RL A
L'ange de gauche s’élance de la mandorla par un mouvement irrésistible : le corps, vu de profil à gauche, va disparaître hors du champ de la fresque, tandis que la tête, tournée en sens inverse, £e montre de profil à droite et s'incline vers la terre, qu'elle voit parée déjà des célestes bénédictions; les bras s'élèvent dans un geste plein d'élégance, et les mains s'apprêtent à répandre sur nous les fleurs du printemps éternel. La vivacité et la spontanéité de cette figure sont admirables. Raphaël, par une science de l'harmonie que nul n’a possédée à un tel point, a su accorder entre elles toutes les oppositions et ramener à une merveilleuse unité les éléments pittoresques en apparence les plus discordants. Cette figure d'ange, qui est un de ses types de prédilection, nous est parvenue dans un état passable de conservation. La tête n’a pas assez souffert pour qu'on n’en puisse saisir encore les beautés essentielles : le modelé du front reste avec sa valeur ; les yeux ont, il est vrai, sensiblement perdu de leur ancienne flamme, mais leur regard peut communiquer encore avec le nôtre; le nez a conservé la pureté de sa ligne et de ses contours la bouche sartout est demeurée charmante. Par-dessus les longs cheveux d’or que la rapidité du vol agite comme des flammes, s'élèvent de grandes ailes vertes et roses, qui donnent à cette figure la consécration de son caractère idéal. Les bras ont malheureusement subi de graves avaries. Si le bras gauche,
quoique très-maltraité, existe encore, 1l n’est pour ainsi dire QLEe Ces