’Assise, jadis attribuées à Giotto, comme celles de droite, et qu’on donne, aujourd’hui, à Lorenzetti, c’est-à-dire à l’un des plus grands maîtres de l’École siennoise du quatorzième siècle.
sait, des œuvres de Giotto. Le cycle de ses fresques de la basilique supérieure, où nous est racontée la vie de saint François d’Assise, est celui qu’on connaît le mieux, parce quùl est le plus facile à voir et à regarder. Mais il ne faut pas oublier que, même
en admettant qu’elles soient de lui1, elles ne nous le font connaître qu’à l’aurore de son beau développement d'artiste : c’est en bas qu’il importe de. descendre pour le comprendre tout à fait, dans cette église inférieure, où tout, jusqu’à la lumière, semble plein d'une mystérieuse et surnaturelle grandeur.
Giotto y a mis, au-dessus du tombeau du bon saint François, ces quatre allégories, au sujet desquelles on a déjà écrit tant de choses, sans parvenir, toutefois, à en faire ressortir pleinement la mystique beauté.
Tout proche du tombeau, dans les bas-côtés du transept, se trouve une suite importante de fresques relatives à la vie de Jésus: à droite, le cycle de la Nativité, à gauche, celui de la Passion.
On attribuait, jadis, au seul Giotto, aidé de ses élèves, tout l’ensemble de cette décoration. La critique contemporaine incline, maintenant, à lui enlever l'ensemble des fresques de gauche, celles relatives à la Passion, dans lesquelles on croît reconnaître la main des artistes siennois, et, en particulier, celle de Lorenzetti.
Mais tout le monde est d'accord pour laisser à
1 . A dire vrai, il n’y a peut-être que les cinq dernières fresques de cette série qui soient sûrement de la main de Giotto; mais, au point de vue iconographique, on peut toujours en faire état comme d’un ensemble où se reflète, plus complètement qu’ailleurs, l’esprit du quatorzième siècle florentin en matière d’illustration de la foi.
l’enfance DE JÉSUS
Giotto la paternité des fresques du premier cycle, celui de la Nativité. Les sujets représentés dans ce bas-côté sont : à droite, pour celui qui regarde, la Nativité et la Visitation , les Mages et la Présentation, enfin, le Calvaire ; à gauche, la Fuite en