Société médico-psychoL, séance du 10 mai
2. C’est là, du reste, l’opinion professée dans VEncyclopédie ihéologiqiie de Tabbé Migne. Lycanthropi minime mutantur in lupos, sed mutaios sese credunt in phrenesia. Rara hæc stiiltitia^ sed antea commiinior, quando sorciaj'ii utebantiu' quodam linimenio unguam magicam vocato, qiiod fiehat succis l'enenosis et somniferis, (Dict, des miracles, t. II, p. 550, note 682).
glands, des faînes et le fruit du cornouiller, mets habituel des ])Ourceaux qui couchent sur la terre.
Ulysse, mis à l’abri des enchantements de Circé par la vertu de Therbe appelée molli que lui donne Mercure, força Circé à lui délivrer ses compagnons. « Circé traversa le palais, tenant à la main sa baguette, et ouvrit les portes de rétable, puis elle en lit sortir mes compagnons qui ressemblaient à des porcs de neuf ans. Ils s’arrêtèrent devant nous ; la déesse allant de Tun à l’autre, appliquait sur chacun une drogue (9ap[j.a>tov). Aussitôt les poils qu’avait fait pousser le breuvage funeste offert par l’auguste Circé tombèrent de leurs membres et ils redevinrent hommes, mais plus jeunes, plus l)eaux et plus grands qu’ils n’étaient auparavant. »
Virgile parle d’hommes transformés en loups par la vertu des plantes.
lias herbas^ atqiie hœc Ponto rnihi lecta venena Ipse dédit Mæris: nascimtur plurima Ponto.
HLS ego sæpe liipum fieri et se condere sylvis Mœrin, sæpe animas imis excire sepulcris...
Eglog. VIil
Quant à Pline, il n’ose y croire : Homines in luposverti, rarsiimqae restitui sibi, falsum existimare debemus aut cvedere omnia qiiæ fabulosa secLilis comperimiis (VIII, 22) (1).
1. Saint Augustin a consacré un chapitre de sa Cité de Dieu A l’examen de ces métamorphoses (liv. XVIII, ch. vviii).
« Dirai-je qu’il faut refuser toute croyance à ces prodiges ?
ACTIONS PSYCHIQUES DES ÉMANATIONS 83
Quelle que soit ropinion que Ton ait sur la réalité du sabbat, on ne saurait nier que beaucoup de sorciers n'ont assisté qu'en iina^inàtion aux scènes infernales dont ils aflirinaient la réalité au milieu môme des tortures.
On a composé des onguents avec les substances indiquées par eux et on a constaté que les personnes qui s'en frottaient ne tardaient pas à s'endormir d un sommeil factice tout agité de rêves conformes à leurs préoccupations et dont ils conservaient le souvenir au réveil ; l'un des épisodes les plus constants de leurs
Mais, encore aujourd'hui les témoins ne manqueront pas pour affirmer que de semblables faits ont frappé leurs yeux et leurs oreilles. N’avons-nous pas nous-même, pendant notre séjour en Italie, entendu raconter qu’en certaines . parties de cette contrée, des femmes, des hôtelières initiées aux pratiques sacrilèges, célaient secrètement dans un fromage offert à tels voyageurs qu’il leur était loisible ou possible, des substances propres à les transformer soudain en bêtes de somme qu’elles chargeaient de leurs bagages. Cette tâche accomplie, ils revenaient à leur nature ; et toutefois cette métamorphose ne s'étendait pas jusqu’à leur esprit; ils conservaient la raison de l'homme, comme Apulée le raconte lui-même dans le récit ou la fiction de l’Ane d’or, quand un breuvage empoisonné l’a fait devenir âne en lui laissant sa raison.
« Un certain Prœstantius racontait que son père ayant goûté par hasard, dans sa maison, de ce fromage empoisonné, il était demeuré sur son lit comme endormi, mais sans qu'il fût possible de réveiller. Revenu à lui-même, quelques jours après, il raconta comme un songe ce qui venait de lui arriver : il était devenu cheval et avait, en compagnie d’autres bêtes de somme, porté aux soldats des paquets de vivres. Le fait s'était passé comme il racontait, et ce fait ne lui paraissait qu'un songe...
« Ces faits nous sont parvenus non sur l’attestation de gens
songes était le transport à travers les airs (1). Ces onguents, dont Porta et Cardan ont donné des Ibrinules (2), ditféraient nn peu suivant les pays, mais ils avaient pour base essentielle des sucs de plantes telles que Paehe, la jusquiaine, la ciguë, le pavot, la belladone, la morelle turieuse, Paconit, la berle, la quinteleuille, Pacorum, la feuille de peuplier combinée avec de la graisse de petits enfants, des débris de momies, etc. (3).
quelc(inques à qui il nous semblerait indigne d’ajouter foi mais d’hommes que nous jug:eons incapables de nous tromper. Ainsi, ce que la tradition ou les monuments littéraires nous racontent des prestiges des dieux ou plutôt des démons, de ces métamorphoses habituelles d’Arcadiens en loups et des enchantements de Gircé, tout cela a pu se faire de la manière que je viens de dire, si toutefois cela a eu lieu. »
1. Porta {May. Naiiir., lib. II, cap. 26) et Fkommaxx {Tract, defascin., p. 562, 568,569) rapportent que deux sorcières, ainsi endormies, avaient annoncé qu'elles iraient au Sabbat et qu’elles en reviendraient en s’envolant avec des ailes ; toutes deux crurent que la chose s'était ainsi passée et s’étonnaient qu’on leur soutînt le contraire. L'une même, en dormant, avait exécuté des mouvements et s’était élancée comme si elle eût voulu prendre son vol.
2. Porta. L. c. — Cardan» De snbtilitate, lib. 18. — Voyez aussi WiERUS. De Præstig.,,hh. II, cap. xxxvi.