Alinari, n03 19355 à
LA MORT DE JESUS
quefois, « la Flagellation ». Elle représente plutôt, et à proprement parler, le Couronnement d’épines. Nous avons vu que la Flagellation, ou « Jésus à la colonne », était figurée dans une autre fresque, déjà décrite, comme pendant à la scène du Jardin des Oliviers.
34. — La fresque suivante — il faut la chercher sur le mur de gauche, et c’est la première de la troisième zone, en remontant vers le chœur — représente Jésus portant sa croix, ou, si Fon veut bien me permettre ce mot, la Marche au Calvaire.
M. Moschetti ne loue pas cette peinture, qu’il dit « peu heureuse, et presque entièrement archaïque ». Giotto, écrit encore Cavalcaselle, « n’a pas su se dégager entièrement du concept peu louable qui fait représenter le Rédempteur avec les épaules chargées d’une croix pesante ».
Il est certain que nous ne sommes pas sans être quelque peu choqués de voir régulièrement, dans les images de dévotion, le Christ portant lui-même sur ses épaules, le bois de la croix sur laquelle il doit être attaché, pour y mourir. Mais il ne faut pas en témoigner trop de mauvaise humeur contre des artistes qui n’ont fait autre chose, après tout, que se conformer à d’anciennes traditions, qui étaient elles-mêmes, d’autre part, appuyées sur le texte même de l’histoire évangélique1. Nous sommes
1. La légende a donné au Christ, pour l’aider à porter la croix,
TROISIÈME CYCLE
choqués de voir des bourreaux condamnant leur victime à traîner péniblement, sur le penchant abrupt d’une colline élevée, l’instrument de son propre supplice. Voilà qui est entendu. Ce raffinement dans la cruauté est quelque chose qui nous soulève l’âme et contre quoi nous protestons, ne