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nommé archevêque de Bologne en 1503 et cardinal de Sainte- Cécile en 1505, prenait la qualification d’Alumnus par allusion à la faveur dont il Jouissait alors auprès de Jules IT. Il fit plus : 1l se mit presque sur le pied de l’égalité avec le pontife, en revêtant le sol de la chapelle de briques émaillées sur lesquelles on voyait alternativement ses armes et son nom, les armes et le nom du pape. Il oubliait le joug des la Rovere, sous lequel l'aigle des Alidossi devait passer avec humilité, à peine d’être arrêté dans son vol !. Le cardinal de Sainte-Cécile se vit, en effet, refuser le titre de prince d'Imola qu'avaient porté ses ancêtres. Se tourna-t:il alors contre Jules IT du côté de la France ? Était-il vendu à Louis XII quand les armées pontificales, dont il partageait le commandement avec le duc d'Urbin, furent battues par les troupes vénitiennes? Rien n’est certain à cet égard. IT avait trahi jadis Alexandre VI, on l’accusa d’une nouvelle trahison; et, comme il arrivait à Ravenne pour se justifier auprès du pape, il fut poignardé en plein jour et en pleine rue par Francesco Maria della Rovere sur lequel il avait rejeté la responsabilité de la défaite. Son nom n’en demeure pas moins inséparable de celui de Jules IT dans la chapelle de la Magliana. Les fresques de l’Annoncialion et de la Visitation, peintes de chaque côté de l’unique fenêtre, disent encore quelles mains habiles le cardinal de Sainte-Cécile avait employées. Un des plus renommés parmi les élèves de Pérugin, Spagna probablement, avait exécuté ces peintures. Quant à
1. Les armes de Jules II se composaient d’un joug; les armes du cardinal Alidossi portaient un aigle aux ailes éployées.
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leur date, il est impossible de la préciser. Le meurtre d’Alidossi ayant eu lieu en 1511, on peut dire seulement que les fresques confiées à la surveillance du cardinal sont antérieures à cette date.
Si Jules IT avait beaucoup aimé sa Magliana, Léon X l’aima plus encore et la fit sienne aussi par des liens plus intimes et plus forts. Jules IT y avait attiré l'école de Pérugin, Léon X y appela Raphaël. Dans cette chapelle, où Spagna peut-être avait peint des fresques sans physionomie propre, Raphaël a laissé des types de perfection qui n'appartiennent qu’à lui. A la voûte qui surmonte l'autel, il a montré l'Éternel bénissant le monde au milieu d’un cortége d'anges et de chérubins ; dans un des arcs verticaux de la nef, 1l avait représenté le martyre de sainte Cécile.
Si les beaux jours... j'allais dire les grands jours de la Magliana étaient passés avec Jules IT, Léon X et Raphaël, l'attrait de cette résidence devait, jusqu’à la fin du xvi° siècle, solliciter encore la faveur et l’émulation des ‘papes. Pie IV (1559-1565) y fit quelques additions qu'il marqua de ses armes ; là charmante fontaine de la cour date de son pontificat. Sixte-Quint (1585-1590) fit peindre aussi quelques chambres restées sans décoration. La Renaissance, jusqu'aux extrêmes limites de sa décadence, a donc laissé des traces profondes dans ce lieu tout à la fois profane ét recueilli, cher, pendant plus de cent ans, à une succession de vingt papes... Le xvu° siècle, en ouvrant à la papauté une ère d’abaissement et
de dépendance politiques, la contraignit à une plus grande