‹ Les frontières de la science. 2e sérieChapitre 39 sur 46 · Zœllxer. Wissensch. Abhandl. II · texte numérisé non relu

Zœllxer. Wissensch. Abhandl. II

lion électrique, mais que par le changement de signe de Télectricité, la gravitation peut être changée en lévitation et réciproquement. Il en résulte pour la science la possibilité de modifier ou d’abolir la pesanteur dans des conditions soumises à des lois. Si la science réussissait à déterminer ces conditions et à en faire l’application technique aux mystères de la nature, la vie humaine s'en trouverait modifiée plus profondément que par toutes les découvertes faites jusqu’à ce jour. L’hypothèse de Faraday attribuant à la gravitation le caractère antithétique de l’électricité serait vérifiée ; nous pourrions l’appliquer, et, du même coup, les phénomènes de lévitation si nombreux dans l’occultisme perdraient leur caractère paradoxal....

La lévitation du corps humain iFest qu'un cas particulier du phénomène qui consiste à modifier Fattraction exercée par la terre sur les corps qui se trouvent à sa surface. On vient de voir que, suivant Fhypothèse du savant allemand, l'organisme humain serait susceptible de dégager une force capable d'agir en sens inverse de la pesanteur.

J'ai déjà eu l'occasion de citer, soit dans le présent article, soit dans l'étude que j'ai publiée en 1897, un certain nombre de faits confirmant cette hypothèse; je vais en rappeler quelques autres.

Beaucoup de magnétiseurs affirment qu'on

peut rendre un objet lourd ou léger en le magnétisant (1).

Allan Kardec rapporte, dans le Livre des Médiums, qu"il a vu plusieurs fois des personnes faibles et délicates soulever avec deux doigts, sans elfort et comme une plume, un homme fort et robuste avec le siège' sur lecpiel il était assis, cette faculté étant du reste intermittente chez les sujets. Il y aurait là un phénomène du même ordre qu"on peut rapprocher de Texpérience suivante rapportée par le célèbre physicien David Brewster, membre de la Société royale de Londres, dans une de ses Lettres à Watter Scott sur ta Magie naturelle :

« La personne la plus lourde de la société se

1. Nous affirmons, dit M. de Mirville {Des Esprits, éd. de 1858, P. 300), que nous-mcme, sur un simple signe que nous transmettions à un magnétiseur, son somnambule, porté sur nos propres épaules, devenait à notre volonté infiniment plus léger ou nous écrasait de tout son poids ; et nous vous affirmons encore que, sur un simple signe de nous à son magnétiseur, placé à l'autre extrémité de la chambre, ce somnambule, dont les yeux étaient hermétiquement bouchés, se laissait rapidement entraîner, ou bien, obéissant à notre nouvelle intention, demeurait tout à coup si bien . cloué sur le parquet, que, courbé horizontalement et na. reposant plus que sur l’extrémité de la pointe des pieds, tous nos efforts (et nous étions quatre) ne le faisaient plus avancer d'une seule ligne : « Vous attelleriez dessus six chevaux, nous disait le magnétiseur, que vous ne le feriez pas bouger davantage. »

D'après les Bollandistes, Saint Vincent Ferricr prit un jour dans ses mains et plaça sur un char une pièce de bois que six hommes auraient eu de la peine à soulever. Une autre fois, il fit porter au couvent par un éclopé et sans fatigue une poutre qu'une paire de bœufs n’aurait pu traîner.

concile sur deux chaises de telle façon que le bas de ses cuisses repose sur Tune et les épaules sur Tautre. Quatre ])ersonnes, une à chaque pied et à chaque épaule, cherchent à la soulever et constatent d'abord que la chose est très dilFicile. Quand elles ont repris, toutes les cinq, leurs positions primitives, la personne couchée donne deux signaux en frappant deux fois les mains Tune contre l'autre ; au premier signal, elle et les quatre autres aspirent fortement ; dès (]ue les poumons sont j)leins d’air, elle donne le second signal pour l'élévation, qui se fait sans la moindre dillicidté, comme si la personne soulevée était aussi légère qu'une ])lume.

« J’ai eu plusieurs fois l'occasion de remarquer que, lorsqu'une des personnes qui soulevaient n’aspirait pas en même temps que les autres, la partie du corps qu'elle s’elforçait de soulever restait au-dessous des autres.

« Bien des personnes ont joué successivement le rôle de porteur ou de porté ; elles ont toutes été convaincues que, par le procédé que je viens de décrire, ou bien le poids du fardeau était amoindri, ou bien la force des porteurs était augmentée.

« A Venise, la même expérience fut répétée dans des conditions encore plus étonnantes.

L'homme le plus lourd de la société fut élevé et porté à l'extrémité de l'index de six personnes. Le major H... déclare que l’expérience manque quand la personne à élever est couchée sur une planche et que l'eifort des autres

s’exerce sur cette planche. Il considère comme essentiel que les porteurs se trouvent en contact immédiat avec le corps humain à élever.

L’occasion m’a manqué pour vérifier ce fait par moi-mème. »

Il y a une trentaine d’années, on parvint à constater, à l’aide d’appareils mécaniques, ([ue certaines personnes pouvaient produire des variations dans le poids des corps par leurs propres émanations, et, au mois d’aoùt 1855, le D" Robert Hare, professeur émérite de chimie à l’Université de Pensylvanie, montrait au Congrès de l’Association américaine pour l’avancement des sciences comment il s’était servi d'une balance à ressort pour manifester une augmentation de 18 livres dans le poids d’un objet avec lequel son sujet ne communiquait qu’au travers de l’eau. La description et le dessin de cet appareil se trouvent dans l’ouvrage que le Hare publia, l’année suivante, à New-York, sous le titre : Experimental investigation. Nous ne le reproduisons pas parce que nous allons le retrouver perfectionné par sir Crookes.

A plusieurs reprises cet illustre chimiste avait été vivement sollicité de soumettre au contrôle de sa science d'expérimentateur les phénomènes attribués à des personnes habitant alors Londres. En juillet 1870, il répondit à ces demandes par un article inséré dans le Qualerlg Journal of Science (1), d’où j’extrais le passage

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