Alinari, n
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et Anne sous la Porte Dorée, entourés d’une multitude d’anges qui brillaient d’une lumière céleste ; eux-mêmes resplendissaient et ils étaient purs comme des esprits, se trouvant dans un état surnaturel où aucun couple humain n’avait été avant eux. )>
Giotto n’a pas fait intervenir les anges dans la représentation de cette scène. Un de ses disciples, au cloître de Santa-Maria-Novella, à Florence, pour mieux mettre en relief les surnaturels aspects de cette rencontre, a fait planer un ange au-dessus des deux saints époux : il rapproche leurs deux têtes, comme pour les conduire l’un et l’autre et les inviter à un chaste baiser, — tel, à Saint-Louisdes-Français, dans une fresque du Dominiquin, Fange étendant ses mains sur la tête de sainte Cécile et de saint Valérien, et qui les couronne l’un et l’autre pour témoigner de leur virginale union1 — . Je retrouve également cet ange, à Venise, dans le tableau de Vivarini, à Santa-Maria- Formosa, et, en France, dans un vitrail du Mans, où l’ange semble déposer un rayon sur la tête de sainte Anne.
Sans nous arrêter davantage, car ce n’est pas notre sujet, sur les nombreux exemples que l’art chrétien de tous les temps nous fournit à ce pro-
1 . Grimouard de Saint-Laurent, Guide de l'art chrétien , vol. I, 286, et 1Y, 86.
L ENFANCE DE LA VIERGE
pos nous terminerons en faisant remarquer que, pendant tout le moyen âge, la rencontre à la Porte
Dorée a été le symbole du fait lui-même de l’immaculée Conception. Ce type persiste jusqu’en pleine
1. On trouve cette légende, bien entendu, à Notre-Dame de Paris, au premier linteau du portail Sainte-Anne : elle se continue dans les voussures de droite, où le sculpteur du portail a représenté saint Joachim parmi les bergers et la rencontre à la Porte Dorée. Dans une belle miniature d’une Légende Dorée de la Na-
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Renaissance et c’est ainsi que nous voyons la rencontre à la Porte Dorée, représentée sur une médaille frappée en 1565, par la confrérie de la Conception, cette célèbre confrérie qui avait été fondée en 1311, à Saint-Séverin de Paris.
Oubliant que le baiser que sainte Anne reçoit de saint Joachim était le signe et non pas la cause miraculeuse de la Conception immaculée, la piété populaire inclinait même à penser que sainte Anne, comme la Mère de Dieu, était restée vierge en sa conception, d’où cette inscription qu’on lisait au-dessous de certaines images représentant la rencontre à la Porte Dorée : taliter concepta est virgo Maria , c’est ainsi que fut conçue la Vierge Marie. Mais l’erreur était manifeste, et Benoît XIV la condamna expressément. Aussi bien, tout en admirant la gracieuse variante introduite dans la représentation de la scène, par les disciples de Giotto, il y a peut-être lieu de féliciter le maître de n’avoir pas fait intervenir plus directement les anges dans sa fresque de l’Aréna de Padoue.
tionale (Fr. 244), on voit également saint Joachim et sainte Anne s’embrassant au sein d’un lis épanoui.
7. — La « Rencontre à la Porte Dorée » termine, à l’Aréna, un premier groupe d’histoires, celles relatives aux parents de la Vierge et à sa merveilleuse conception. Avec la Naissance de Marie, qui est le sujet de cette septième fresque, nous commençons une nouvelle série, où se trouvent racontés des faits dont les détails, empruntés à la légende, concernent son enfance proprement dite et son mariage avec saint Joseph.
Partis du haut de la chapelle pour descendre, par la gauche, vers son entrée, nous voici parvenus à la dernière des fresques qui se trouvent au-dessus des fenêtres. Nous allons, maintenant, passer de l’autre côté, remontant, cette fois, vers le grand arc triomphal qui décore l’ouverture du sanctuaire, pour aboutir à l’ange de l’Annonciation.
Cette muraille n’étant pas percée de fenêtres, renferme un nombre plus considérable de fresques que celle qui lui fait face : c’est, en somme, une seule et gigantesque peinture, divisée par des bandes également peintes et ornées de médaillons1, en