‹ Les fresques de RaphaelChapitre 3 sur 9 · LE PÈRE ÉTERNEL BÉNISSANT LE MONDE · texte numérisé non relu

LE PÈRE ÉTERNEL BÉNISSANT LE MONDE

Du haut des cieux, Dieu le Père abaisse son regard sur le monde, et, tandis qu’il.lève sa main droite pour le bénir, il étend sa main gauche pour le protéger et l’amener à lui. Un grand limbe en forme d'amande, que la langue des arts a consacré du nom italien de mandorla, circonscrit l’espace inondé de lumière qui est comme le foyer de l’Éternel. Dans ce limbe, à fond d'azur tout scintillant d'étoiles d’or, sont symétriquement disposées sept têtes de chérubins. Cet azur constellé, séjour de prédilection-des hiérarchies célestes, est le ciel du ciel, conventionnellement adopté par l’Église et universellement accepté par la Renaissance, depuis ses origines jusqu’à son entier développement. En dehors de la mandorla, deux anges remplissent notré ciel à nous, le ciel de la terre,

un ciel d’un bleu beaucoup plus intense que le bleu du ciel de

1. La calotte sphérique sur laquelle est peinte la fresque de Raphaël représente, à très-peu de chose près, un quart de sphère dont le rayon serait . de 41,50; cette fresque mesure donc une hauteur égale à sa profondeur (1,50) et une largeur double {3 mètres), puisque cette largeur équivaut au diamètre, c’est-à-dire à deux fois le rayon de la sphère. — M. Louis Grüner a gravé cette peinture comme si la surface qu’elle recouvre était plane. Le dessin de M. Grüner est donc loin d’être exact. (Voir 7 freschi nella cappella della Magliana, da Ludovico Grüner, con descrizione di Ernesto Plainer.) — M. Paul Balze, dans un grand émail qui décore la cour d’entrée de l’École des beaux-arts, n’a pas tenu compte non plus de la courbure absidiale de la fresque.Ce west pas d’ailleurs une copie, mais une interprétation, que M. Paul Balze a voulu faire, et il l’a faite d’une façon très-intelligente et par un procédé qui en garantit la durée.

Page 1