A-linari, n
PREMIER CYCLE
angélus , se rendit à Jérusalem pour répéter à sainte Anne, en les abrégeant quelque peu, les mêmes promesses qu’il avait faites à son saint époux. Giotto intervertit l’ordre des apparitions ; il est d’accord, en cela, avec le Proto-Evangile de saint Jacques et X Evangile de la Nativité de Marie ; la Légende Dorée n’a, pour elle, que le Pseudo - Matthieu .
Mais qu’importe ! Et puisqu’aussi bien nous n’avons pas à entrer dans ces questions critiques, contentons-nous de bien regarder la fresque de Giotto et d’en goûter la douce saveur. Elle est très grande. Remarquons, d’abord, la délicatesse avec laquelle l’artiste a évité, dans la construction de la scène, tout ce qui pouvait nous induire à confondre « l’Annonciation à sainte Anne » avec cette autre Annonciation, encore plus merveilleuse, dont il aura, plus tard, à nous entretenir. N’est-ce point un peu pour cela qu’il a imaginé, — et, pour ce qui est de fa question technique, il lui fallait une certaine audace — , de faire apparaître l’ange à la fenêtre et seulement à mi-corps, au lieu de le mettre dans l’intérieur de la chambre, comme cela eût été beaucoup plus facile et même raisonnable ? Mais alors il y aurait eu péril à confondre l'Annonciation à sainte Anne avec l’Annonciation à la Vierge, et Giotto n’est point de ces imprudents qui, par une dévotion mal comprise à la mère de Marie, furent condamnés formellement par l’Eglise, en lui attri-
L ENFANCE DE LA VIERGE
buant clés privilèges qui étaient exclusivement réservés à la Mère de Jésus. Sainte Anne, toutefois,
comme la \ierge Marie, reçoit, à genoux, le message de l’ange ; de l’autre côté de la porte, assise et filant, se trouve Judith, cette fidèle servante dont nous avons déjà parlé.
PREMIER CYCLE
4 et 5. L’ange apparaît a saint Joachim L — C’est ici. ou peu s’en faut, le décor et les personnages de la deuxième composition. Saint Joachim, assis, semble dormir profondément, la tête appuyée sur son genou, dans une de ces attitudes de parfaite vérité dont l’art de Giotto venait de retrouver le secret. On aperçoit dans le ciel un ange, le bâton du message à la main, — notez, je vous prie, que c’est un bâton fleuri — , et qu’un vol rapide porte vers le vieillard endormi, pour le réveiller. Les deux bergers, sur la gauche, ont aperçu le céleste messager, et, des yeux, le suivent avec admiration.
Ce n’est pas encore le message proprement dit. Faut-il supposer que Giotto a voulu le représenter, plus expressément, dans la scène suivante ? On y voit bien, de fait, à droite d’abord, Fange debout et faisant, de la main, le geste de celui qui parle. En face de lui, à respectueuse distance, saint Joachim, à genoux et profondément incliné, l’écoute avec admiration : nous connaissons, par la Légende Dorée , le texte de ce discours, et il paraîtrait bien, à consulter ces seuls détails, que l’artiste ait voulu traduire, en cette seule composition, l’instant précis de Fambassade céleste.
Voici maintenant un détail dont la Légende Dorée ne nous permet pas de deviner la signification. On