‹ Les frontières de la science. 2e sérieChapitre 11 sur 46 · CENTRES MOTEURS ET SENSITIFS · texte numérisé non relu

CENTRES MOTEURS ET SENSITIFS

1, Centre sensitif du bras.— 2, Centre sensitif de la jambe.— ,3

3, Centre moteur de la rate. — 4, Centre des nerfs spinaux.

— 5, Centre moteur de l’oreille. — 6, Centre moteur de la

tête, de la langue et du cou (à (fauche, laiKjaije articulé de j

Broca). — 7, Centre moteur du cœur. — 8, Centre sensitif des seins. — 9, Centre sensitif des poumons. — 10. Centre '

du foie. — 11. Impression, cro^'ance. — 12, Centre du nez.

— 13, Centre moteur de l'estomac.— 14, Centre génésique. Û

— 15, Coordination des mouvements, tact. — 16, Centre du , ^

larynx. — 17, Centre sensitif de la bouche et des dents. — - ’

18, Centre de l audition. — 19, Reins, organes génito-uri-

naires. — 20, Centre delà vision. — 21, Centre moteur de ’.è

1 intestin.

FAClfLTÉS MORALES ET INTELLECTUELLES.

A, Douceur à gauche, colère à droite. — B, Formes de la mémoire. — IVà gauche, souvenirs gais; envie de rire et de

se moquer, prendre tout en riant ; satisfaction. — H'à droite, ^

souvenirs tristes : rend sombre et rêveur ; mélancolie, méconlentement. — C, Gaîtéàgauche, tristesseà droite. — D, Atten-

tion. — E, ^^olonté. i

(jiie j’ai ol)teniis assez souvent pour qu’on ne j)uisse les attribuer au hasard, toutes les précautions étant d’ailleurs prises pour éviter la suggestion (Fig. 9).

En touchant la partie du crâne située à 2 ou 9 ceiitiinètres en arrière de la partie supérieure du pavillon de l’oreille, j’ai provoqué la colère du côté droit et la bienveillance du côté gauche. De iiièine la pression sur les milieux des côtés du front donne des idées gaies à gauche et tristes à droite, .le dois ajouter que ces phénomènes sont quelquefois inversés, quelquefois nuis.

La pression de la saillie occipitale n» 18 détermine généralement des idées érotiques (i) et celle du n» 19 des idées d’orgueil.

Les mouvements des bras et des jambes sont

l. « Il est des femmes de qui Ton ne peut dire ni qu’elles ont de bonnes ni qu’elles ont de mauvaises mœurs. Une de ces femmes d’une vertu douteuse entra comme j’étais à écrire sur mon moine noir. — Maître Malclius, me dit-elle, mon mari a la puce à l’oreille ; autrefois, lorsque nous étions couchés dans notre grand lit, il se mettait au milieu, et suivant l’usage, il faisait mettre son ami à côté de lui ; maintenant il ne le fait plus. Moi, maître ^lalchus, continua-t-elle en baissant la tète, et en me montrant le derrière du cou, j’ai là une autre puce, et la mienne est ensorcelée : voyez de m'en délivrer. — Madeleine, lui répondis-je, les sorciers ne peuvent se réduire jusqu'à la petitesse de la puce ; les femmes seraient trop exposées, cl elles le sont déjà assez. »

^loTiTEih, Histoire des Français des divers États, Tome IL — Les plaintes des divers États. — Histoire X : Le sorcier.

LES LOCALISATIONS CEREBRALES

obtenus par des pressions sur les points no» 14 et 15 au-dessus de Toreille- Chez quelques sujets, on détermine le mouvement des membres du même côté ; chez d’autres, le mouvement des membres opposés.

Fig. 9, — Localisations cérébrales.

Les localisations sont désignées par des chiffres ou des groupesde trois lettres.

Les localisations des sens sont plus constantes. On supprime le goût et Vodorat par la pression des points 7 et 8 situés à l’occiput. La suppression n'a lieu que du côté où a été

efTectuéc (a pression. Il en est de même pour le point 6, à la partie supérieure de la tempe, ([ui correspond à Voiiïe,

En pressant le point n*' 9, on rend le sujet aveup^le, et une pression un peu en arrière (n® 10) détermine Tarrêt du mouvement des yeux.

Au point 11 correspond le mouvement des lèvres ; au point 12 celui de la tête et du cou ; au point 13 celui de tout le corps.

L'exlase est provoquée par la pression sur le point n*" 17 au sommet de la partie médiane du Iront, là où les initiés étaient marqués du sceau divin. La pression au-dessous (il*" 16) amène simplement les idées religieuses.

Le 11 '» 20 est, chez presque tous les sujets, un point liypnogène dont la pression ramène la mémoire pro])re à letat somnambulique.

En elUeurant à peine ce point sur une robuste femme de quarante ans, peu sensible d’ailleurs, j’ai déterminé un état d’inertie complet (jiii a duré plus d’une minute.

Entre le n“ 20 et la racine du nez se trouve un point correspondant au sentiment de l’équilibre. Je rappelle, que dans les luttes corps à corps, c’est cet endroit-là qu’on cherche à frapper avec le poing pour étourdir son adversaire.

La pression sur la racine du nez n° 1 supprime la mémoire des noms propres. On supprime seulement la mémoire des noms des choses en pressant le point n ‘ 3 à l’angle supé-

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rieur du front, la mémoire de Viisage des choses en pressant le point n^" 4 situé un peu audessous, et la mémoire des lieux en pressant le 110 2 situé au-dessus du milieu de Tarcade sourcilière.

La pression du point n® 5 sur le milieu de la tempe détermine Taphasie. Le sujet conserve la liberté de la mâchoire, de la langue et des lèvres, mais ne peut plus articuler ; Telfet se produit aussi bien à droite qu’à gauche.

La pression du point 21 situé au bas de l’occiput agit sur la respiration.

Dans tous les phénomènes qui précèdent, la pression produit le même effet, quel que soit l’objet qui presse, quand cet objet n’est pas polarisé ou (pi’on ne laisse pas à la polarité le temps d’agir.

Toutefois, ce que Ton obtient par la pression et la friction, on peut l’obtenir également par une action suffisante de polarité, l’action en isonome agissant comme la pression et l’action en hétéronome comme la friction.

Ce que la pression fait, la friction le défait : Tune arrête la circulation, Tautre la rétablit (1).

1. Je n’ai pas la prétention de donner une explication du phénomène, mais je crois qu’on pourra la trouver dans des considérations analogues à celles que je reproduis ci-dessous d'après un article inséré en mai 1890 dans les Archives générales de médecine.

« Vu la mollesse du cerveau, le sang varie dans sa quantité,

Ainsi, mettant le sujet en état de catalepsie

avec une extrême facilité ; par suite, les capillaires plus ou moins dilatés, compriment plus ou moins les éléments nerveux qui les entourent : ces variations sont infinies ; elles peuvent aller, de riiémorrhagie cérébrale, qui est la rupture par excès de dilatation, jusqu’à la syncope qui suit leur resserrement. Entre ces extrêmes, sont la congestion, les délires, l’excitation intellectuelle et le fonctionnement normal du cerveau. Enfin, surviennent les troubles provoqués par l'ischémie qui sont: les dépressions des facullés intellectuelles, le sommeil et certaines pertes de connaissance.

« Je prends un exemple.Un homme éprouve une émotion vive ; il rougit ou pâlit ; c'est que les capillaires de sa face se sont relâchés ou contractés, sous l'influence de leurs vaso-moteurs, lesquels sont mis en action d’une façon encore inconnue par les centres nerveux qui ont perçu l'émotion. En ce qui touche le cerveau, les capillaires dilatés ou resserrés agissent sur les éléments nerveux, lesquels, enfermés dans une boîte inextensible, subissent une action plus ou moins violente. Ici, plus de rougeur, ni de pâleur, du moins apparente, mais excitation, congestion, apoplexie, ou abattement et syncope.

« La pensée de rapporter à la circulation les désordres des fonctions nerveuses, s'applique mieux encore à la pathologie qu’à l’analyse de l’existence ordinaire. Ainsi admettons que le phénomène que nous venons d'indiquer se passe au milieu des éléments d’origine des nerfs des sens, le malade aura des hallucinations. Si ce sont des éléments moteurs ou sensitifs qui sont troublés dans leur arrangement normal, surviendront des troubles dans la sensibilité et dans la contraction musculaire, : comme des convulsions, de la contracture, de la paralysie, des névralgies, de l’anesthésie, ou de l’hyperesthésie ; il ne saurait en être autrement, pour les éléments nerveux, des points du cerveau qui président à telle ou telle fonction d’un ordre plus élevé, tels que l'attention, la mémoire, l’imagination, l’association des idées, etc...

« Alors surgiront de l’incohérence, du délire, de la manie, de l’amnésie, etc., etc... En un mot, pour moi, toutes les lésions des fonctions cérébrales sont dnes^ la plupart du temps, à un trouble apporté dans les origines de leurs nerfs par le sang qui circule dans la trame nerveuse de ces origines. »

totale par Timposition de la main droite, je réveille, comme Pont indiqué ADI. Binet et Féré, séparément chacun des sens dont Fexercice est suspendu, par la Iriction du point du crâne correspondant.

Il y a une loi plus générale à laquelle se rattache cette observation. Quand le sujet est très sensible, il suftit d’augmenter progressivement la pression pour produire successivement la catalepsie, le somnambulisme et la léthargie de l’organe sur lecpiel on agit; à l’aide des frictions on fait repasser Forgane par les mêmes phases pour le ramener à l’état normal. Je presse, par exemple, le point 14 ou 15, le membre actionné se soulève d’abord en prenant la raideur cataleptique; si la pression continue, le membre retombe, il éprouve des fourmillements, et on peut alors lui donner la suggestion d’exécuter un mouvement déterminé à une époque déterminée ; le mouvement s’exécutera, comme il a été dit, sans que le sujet en ait conscience. La pression continuant encore, le sujet cesse d’avoir la sensation de son membre qui est complètement inerte et sensible. On obtiendra des phénomènes analogues en pressant de plus en plus le point correspondant à un sens, tel que le n‘'9 du côté droit; l’œil droit commencera par devenir presque insensible à la lumière, puis il deviendra suggestible et enfin le sujet n’aura plus conscience de cet organe.

Une friction sur les points commence par annuler les etléts produits par la pression et.

si elle se prolonge sufüsaminent, elle produit les ellets inverses (1). Ainsi une friction sur la partie supérieure du milieu du front (n® 16) finit par évoquer des idées criminelles; sur le n® 2, elle amène la perte de la mémoire en général, tandis que la friction sur le n® 1 rappelle la mémoire spéciale du nom des personnes, mémoire qui avait été supprimée par une pression sur ce point.

Cette propriété permet de faire, pour ainsi dire, la preuve par saggesiion des localisations cérébrales. Par exemple, je dis au sujet: « Au réveil, vous aurez oublié votre nom.» Au réveil, il Pa oublié et je ramène la mémoire du nom ])ar une friction sur la racine du nez. Ou bien : « Au réveil, vous ne pourrez plus remuer la jambe droite» ; Pelfet se produit et il disparaît par une friction sur le point 15.

La friction doit, pour être eflicace, s’exercer sur le point précis ; cependant il arrive que cer-

1. Un pincement peut produire le même effet qu’une friction. Fm pinçant Benoît au front à l'état de veille on ne produit rien, mais à l'état de rapport, où il est plus sensible, on le fait penser aux femmes ; en le pinçant à la saillie occipitale on détermine au contraire les idées religieuses.

Gela explique le fait suivant rapporté par le bibliophile Jacob {Curiosités de l'histoire des croyances populaires, p. 223) et tiré des archives d’Epinal : « Dans un procès de sorcellerie, en 1632, le curé Gordet, qui fut jugé et condamné à Epinal, était accusé d’avoir introduit au Sabbat la ribaude Gathelinotte et de l'avoir présentée à Maître Persin, homme grand et noir, froid comme glace et habillé de rouge qui pinçait au front ses néophytes pour leur faire renier Diem et la Vierge. »

LES LOCALISATIONS CEREBRALES

tailles suggestions, notamment celles qui ont trait aux mouvements, disparaissent aussi par une friction sur le sommet de la tète ; on remar- (juera, en effet, que la pression sur le vertex (n« 13), commande aux mouvements de tout le corps. Il y a là des phénomènes complexes qui n’ont point encore été suffisamment analysés.

Chez certains sujets d’une sensibilité exceptionnelle, comme Lina, on arrive à déterminer tous les effets produits ordinairement par la pression ou la friction, simplement à Taide du rayonnement des doigts ou même du regard, la fixation prolongée agissant comme la pression, et les passes rapides à distance comme la friction.

En 1887, pendant que je m'occupais de ces recherches, M. Mathias Duval résumait, dans une conférence claire et précise faite à la Société d’anthropologie, les résultats qu'on pouvait onosidérer comme certains, relativement aux centres de la mémoire.

La lésion de la première temporale gauche, disait-il, produit, chez un individu droitier, la perte de la mémoire des sons verbaux, c'est-àdire que l’individu entend, raisonne, mais a oublié le sens conventionnel attaché aux mots dont on se sert pour lui parler dans les langues qui lui sont familières. La première temporale gauche peut donc être considérée comme

le siège de la mémoire auditive verbale (m a v) (Fig. 10) (1).

La seconde pariétale gauche correspond à la mémoire visuelle verbale {m d d); c’est dans cette partie du cerveau cpie s’enmagasinent les souvenirs à l’aide desquels les signes des lettres évoquent des idées conventionnelles. La personne chez qui cette partie n’a plus la vitalité normale ne sait plus lire, mais elle peut encore écrire (2).

Le souvenir des mouvements qu’il faut faii“(' pour tracer les diverses lettres de l’écriture, la mémoire motrice graphique (m m g) est localisée dans la partie postérieure de la seconde frontale gauche.

1. « Un des malades observés s’est peu à peu rétabli d une attaque d’apoplexie, mais il semble être resté sourd et idiot, car il répond de travers aux questions qu’on lui pose et il ne comprend pas la conversation. Cependant,.lorsqu'il parle spontanément ou qu’il répond à sa propre pensée, il s’exprime fort correctement : de même il répond d'une façon normale aux questions posées par écrit. Ce n’est donc pas l’intelligence qu’il a perdue ; il lui manque de comprendre le langage parlé. Quand il entend parler sa langue maternelle, c est comme s il entendait une langue complètement inconnue de lui ; il ne comprend plus les mots entendus: il est frapj^é de surdité verbale. »

2. Cette maladie fut observée pour la première fois chez un commerçant. « Il veut envoyer un ordre par écrit relatif à ses affaires ; il écrit lisiblement ; croyant avoir oublié quelque chose dans sa lettre, il la reprend et alors se révèle, dans son origine fantastique, le phénomène que nous allons étudier. Il avait pu écrire, mais il lui était impossible de relire son écriture. Il ne peut lire, il ne peut comprendre ce qu'il écrit. Il est atteint de céct7e're/’ba/e! »

LES LOCALISAXIONS CEREBRALES 59

Enfin, on trouve, clans la partie postérieure de la troisième circonvolution frontale gauche, le siège de la mémoire motrice verbale (m rn v) dont l’elfet est de retenir les mouvements à Taide descjuels on peut exprimer ses pensées avec la parole. C'est la localisation (ju'avait déterminée Broca et cjui est marcjuée du n® 5 dans la figure 10.

Fig. 10. — Localisations cérébrales.

Les localisations spéciales de la mémoire sont désignées par des groupes de trois lettres italiques.

CO

Toutes ces localisations ont été reconnues, j^ràce à Tàutopsie, chez un certain nombre de j)ersonnes qui, de leur vivant, avaient été atteintes des inlîrinités correspondantes.

J’ai également vérifié sur un certain nombre de sujets ces localisations nouvelles. 11 me paraît intéressant de donner quelques détails sur la manière dont les choses se sont j)assées dans la première série d’expériences faites sur Benoît, alors âgé de dix huit ans et assez intelligent pour bien se rendre compte de ce qu’il éprouvait. Il ne se doutait nullement de ce que j’allais essayer ; je l’avais mandé aussitôt après avoir lu Tarticle de la Revue que je venais de recevoir par la poste.

J’exerce d’abord quelques pressions un j)eu au dessus de Toreille gauche en le priant de me faire part de ses sensations. Suivant le ])oint que je touche, il me dit qu’il sent son bras ou sa jambe se soulever. Puis, comme je continuais mon exploration, il se tait. Je Pinterroge de nouveau, il ne me répond pas ; je fais tomber un livre, il regarde l’endroit d’où part le bruit. Maintenant le doigt de ma main gauche sur le point pressé, j'écris avec la main droite : « Que vous arrive t-il ? » Il me répond (ju'il ne comprend pas quand je lui parle, qu’il n'entend que des sons n'ayant aucun sens. Le point pressé correspondait donc bien à la mémoire auditive verbale (m a v) ; il est à environ 4 centimètres au-dessus du bord supérieur de l’oreille, immédiatement au-dessus de celui qui coin-

LES LOCALISATIONS CEREBRALES

mande le mouvement de la jambe. En augmentant la pression, Je détermine Tapliasie ; en l’augmentant encore, je détermine le sommeil.

Je recommence rexpérience dans la région des points 9 et 10 qui correspondent à la vue et au mouvement des yeux, en le priant de lire dans un livre que je lui présente ; après quel- ({ues tâtonnements, je supprime la mémoire' visuelle verbale ; Benoît voit les lettres, mais il ne sait plus ce (pi’elles signiüent. Le point marqué (m v v) est à environ (> centimètres audessus du lobe de roreille et en arrière ; il se confond presque avec le point 10, mais un peu au-dessus.

Restait à déterminer le siège de la mémoire motrice graphique (m m g). Je Tai retrouvé vers le sommet de la tète, mais plus en arrière ([ue ne l’indique M. Mathias Duval et, au lieu de n’occuper qu’un point, comme les précédents, il s’étend sur une longueur de 3 ou 4 centimètres sur PA et Pi. Le sujet étant en train de copier un article de journal, je pressai l’une des parties de cette zone, il s’arrêta, ne sachant plus comment traduire en écriture cursive ce qu’il lisait. J’insistai pour qu’il écrivît ; il continua, mais lentement, en dessinant les lettres telles qu’il les voyait. C’est ce qu’on peut reconnaître dans le fac-siinile ci dessous qui reproduit trois expériences successives.

Si maintenant, au lieu de presser les points m m V, m a v, m vu, m m g, on exerce sur eux une friction un peu prolongée, on détermine ;

dans les deux premiers cas, la volubilité de la parole ; dans le troisième et le (piatrième, une plus grande facilité pour lire ou pour écrire. La vérification par les suggestions a été employée dans ces quatre cas, ainsi que nous l’avons

^ k ^es

prece dént ^

indiqué plus haut, et a produit des résultats aussi nets.

Il ne faut pourtant point trop se fier à ces localisations, non seulement à cause des erreurs d’expérimentation si difficiles à éviter quand on est obligé de se fier aux dires des sujets, mais aussi parce que l’on n’est pas encore bien fixé sur les concordances des circonvolutions et de la boite crânienne, concordances qu’on cherche à déterminer avec les rayons X ainsi que nous l’avons montré dans la figure 7.

LES LOCALISATIONS GÉHELHALES

On conçoit, cependant, dès aujourd’lmi, que l’on puisse arriver^ en donnant une série de suggestions simples, et en cherchant par tâtonnement quels sont les points du cerveau dont la pression ou la friction fait disparaître ces suggestions, à déterminer de nouvelles localisations cérébrales. La plus grande difliculté consiste à trouver, a priori, les éléments de nos actes psychiques. Cependant, on peut se servir des observations de Gall et de ses disciples, comme de jalons, pour s’orienter dans ces régions inconnues.

On remarquera, en effet, que déjà nous avons des points communs. C’est vers le point 1 que Gall avait placé la mémoire des personnes, et vers le point 18, ramour physique. Quant à la Ihéosophie {vénération de Spurzheim), il la mettait beaucoup plus en arrière (jue nous, mais également sur la première circonvolution frontale.

Voici quelques observations nouvelles faites en partant des données du célèbre phrénologiste.

Benoît a reçu la suggestion de ne plus reconnaître les couleurs ; il ne les reconnaît plus. Je frictionne la partie de l’arcade sourcilière située du côté interne de l’œil, la suggestion disparaît. Inversement je presse, à l’état normal, cette partie de l’arcade sourcilière, j’oblitère le sens des eou/eu/*.s.Gall l’avait placé au milieu de l’arc des sourcils, là où j’ai constaté la mémoire des lieux.

Les numéros 8 et 9 de la nomenclature de (jall occupent tout Tocciput à peu près entre les régions m m g m v v \ ils correspondent à Torgueil, à rambition, à la vanité... En agissant sur la partie que j’ai marquée du m 20, à l’état de veille chez Benoît, je n’obtiens aucune réponse, parce que le sujet ne se rend jias un compte suilisamment net d’impressions faibles ou peut-être ])arce (ju’il lui répugne de les exprimer ; mais, quand le sujet est en somnambulisme, la friction détermine un accès d’humilité : Benoît regrette d’avoir acheté un chapeau ; une casipiette convenait bien mieux à sa situation subalterne; il prend un air triste et déclare que désormais il ne })erdra plus de temps à sa toilette. La pression des mêmes points le fait au contraire se redresser, il alfecte une allure conquérante ; il est très lier de sa lionne tournure et trouve que sa jaquette lui va très bien.

Il semlile (jue c’est la friction, et non la pression, qui devrait toujours produire l’elfet qui, suivant Gall, se manifeste par une bosse. Quand cela ne se présentait pas, je refaisais l’expérience plusieurs fois sur deux sujets différents et en variant les méthodes : j ’ai toujours obtenu les mêmes résultats. Ce qui prouve (pie tout n’est pas encore bien clair dans cet ordre d(‘ lihénomènes.

En résumé, nous voyons que des savants et des oliservateurs, appartenant aux écoles les plus diverses et opérant par des métliodes tout

à fait clissenil)lal)les, s'ils dilfèrent souvent par les détails, sont néanmoins tous arrivés aux conclusions générales suivantes :

1“ Notre cerveau peut être considéré à la Ibis comme un appareil récepteur où s’enregistrent les impressions sensorielles et comme un appareil moteur ([ui gouverne les mouvements des dilférentes parties de notre corps, chaque partie de Vinstrument ayant une destination spéciale parfaitement connue de notre esprit qui en joue inconsciemment.

2" Dans certains cas particuliers, cet instrument peut être mis en jeu par d’autres agents: non seulement par des actions mécaniques exercées sur la surface du cerveau mise à nu, mais par des actions exercées à travers le crâne, quelquefois à distance, et paraissant dues à des radiations ou à des vibrations dont la nature est encore mal définie.

Quel que soit le degré de certitude que l’on croit avoir trouvé dans la détermination des localisations elles-mêmes, il n’en reste pas moins un ensemble imposant de constatations qui nous conduiront jirobablement, un jour ou l’autre, à l’explication rationnelle de la suggestion mentale et de la télépathie.

LES LOCALISATIONS CEREBRALES

Depuis rpie Tarticle précédent a été écrit, j"ai eu roccasion de vérifier mes assertions sur un assez grand nombre de sujets, notamment pour les points 10 et 18 qui ont donné lieu à une preuve singulière.

Pendant Thiver 190^-1903 j^ai connu à Lisbonne une dame d'origine française, très curieuse, très intelligente, qui voulut savoir si elle serait un sujet ; ce dont elle ne se doutait pas, bien qu'elle frisât la quarantaine.

Je la magnétisai plusieurs fois et Pamenai assez rapidement à l'état de somnambulisme.

(]omme elle était excellente musicienne, ma première idée fut de la développer dans le sens de Lina, c'est-à-dire de lui faire mimer les sentiments exprimés par la musique. Malgré mes efforts je n’obtins absolument rien de ce côté, pas plus que je n'obtins l'extériorisation de la sensibilité ; ce qui prouve qu’on ne détermine pas la nature et la marche des phénomènes par suggestion plus ou moins inconsciente, mais que chaque sujet se présente avec des aptitudes particulières. En revanche M™® Louise se montra de suite fort sensible aux suggestions et aux localisations cérébrales ; tellement même (pi’au bout de quelques séances, il me suffisait, lorsqu'elle était en état de somnambulisme, de fixer fortement mon regard sur telle ou telle partie de sa tète pour déterminer le meme effet <iu'avec une pression du doigt.

C'est dans cet état qu’ayant déterminé un

Extase amoureuse.

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