‹ Les frontières de la science. 2e sérieChapitre 36 sur 46 · Newton. Principia^ III · texte numérisé non relu

Newton. Principia^ III

que la matière animée puisse agir à distance », ou bien « Il est concevable que la matière inanimée puisse agir à distance par intermédiaire. » La première formule renonce à une solution scientifique et suppose la matière animée, comme l’a fait d'abord Maupertuis et récemment Zœllner. La dernière formule reste dans le cadre des sciences naturelles et implique une conception qu’on trouve déjà chez Newton. Celui-ci supposait l’espace partout occupé par une matière, l’éther, véhicule des phénomènes tels que chaleur, lumière, gravitation^ électricité, etc. Avant meme la publication de son ouvrage, il écrivait à Boyle : « C'est dans l’Kther que je cherche la cause de la gravitation. » De même que la loi de la gravitation n’a pu être découverte que par la généralisation d’une loi terrestre^ de même nous ne pouvons découvrir la cause de la gravitation qu’en donnant une valeur cosmique à une force terrestre agissant à distance. La science astronomique ne devient une possibilité humaine qu’en présupposant l’universalité des lois terrestres ; car celles- ci seules sont accessibles à une vérification expérimentale.

11 existe une force terrestre agissant à distance, qui nous paraît appropriée à l’explication de la gravitation: c’est l’électricité. Dans un mémoire sur « Les forces qui régissent la constitution intérieure du corps » publié en 1836 et reproduit par Zœllner (1)^ Mossoti a déjà fait ressortir que la gravitation peut être considérée comme une des conséquences qui régissent les lois de la force électrique. Faraday voulait déterminer expérimentalement les relations qui pouvaient exister entre la gravitation et l’électricité. Il partait de cette prémisse que, si ces relations existent, la gravitation

1 ZoELLXER. Wissenschaftl. Ahhandl. 417-159.

LA^LÉVITATION DU CORPS HUxMAIN i83

devait renfermer quelque chose qui correspondrait à la nature duale et antithétique des forces électromaqnétiques. Il avait bien reconnu (1) qu’au cas où une semblable qualité existerait « il n’y aurait pas d’expressions assez fortes pour faire ressortir l’importance de ces relations. » En effet ce serait là un fait d'une importance tout à fait extraordinaire, car alors la pesanteur ou gravitation se présenterait à nous comme une force modifiable sous certaines conditions, et sa démonstration aurait pour la science une valeur plus grande que toute autre découverte. Les expériences de Faraday ne donnèrent pas, il est vrai, de résultat positif, mais ce physicien n’en conserva pas moins la ferme conviction que ce rapport existe. 11 est fâcheux que Faraday n’ait pas cherché à découvrir ces relations là où elles existent réellement, c’est-à-dire dans les phénomènes de lévitation de l’occultisme.

En 187*2^ Tisserand a fait de son côté à l’Académie des sciences (2) une communication sur : « Le mouvement des planètes autour du soleil d’après la loi électro-dynamique de Weber. » Il a prouvé que les mouvements des planètes s’expliquent aussi bien par la loi de Weber que par celle de Newton, et que cette dernière n’est qu’un cas particulier de la précédente. Plus récemment Zœllner est revenu à cette idée : « La loi de Weber, dit-il, tend à se dévoiler à l’esprit humain comme une loi générale de la nature, régissant anssi bien les mouvements des astres que ceux des éléments matériels... Les mouvements des corps célestes s’expliquent, dans les limites de notre observation, aussi bien par la loi établie par Weber

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