J ai répété les expériences quinze ou vinjçt fois pendant
ACTIONS PSYCHIQUES DES ÉMANATIONS 109
Ainsi Vorigan blanc (1) a toujours provoqué la gaîté surtout dans les souvenirs et les projets. De même l’écorce du bois-gentil (^) qui poussait surtout à la loquacité. Le boulon d'or (II) amenait le rire.
La sauge porte Benoît à la tristesse (^) ; le safran lui donne de l’appétit. Sous rintluence de la graine d'ellébore (5), il distribue des conseils aux uns et aux autres et se trace à luimême un plan d’existence. La mélisse a produit tantôt la gaîté, tantôt la tristesse.
Je n’ai point reconnu d’action dillérente pour toutes CCS plantes suivant qu’on les présentait à droite ou à gauche de la tête du sujet, ains
rétc de 1S86 et j'ai toujours obtenu les mêmes résultats. En janvier 1887, j'ai voulu vérifier quelques détails et je n'ai plus obtenu aucun elïet, probablement parce que les plantes dont je me servais étaient desséchées ; l'action des essences et des plantes fortement odorantes comme le thym est, en effet, restée la même.
1. h'origan ou dictame de Crète passait chez les Grecs pour guérir merveilleusement les blessures. On racontait que sa puissance avait été révélée à l'homme par les chèvres blessées qui, instinctivement, allaient brouter cette plante.
2. Le hois-gentil est le daphné mezereiim des botanistes et probablement le smilax taxiis des latins.
3. Le boulon d'or de nos pays est une renonculacée de la famille de l'herbe sardonique à laquelle les anciens attribuaient le pouvoir de provoquer le rire. Ce nom de sardonique provient de ce que l'herbe est très commune en Sardaigne, et c’est par extension qu’il a été appliqué à une espèce de rire.
4. La sauge passait, chez les Egyptiens, pour donner la fécondité aux femmes.
5. On sait que les anciens donnaient cette plante en breuvage pour guérir la folie.
(|iie l’a indiqué M. Luys dans une cominniiica- 1 ion faite à la Société de Biologie.
La graine de jiisqiiianie a provo([ué la gaîté ; la racine^ d’abord la tristesse puis la colère.
Les anciens donnaient à une variété de ce végétal le nom de fève de porc, parce (jue les porcs, quand ils en mangent, sont saisis d’une sorte de fureur que la mort suivrait bientôt s’ils ne couraient se jeter dans l’eau (Aelianls, Varia Hist,, 1. VII).
On trouve dans le Dictionnaire de médecine de l’bnicyclopédie méthodique (tome VU, art.
Jasqiiiame) un certain nombre d’anecdotes prouvant que la jusquiame provoque bien la colère. La plus saillante est celle de deux époux qui vivaient depuis longtemps dans la plus parfaite harmonie : il arriva un jour (jii’ils se querellèrent dans la chambre où ils travaillaient ensemble ; ils eurent de fréquentes envies de se battre. Au sortir de leur travail, ils se regardèrent honteux et confus de leurs emportements. Le lendemain et les jours suivants, mômes dispositions à la rixe ; ils ne pouvaient rester une demi-heure dans cette chambre sans s’invectiver, se menacer. Les émanations qui s’échappaient d’un paquet de graines de jus- (piiame, placé près d’un tuyau de poêle, étaient la cause de ces querelles journalières.
Debay (l) rapporte que deux individus ayant