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LES ACTIONS PSYCHIQUES DES CONTACTS, DES ONCTIONS ET DES ÉMANATIONS

Pour expliquer Paction de la musique sur des sujets tels que Lina et M“'® Madeleine C., j"ai été porté à supposer que Pactivité de certaines circonvolutions cérébrales était excitée par des sons musicaux dont les vibrations seraient en rapport harmonique avec les vibrations propres de ces parties du cerveau.

Cette hypothèse n"est point aussi extraordinaire qu'elle peut le paraître au premier abord et elle est analogue à celles qu’on a été conduit à proposer pour d’autres faits.

En médecine on admet, en effet, déjà que les poisons et les médicaments, emportés par le torrent de la circulation et mis en contact avec l’ensemble des éléments anatomiques, en choisissent un ou plusieurs groupes sur lesquels, par une affinité particulière, ont porter leur action meurtrière ou bienfaisante. Tels sont les sudorifiques qui agissent spécialement sur les

p^landes sudorales, les vomitifs sur l’estomac, les purgatifs sur les entrailles, la belladone sur la ])upille de l’œil, les aphrodisiaques et les anaplirodisiaques sur les organes génitaux.

La digestion n’est pas meme nécessaire ;quel- (jues corps produisent leur elfet en pénétrant dans l’organisme par les voies respiratoires, comme l’éther, le chloroforme et le gaz hilarant, etc.

D’autres encore peuvent agir par une simple application sur la peau ou à distance, même s’ils sont solides ou enfermés dans des tubes de verre.

Certaines de ces onctions et de ces émanations déterminent sur quehpies personnes douées d’une sensibilité exceptionnelle des phénomènes psychiques que leur rareté a fait révoquer en doute, bien qu’ils aient joué un rôle important dans l’histoire, mais dont la réalité a été prouvée par des expériences contemporaines.

Eux aussi, ne peuvent guère s’expliciuer que par des vibrations coininuni(]uées aux diverses jiarties du cerveau par des })rocessus divers. 11 n’est donc pas inutile de les passer en revue.

Je rappellerai d’abord que chacun de nos sens ne perçoit que les mouvements vibratoires compris entre certaines limites. De même, notre organisme peut être impunément traversé par des courants électriques avec interru[)tions de très haute fréquence, tandis (jiie nous serions foudroyés par les mêmes courants si les interruptions étaient moins rapprochées. J’ai eu un

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sujet (Benoît) qui ne percevait absolument rien ([iiand il recevait les décharges d une forte machine électrique ou qu^il prenait entre les mains les électrodes dune pile puissante; mais il était complètement contracturé (juand il touchait cette machine après la décharge ou quand le courant était très faible. Il est des hystériques qui éprouvent, avec des doses extrêmement minimes de certains médicaments, des phénomènes toxiques et qui supportent sans accident des doses considérables de médicaments très actifs. L'homéopathie, du reste, est fondée tout entière sur l'action de substances dont les molécules sont pour ainsi dire isolées par les dilutions successives, de sorte que, suivant certains théoriciens, elles peuvent alors vibrer sans entraves et produire ainsi des elfets spéciaux plus énergiques.

« Sait-on ce qu'il faut pour arrêter la vie d(‘ certains organismes rudimentaires ? Bien peu de chose. IJAspergilliis niger en fournit un exemple. Au moment où cette plante est en plein développement dans un liquide de culture approprié, il suffit d'ajouter à ce liquide un seize cent millième de nitrate d'argent pour que toute trace de végétation disparaisse, et cette végétation ne peut même pas commencer dans un vase d'argent. La chimie est impuis saute à démontrer qu'une portion de la matière du vase se dissout dans ce liquide, mais la plante l'accuse en mourant. Quelle est la dilu tion homéopathiijue qui correspond à la quaii-

tité de métal ainsi dissous ? — C/est d'après ce principe que des médecins ont ordonné, dans la dernière épidémie de choléra asiatique, de porter sur soi des placjues de cuivre bien adhé rentes à la peau, sous le prétexte assez rationnel que le cuivre empêche le développement et la vie du microbe cholérique. N'est ce point admettre l'eflicacité d'une dose vraiment infinitésimale ? — Dans les eaux minérales, les doses pondérables de la substance médicamenteuse sont hors de toute proportion avec les elfets qu'elles produisent. Darwin, en étudiant l'action A\\ Droserarotandifolia, constate qu'il suffirait d'un vin^t millionième de sulfate d'ammoniaque pour produire rinfïexion de la feuille. En fait, continue Darwin, chaque fois que nous percevons une odeur, il est évident que des particules infiniment plus petites encore viennent impressionner nos nerfs. Lorsqu'un chien se trouve à quelque cent mètres sous le vent d un daim ou de tout autre animal, il perçoit sa présence. Les particules odorantes produisent certains changements sur ses nerfs olfactifs ; or, ces particules odorantes doivent être infiniment plus petites que celles du phosphate d'ammoniaque dont on ne perçoit qu’un millionième de grain ; les nerfs n'en transmettent pas moins au cerveau de l'animal une impression qui se traduit par des actes extérieurs (1). »

1. H. Bourru et P. Burot. — La siiggeslioii mentale, etc., pp. 294 et suiv.

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Ces considérations permettent de comprendre les actions psychiques attrilinées à certaines substances par beaucoup d’anciens auteurs.

« J’étais persuadé, dit Yan Helmont (1), que les poisons peuvent être des remèdes utiles lorsqu’on sait les doser et les appliquer à propos. Je voulus, en conséquence. Taire des expériences sur le napel (2). En ayant préparé grossièrement une racine, je la goûtai du bout de la langue ; je n’en avalai point et crachai beaucoup. Cependant il me sembla d’aliord que ma tète était seiTée par un bandeau, et l)ientôt il m’arriva une chose fort singulière et dont je ne connaissais aucun exemple. Je m’aperçus avec étonnement que je n’entendais, ni ne savais et n’imaginais plus rien par la tète, mais que toutes les fonctions qui lui appartiennent ordinairement étaient transportées autour du creux de l’estomac. Je le reconnus clairement, distinctement ; j’y lis la plus grande attention. Ma tète conservait le mouvement et le sentiment ; mais la faculté de raisonner avait passé à l’épigastre, comme si mon intelligence y eût établi son siège. Frappé d’admiration et de surprise de ce mode insolite de sensation, je m’étudiai moimême avec soin ; je me rendis compte de ce que j’éprouvais, j’examinai toutes mes notions et je reconnus que, pendant tout le temps que dura

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