‹ Les frontières de la science. 2e sérieChapitre 16 sur 46 · Voici la recette et la théorie de Cardan · texte numérisé non relu

Voici la recette et la théorie de Cardan

« La mélisse donne une qualité d'esprit et rend l’homme joyeux en chassant dehors chagrin et riote. Semblablement, mangée après le repas, elle faict les songes joyeux, comme les choux les rendent tristes, comme les phaséoles les rendent turbulents; les aulx et les oignons les font terribles. De ce vient l'opinion d’aucunes femmes qui sont dies Lamiæ (on peut les appeler fées), lesquelles nourries du suc de pavot noir, dit opium, de chastagnes, fèves, oignons, choux et de pha-

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Paolo ^Nliniicci, jiiTisconsulte de Florence, vivant au xvif siècle, André Lai<iina, médecin du pape Jules III, Bodin, Alciat, le cardinal (^ajetan, Pierre Béiny et Gassendi, relateni également dans leurs oin rages des expériences

séoles, semblent, en sonjjeant, voler en diverses et plusieurs régions, et illec estre tourmentées en diverses manières selon la température de chacune. Elles sont aidées contre tel songe d’un onguent dont elles s oignent tout le corps. Cet onguent, comme on estime, est composé de la grosse de petits enfants tirée hors et prise aux sépulchres, du suc de persil et de réagal, aussi du noir faict de l’herbe quintefueille, dicte pentaphylle. C’est chose incrédible combien et quantcs choses ces femmes se persuadent voir: aucunes fois choses joyeuses, théâtres, jardins, pescheries, vestements, ornements, danses, beaux jeunes enfants, et se coucher avec ceux de telle genre qu elles désirent ; elles pensent voir les rois, les magistrats avec leurs satellites, toute gloire et pompe du genre humain, et autres plusieurs choses excellentes, comme l’on voit aux peintures, plus grandes que nature ne peut faire ne donner; au contraire, quelquefois elles pensent voir des choses tristes, corbeaux, prisons, déserts, tourments. Et ceci n’est de merveille, quoiqu il soit vénétique, car on peut le réduire aux causes naturelles. — Certainement, j'ay souvent expérimenté l’onguent qui est appelé populeum pour les branches de peuplier, appliqué aux artères des pieds et des mains (et est, selon aucuns, appliqué sur le foyc et aux artères des temples provoquer le dormir et montrer songes joyeux en la plus grande partie de ces choses, pour ce que le suc de ces branches et fueilles nouvelles du peuplier réjouit l'esprit et démontre quelques images représentées par la clarté et couleur ; car il n'est aucune couleur plus délectable que la verde. »

L'onguent populeum, encore en usage dans la pharmacie, se compose de feuilles fraîches de pavot, de belladone, de jusquiame et de morelle, triturées dans l'axonge avec des bourgeons de peuplier récemment séchés ; on l'emploie comme topique calmant.

faites jiar eux-mêmes ou en leur présence et (pii UC laissent aucun doute à cet é^ard.

I/cllet salulaire de la simple apiilicalion de métaux sur la peau de certaines personnes alfectées de maladies diverses a été constaté aussi depuis l’antiipiité. Aristote, (lalien, Paul d’Egine, Actius, Alexandre de Tralles, Paiacelse en ont fait mention. L’or et 1 aimant étaient les plus actifs.

Au milieu de ce siècle, le !)■• Burg sc livra à des études systématiques qui peuvent se résumer dans les trois proportions suivantes :

« L’application de plaques métalli(|ues sur une partie limitée de la surface du corps est capable de faire cesser les paralysies de la sensibilité et de la motilité produites par l’hystérie.

« Le même métal ne convient pas à tous les sujets indistinctement ; mais l’idiosyncrasie particulière à chaque individu exige l’emploi d’un métal spécial, variable par conséquent, mais sans règles déterminées.

« L’emploi, à l’intérieur, du métal, sous fornl<^ d’eaux miiiérales ou d(‘ ju-éparations pharmaceutiques, produit les mêmes elfets tbérapeuti(pies que par son api)lication à la surface de la peau. »

Naturellement, ces aftirmations furent fort discutées ; mais on arriva non seulement à reconnaître cpie les phénomènes étaient bien objectifs, c’est-à-dirc dus à une action propre

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aux métaux, mais que plusieurs espèces de bois [lossédaieiit également des cpialités eslhésiogèiies, D’ajirès les expériences de Benett, \\ estjiliall et Dujardin-Beaumetz, c’est Técorce de quiiKjuina jaune qui viendrait en première ligne et serait même plus actif que les métaux ; puis, le thuya, le bois de rose, racajou, le noyer, l’érable et le pommier. Le palissandre, le frêne, le peuplier, le sycomore resteraient sans elfet, <pielle que soit la durée de leur application.

Schitf et Maggiorani conlirmèrent la réalité de ces phénomènes en montrant qu’ils se produisaient également chez les animaux.

Ils les expliquèrent en disant que les divers corps actifs étaient animés de vibrations moléculaires très rapides pouvant se transmettre à rorganisme humain même à travers des substances inertes ou non conductrices de l’électricité, comme la cire, la soie, le caoutchouc, etc.; ils ajoutaient que ces vilirations ne jiouvaient avoir d’ellet que quand elles se trouvaient en certain rapport avec les vibrations propres à l’organisme soulfrant, vibrations extrêmement dilférentes suivant la nature de la maladie cl l’état momentané du malade. D’où il résulte <iue l’expérience seule peut décider si tel métal ou tel bois sera efticace sur une personne déterminée.

Pour prouver l’inlluence prépondérante de l’action vibratoire, Maggiorani avait déterminé, chez des hystériques non anesthésiques, une diminution de la sensibilité en mettant en vibra-

tion vin diajiason üxc sur une caisse harmoiii- (|iie en liois, assez «grande pour que l’avant-bras et la main puissent y tenir sans toucher la paroi; Scliill*montra que si raction des métaux ne se produisait qu’au contact ou à une petite distance, celle des aimants pouvait s’exercer jus(|u’à une distance de six mètres.

En lS8o, MM. les docteurs Bourru et Burot, ])rolesseurs à l’Ecole de Médecine de Rochefort, liriuit faire à la question un pas considérable. Il y avait, à cette é[)oque, à l’iuqiital de Rochefort, un jeune soldat de l’infanterie de marine, âgé de vingt deux ans, aflligéde crises hystéroépileptujues à la suite descpielles il était para- Ivsé et insensilile de toute la moitié du corps. On eut l’idée d’essayer, poiii* combattre cette inlirmité, rap[)lication sur la peau de plaques métalli(]ues suivant la méthode de Burg. Le zinc, le cuivre, le platine, le 1er furent sensiblement actifs, quoique à des degrés inégaux ; mais l’action de l’or fut particulièrement frappante, car non seulement un objet d’or, au contact de la peau, produisait une liriilure intoléralile, mais encore, à une distance de 10 à 15 cenliniètres, la brûlure élail ressentie, même à travers les vêlements, même à travers la main fermée de Vexpérimentateur. Le mercure^ dans la boule d'un thermomètre approché de la peau, mais sans contact, déterminait de la brûlure, des convulsions et une allraetion du memlire. Le chlorure d’or, dans un llacon bouché à l’émeri, ajiproché à

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([uelques centimètres, avait une action fort analogue à celle de Tor métallique ; mais, en approchant du sujet un cristal d'iodure de potassium, il se produisit des bâillements et des éternuements répétés. On avait dès lors l’action physiologique connue de l’iodure de potassium irritant la muqueuse nasale. C’était un résultat bien imprévu, et on fut encore bien plus surpris quand on vit l’opium faire dormir, par simple voisinage.

Après plusieurs mois de recherches ininterrompues et de prudente réserve, ÎNIM. Bourru et Burot ont eu la bonne fortune de rencontrer un second sujet hystéro-épileptique. C’était une femme âgée de vingt-six ans, insensible de toute la moitié droite du corps et, par contre, d’une sensibilité excessive à gauche, où le contact ne pouvait être supporté. MM. Bourru et Burot avaient donc entre leurs mains deux sujets à peu près identiques et sur lesquels ils pouvaient établir les expériences de contrôle les plus diverses. Les résultats furent, à peu près, les mêmes chez les deux malades.

Ne craignant plus alors de se compromettre en donnant de la publicité à des expériences hâtives, incomplètes et douteuses, même pour eux, ces observateurs prièrent le directeur de l’Ecole de médecine navale de Rochefort, M. le docteur Duplouy, de vouloir bien assister aune expérience de contrôle. L’expérience fut décisive etconcluante. Unllacon contenant dujaborandi, apporté par un assistant et approché du

LES KRONTIÈHES DE LA SCIEXCE

sujet ])ai‘ une autre personne, détermina prescpie immédiatement de la salivation et de la sueur, liien plus, un expérimentateur, ayant dans sa [)Ocliedeux llacons de même grandeur, envelop |)és de papier, et voulant mettre le sujet sous l’inlluence de la cantharide, le vit partir comme s’il était iniluencé par la valériane ; on constata alors <pi’au lieu de présenter le flacon de cantharide, comme il en avait l’intention, il avait présenté le flacon de valériane. Tons les s|)ectateurs furent convaincus.

l)ei)uis ce moment, un des s’'jetsa été transféré à l’asile de Lafond (La Rochelle), où M. le docteur Mahille, directeur de l’établissement, a répété, avec succès, ces diverses expériences.

MM. Bourru et Rurot, après ])ien des tâtonnements et des essais, sont arrivés à fixer la mélhode expérimentale à employer. On pourra consulter à cet égard le livre (pi’ils ont publié sous le titre : La suggeslion mentale et T action à distance des substances toxiques et médicamenteuses. (Paris, Baillière, 1887).

Voici leurs principales constatations :

l^a substance parait agir à cpielque poiivt du corps qu’elle soit présentée, mais il semble que l’action est plus rapide ipiand l’application se fait près de la tète et que le sujet est à l’état de veille.

Tous les narcoti(pics font dormir, mais pour chacun d’eux le sommeil a un caractère pro pre. Avec Vopium, le sommeil est lourd et le réveil ne peut être provoqué ; le sujet, en se

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réveillant, est fatigué et éprouve de la pesanteur de tète. Avec le chloral, il est plus léger et peut faeileinent se dissiper. La morphine détermine un sommeil analogue à celui de ropium et (pii peut être atténué par Tatropine. La narcéine [iroduit un sommeil spécial avec salivation ; le réveil est bruscpieet le regard anxieux. Le sommeil de la codéine de la thébaïne et de la narcoline s’accompagne de convulsions plus ou moins généralisées.

Les vomitifs et les purgatifs ont aussi, dans leurs elfets, des dilférences sensibles." Uapomorphine détermine des vomissements très abondants, sans elfort, suivis de céphalalgie et de tendance au sommeil. Uipéca produit de la salivation, des vomissements très abondants avec goût spécial à la bouche. émétique amène surtout des nausées avec état de prostration. La scammonée détermine des contractions intestinales appréciables pour Texpérimentateur.

Les alcools ont présenté des actions bien nettes. Ualcool de vin, sous ses dillërentes formes, a toujours donné une ivresse gaie (1) ; Valcool de grains, au contraire, une ivresse furieuse et une véritable scène de rage. L’a/-

1. Le c/jampa(/7ie produit une ivresse gaie avec sautillement, excitation génésique et sensibilité extrême pour la musique, surtout chez le sujet femme : un air gai la transporte, un rythme triste la fait fuir.

L'ammoniaque suspend ou arrête l'ivresse, suivant la durée de son application.

déhijde a dctcrininé presijue instantanément un état de prostration complète, avec respiration stertoreuse, impossiliilité de parler et ligure hébétée, l/absinthe a donné une paralysie des jambes, et la chartreuse une ivresse furieuse qui paraît devoir être attribuée aux essences.

Les essences produisent, en elfet, généralement, quand elles sont j)ures ou concentrées, une grande excitation se manifestant jiar des contorsions et des grands mouvements avec hallucinations tristes. Ainsi, avec Vessence de lavande,c,'c^\, un liateau qui va au fond de beau ; Vessence d'anis donne riiallucination de saltimbanques que le sujet cherche à imiter. Au contraire, diluées dans beau, elles produisent des mouvements plus lents avec hallucinations gaies. Avec Veau d'anis, la femme se met à genoux, les mains en bair, comme si elle cherchait à saisir un objet ; elle voit un bel oiseau bleu dont elle veut s’emparer. IVessence de menthe diluée produit chez la femme une hallucination voluptueuse bien dillèrente de celle de la cantharide, dont nous parlerons plus loin; c'est une extase amoureuse avec ' enla cements ; un sommeil très calme et prolongé lui succède.

Les antispasmodiques ont donné des actions bien imprévues. Ueaii de fleur d'oranger, le camphre, se sont montrés de véritables calmants en jirovoquant un sommeil tout à fait naturel. Le camphre a, en outre, la propriété très carac-

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téristique de dissiper instantanément tonte contracture (l).

Ueaii de laurier-cerise a déterminé chez la femme des phénomènes si surprenants qu'on les a étudiés à plusieurs reprises et analysés dans tous leurs détails. C’est d’abord une extase relig^ieusc, qui commence presque instantanémenl et qui dure plus d’un quart d’heure. ()uelques secondes après l’application de la substance, les yeux regardent en haut, les bras se lèvent très lentement, les mains tendues vers le ciel ; la figure extatique respire la béatitude; les yeux sont mouillés de larmes. La position cliange ensuite et est en rapport avec un olqet invisible qu’elle ne quitte plus des yeux ; les mouvements sont très lents ; elle tombe à genoux, la tète se lléchit, les mains se rappro client des lèvres ; elle est dans l’attitude de la prière. Bientôt elle se prosterne en adoration ; elle pleure, la tète touchant à terre. L’ex pression de la physionomie varie : elle est en rapport avec l’attitude, qui est celle de l’adoration, de la supplication, de la prière et du repentir. Plus tard, elle se renverse en arrière, s’étend à terre, les bras ramenés sur la tète ; en ce moment surviennent des mouvements convulsifs des muscles thoraciques et du dia-

1. Avec un petit flacon de camphre on enlève la contracture d'un muscle en présentant le flacon près de cette partie ; si la contracture est générale on la fait disparaître en promenant le camphre autour de la tête.

ph l’a^^me ; l’expression de la physionomie est celle de la douleur. Enlin survient un sommeil calme. Quand elle est encore sous rinlluence de cette hallucination, on ta somnambulise et on lui demande ce qu’elle vient de voir. Elle répond qu’elle a vu Marie, la sainte Vierge, vêtue d’une robe bleue avec des étoiles d’or, les cheveux blonds et une belle ligure rosée, si bonne et si douce qu’elle voudrait toujours la voir. Malheureusement, elle n’est pas de sa religion (cette l’emme est israélite). Marie lui a reproché la vie de désordre qu’elle menait; elle lui a dit de prier jusqu’à ce qu’elle change de conduite ; elle lui a donné sa bénédiction ; enlin, elle l’a renversée en arrière i)arce <pi’elle était pécheresse. A son réveil, le sujet se moque des personnes qui hii parlent de la Vierge.

(k‘ tableau avivement frappé les observateurs. Ils étaient loin de s’attendre à une extase d’ordre religieux chez une lille de mauvaise vie et surtout israélite. Aussi on a répété l’expérience bien souvent, et toujours avec le même résultat, meme sur une autre jeune femme <pii était simplement hypnotisable.

Tout d’abord on a cru (pic c’était l’acide cyanhydrique contenu dans l’eau de lauriercerise (jui produisait l’extase.

L’acide cyanhydricpie, en solution dans l’eau à faible dose, a déterminé d’emblée des convulsions tboracicpies. L’huile volatile de lauriercerise, diluée dans l’eau, a déterminé immé diatement l’extase sans produire les convulsions

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terniiiiales ; la vision est la même : c’est toiijouTs la Yierj^^e. L’analyse physiologique de l’eau de laurier-cerise était donc faite ; riiuile essentielle étendue produisait l'extase et l’acide cyanhydriipie les convulsions.

Pour comjiléter cette analyse, il restait à essayer Vessence de mirbane ou nitro-benzinc ([ui a la même odeur que l’eau, de laurier cerise, mais qui a une composition diHérente.

L’essence de mirbane, diluée dans l’eau,, détermine, chez la femme, des secousses cou vulsives dans tout le corps ; les yeux sont à demi ouverts. Bientôt on observe un tremblement rythmé du bras droit ; puis le bras se levé, comme si le sujet exécutait un dessin ; la tête se soulève légèrement ; parfois il se produit un léger tremblement du liras gauche. Elle dit ([u’elle vient de faire un dessin ; l’hallucination est donc toute dilférente, bien qiu‘ l’odeur soit la même.

(]hez l’homme, l’eau de laurier-cerise n’a pas déterminé l’extase, mais des convulsions^ thoraciques presque immédiates, hoquet, sali vation et picotement de la poitrine. L’huile volatile de laurier-cerise n’a produit que de l’excitation sans extase. L’essence de mirbane a donné les convulsions des bras avec la même hallucination de la leçon de dessin.

Ij^vcdériane, généralement considérée comme calmant, a produit sur les deux sujets une violente excitation avec phénomènes bizarres analogues à ceux qu’elle produit chez le chaL

Le sujet fait des luoiivements de manège avec renittements ])iTiyaiits ; il gratte la terre avec les deux mains, fait un trou et cherche à y mettre le visage. Si on cache un flacon de valériane, il le cherche en reniflant ; arrivé près du flacon, il se jette sur lui, gratte la terre et recommence la scène. Le flacon, caché de différentes manières, a toujours été retrouvé ainsi, parfois hors de la volonté de Texpérimentateur.

Des feuilles et des fleurs fraîches de valériane produisent les mêmes effets, mais moins aceentués. Le valérianale (Tammoniaque de Pierlot n^a produit que le sommeil ou la tendance au sommeil.

La cantharide produit d’abord de la somnolence, puis la face des sujets prend un aspect voluptueux et leur corps est animé alternativement de mouvements passionnels de reptation et de rotation différant suivant le sexe. Tous ces mouvements sont très lents et onduleux.

Le camphre fait immédiatement cesser Taction de la cantharide, action qui se reproduit si on approche un flacon de cantharide et qui cesse si on approche de nouveau un flacon de camphre.

Quelques mois après, ISl. le Dufour, directeur de Tasile des aliénés de Saint-Robert (Isère), reproduisait devant moi une partie de ces expériences sur un de ses malades nommé T...

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Voici ce ([iii s’cst passé (l) :

« Effet de Vipéca, — Un 2 ^rainine d’ipéca a été plié dans du papier et placé sur le milieu de la tète de T... ; un cliapeau à haute forme l’a recouvert ensuite, pour diminuer les émanations odorantes, autant que possible.

« Au l)out de deux minutes, T... est devenu rou^ 2 :e, a accusé un certain malaise, puis des nausées, des réü^ur^itations, et il aurait vomi si on ne lui eût enlevé le paquet d’ipéca.

« Ces malaises ont cessé immédiatement apres.

«Dans une expérience précédente, T... avait vomi et était allé à la selle, par l’application successive, sur la tète et le ventre, d’un paquet d’ipéca.

« Effet de Vatcoot, — Un llacon d’alcool, [)lacé dans les mêmes conditions, a déterminé un malaise général, de l’alfaiblissement, de riiéliétude et un état de torpeur manifeste ; le tout cessant presque instantanément après l’en- Icvement du llacon.

« Effet de Vatropine. — Un paquet d’atropine produit une dilatation légère des pupilles, une sensation de constriction et de sécheresse à la gorge, et un relâchement musculaire général.

T... ne peut plus se tenir, l’excitahilité neuromusculaire, les réllexes ont disparu. Il est lucide et répond très bien aux questions. — Il est

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