Lart de magnétiser. Paris, 1852, p
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liant deux sujets qui n^ont jamais rien vu et qui peuvent à peine répondre, quand, dis-je, j'agis simultanément sur les deux et sans penser à rien, en attaquant une partie du cerveau chez Tun et une autre partie chez Tautre, et que j'ol)tiens alors soit la gaieté sur Tiin, soit la peur sur Tautre, je suis bien forcé de reconnaître qu’il y a là aussi comme un elfet physique. »
A la suite de ces séances, de nombreuses expériences de meme nature furent réalisées en Angleterre, notamment par Spencer Hall, magnétiseur anglais célébré à cette époque ; en opérant sur des sujets magnétisés, il déterminait, par la pression de son doigt sur les parties du cerveau indiquées par Gall comme le siège de certains sentiments, la manifestation de ces sentiments.
Braid, le chirurgien de Manchester que les écoles officielles ddiypnotisme ont adopté comme leur père, décrit ainsi, dans sa A les essais qu'il fit en 1842 ;
« Mettez le patient dans l’état d’hypnotisme de la façon habituelle, étendez ses bras pendant une minute ou deux, puis replacez-les dpucement sur les genoux et laissez-le dans le repos absolu pendant quelques minutes. Placez alors la pointe d'un ou deux doigts sur le centre de l’un des organes les plus développés et appuyez doucement ; s'il ne se produit pas de changement dans la physionomie ou de mouvement du corps, frictionnez légèrement ; puis demandez au sujet, d’une voix douce, à quoi il pense.
ce qu’il aimerait, ce qu’il voudrait faire ou ce <|u’il voit, selon la fonction de l’organe que a ous mettez à l’épreuve ; réitérez les (piestions, la pression, le contact ou la friction de l’organe, jusipi’à ce que vous obteniez une réponse. Si le sujet est très apatliiipie, une légère pression sur les globes oculaires peut être nécessaire ])Our le faire parler. Si la peau est trop sensible, il peut s’éveiller ; dans ce cas il faut essayer de nouveau, attendant un peu plus longtemps. S’il est trop apathique, essayez encore, en commençant les manipulations plus tôt.
« Il faut recommencer les opéi’ations à de nombreuses reprises avec le même sujet en variant le moment du dél)ut des manipulations, car il est impossible de connaître a priori le moment précis où il faudrait commencer ; un grand nombre de cas les plus probants n’ont réussi qu’en partie ou ont échoué complètement à la première ou à la seconde épreuve. Quand l’instant est déterminé, il est ])lus facile de provoquer de nouvelles manipulations et les faits deviennent de plus en plus probants an fur et à mesure des épreuves. » (Pp- l^h-130 de la traduction du D'' Simon.)
Voici (juelques-uns des résultats qu’il a obtenus :
Une légère pression sur les os du nez fut immédiatement suivie d’éclats de rire immodérés qui cessèrent en même temps que le contact ; on obtenait des elfets très curieux en faisant chanter au patient un air grave et solennel
(jiii se transformait en éclats de rire dès qu'on le touchait de la manière indiquée, pour reprendre ensuite.
Si la pression était appliquée au menton, il y avait arrêt immédiat de la respiration avec soupirs et sanglots qui ne duraient que pendant le contact.
En touchant à la fois le nez et le menton, on avait un assemblage bizarre de rires et de pleurs.
La pression ou la friction de la circonférence des orbites produisait des spectres d'aspect brillant ou gai quand on ojiérait sur le bord supérieur, et d’aspect terrifiant quand on opérait sur le bord inférieur.
La pression sur l’organe du son produisait le désir de chanter. En pressant celui de la combativité on provoquait la colère ; en pressant celui de la vénération on amenait le désir d’étre vertueux ou de prier, etc.
Braid a constaté également (p. L17) qu'en excitant les points antagonistes des hémisphères opposés, on peut provoquer des sensations différentes dans les deux côtés du corps ; si des facultés antagonistes sont excitées du même côté, la ptas forte des deux sera seule en action. Il confirmait ainsi l'exactitude du quinzième aphorisme de Mayo dans son livre du Xervoiis System and its fmictions, où il dit ; « Chaque moitié latérale d'un animal vertébré a une vitalité séparée, c’est-à-dire la conservation de la conscience, dont une moitié est indépendante de sa conservation dans l’autre. »
Tous ces phénomènes s’obtenaient chez les sujets très sensililes, non seulement par le contact,mais encore par Vapproche d’une baguette, de verre par exemple.
liraid suppose que les idées déterminées chez le sujet, par les actions jiroduites sur les centres cérébraux indiqués par Gall, sont ducs à l’excitation des muscles <pii sont ordinairement mis en jeu dans les actes accomplis sous Tempire de cette idée.
« En stimulant, dit-il, le muscle sterno-mastoïdien et produisant ainsi une inclinaison de la tète, on amène l’idée d’amitié et de poignées de main à se développer dans l’esprit ; quand le muscle trapèze est excité en même temps, l’inclinaison latérale plus évidente de la tète maniléste un penchant plus grand, c’est à-dire l’adhésivité. La philogéniture, mettant en action les muscles droits et le muscle occipito-lrontal, suggère le bercement et [lar conséquent le désir de bercer un enfant, etc. ; la pression sur le sommet du crâne, mettant en action tous les muscles nécessaires pour maintenir le coiqis dans la position droite, excite l’idée d’une fermeté inébranlable ; la vénération et la bienveillance, produisant la tendance à se baisser et à supprimer ta respiration, créent ainsi les sentiments correspondants. Sous l’excitation des muscles de la mastication, l’idée de boire et de manger se manileste ; de la même manière, une légère pression sur le bout du nez, en provoquant des inspirations, crée le désir de quelque
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chose à sentir ; si le point de contact se trouve à la joue, sous la cavité orbitaire et au-dessus du point d’émergence de la branche sous-orbitaire de la cinquième paire, la respiration se trouve oppressée et les émotions tristes sont éveillées : tandis qu'au-dessus de l'orbite où l'on stimule la branche sus-orbitaire de la même paire, des maniléstations inverses ont lieu généralement.
Ces considérations sont fort ingénieuses — et elles sont vraies certainement pour quelques cas particuliers — mais on sent qu'elles sont inspirées à Braid surtout par le désir de ne {)oint trop s'élancer dans rinconnu.
On a prétendu (pie l'éminent obseiwateur anglais avait, sur la lin de sa vie, renoncé à ses doctrines phrénologicpies et reconnu que ses expériences avaient été entachées d’erreur par la suggestion. Je n'ai trouvé nulle part la preuve de cette assertion (pii n'a, je crois, d’autre origine (pi’une fausse interprétation du passage (pie nous venons de citer.
A peu près à la même époque, l'éminent naturaliste, sir Alfred Russel Vallace, depuis membre de la Société Royale et président de la Société d'Anthropologie, lit également dans cet ordre d'idées des expériences (ju'il ne publia (ju'en 1875 dans son livre 0/z miracles and modem spiritualism,
« Mes premières expériences en tpielquesunes des matières traitées en ce petit ouvrage datent, dit-il, de 1844, époque où j'enseignais
dans un des collèges de l’un des comtés du Centre. INI. Spencer Hall faisait alors des conférences sur le Mesmérisme, et il visita notre ville ; plusieurs de mes élèves et moi allâmes l’entendre; nous fiimes tous grandement intéressés. Quelc]ues-uns des garçons les plus âgés tentèrent de magnétiser un de leurs plus jeunes camarades et réussirent; moi-mème, je trouvai que certains d’entre eux, sous mon influence, présentaient souvent de fort curieux phénomènes auxquels nous avions assisté à la conférence. Je fus extrêmement captivé par le sujet et le poursuivis avec ardeur, appliquant de nombreuses expériences à prévenir toute déception et à prouver la nature de l’influence. Beaucoup des détails de ces expériences sont encore gravés dans ma mémoire aussi vivement que s’ils dataient d’hier; je vais brièvement donner la substance de quelques-uns des plus remarquables.
« Je produisis l’état de trance sur deux ou trois garçons de douze à seize ans avec une grande facilité, et je pus toujours m’assurer de sa réalité, d’abord par le retournement de la prunelle dans l’orbite, de telle sorte que la pupille n’était pas visible lorsqu’on soulevait la paupière, puis par le caractéristique changement de contenance, enfin par la promptitude avec laquelle je pouvais déterminer catalepsie et perte de sensation dans quelque partie du corps ([ue ce fût. Les plus remarquables observations durant cet état portèrent sur le
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phréno-mesniérisme et la sympatiiie sensitive.
« Plaçais-je mon doigt sur Pendroit de la tète correspondant à (pielque organe plirènologiipie donné, la faculté correspondante se manifestait avec une perfection surprenante et même anormale. Pendant longtemps j'estimai (pie les effets produits sur le sujet avaient pour cause mon désir de voir se présenter telle manifestation particulière, mais je trouvai par accident que quand, par ignorance de la situation des organes, je plaçais mon doigt sur un endroit impropre, la manifestation qui s'ensuivait n'était point celle que j'attendais, mais celle (pii convenait à la position touchée. Je m'attachai spécialement aux phénomènes de ce genre et, par des expériences faites dans l'isolêment et le silence, je me persuadai complètement que les effets n'étaient point dus à la suggestion, c'est-à-dire à l’influence de ma propre pensée. J'achetai pour mon usage personnel un petit buste phrénologique. Aucun des garçons n'avait la moindre connaissance de la phrénologie, ni le moindre goût pour cette science ; pourtant, dès la première tentative, pres({ue chaque fois (]ue je touchais un organe, et cela dans n'importe (]uel ordre et en parfait silence, la manifestation correspondante se déclarait, trop saisissante pour être feinte, et la représentation des diverses phases du sentiment humain s^offrit ainsi à moi, ptus admirabte que cette dont tes ptiis grands
acteurs sont capables de nous donner le spec-lacté.
« La sympathie de sensation entre mon sujet et moi-même fut alors pour moi le phénomène le plus mystérieux que j'eusse jamais constaté. Je trouvai que, lorsque je tenais la main de mon sujet, il éprouvait exactement les mêmes sensations du toucher, du goût, de l'odorat, que j'éprouvais moi-même. Je formai une chaîne de plusieurs personnes ; à l'une des extrémités je plaçai le sujet, à l'autre moi-même. Lorsque, dans un silence parfait, j'étais pincé ou piqué, le sujet immédiatement portait sa main à la partie correspondante de son propre corps et se plaignait d'être pincé ou piqué*^ aussi. Si je mettais dans ma bouche un morceau de sucre ou de sel, le sujet s'acquittait immédiatement de l'action de sucer et bientôt montrait, par gestes et paroles de la nature la plus expressive, qu'il éprouvait la même sensation que moi. » (pp. 160-169 de la traduction française.)
C"est en 1861 que l'on commença à préciser les localisations cérébrales en les étudiant, non plus seulement sur le crâne, mais sur le cerveau lui-même.
Pour être compris du lecteur, il est nécessaire de donner quelques détails sur la topographie du cerveau.
Je rappellerai d'abord que le cerveau se compose de deux hémisphères presque identi-
Fig. 6. — Topographie du cerveau.
Les circonvolutions cérébrales sont désignées par des* lettres capitales,
ques en apparence et reliés entre eux par des libres (les fibres commissurantes) destinées, suivant M. Luys, à assurer par suppléance le bon fonctionnement de notre machine. La nature prévoyante nous aurait donné deux cerveaux,
comme elle nous a donné deux yeux, deux narines, deux oreilles, deux bras et deux jambes.
Dans cliaque hémisphère on distingue : à l’extérieur, une mince couche d’une substance grise, la couche corticale , composée de trois ou quatre rangées de cellules ; à l’intérieur, une masse blanchâtre, la substance blanche constituée par des fibres nerveuses en rapport avec les cellules de la couche corticale. De ces fibres, les unes vont, comme nous l’avons dit^ à l’autre lobe ; les autres aboutissent aux nerfs.
Les hémisphères sont creusés de nombreux et profonds sillons dont l’elfet est d’augmenter la superficie de^la couche corticale et qui permettent de diviser, un peu arbitrairement peut être, le cerveau en un certain nombre de circonvolutions.
On remarquera que chaque hémisphère est constitué par une espèce d’U courbé autour des fibres commissurantes dont nous avons parlé. L’intervalle entre les deux branches de ru se manifeste, à l’extérieur du cerveau, par la scissure de Sylvius, Ces deux branches se s ilîdivisent en quatre lobes, savoir :
Deux dans la branche supérieure : le lobe frontal, situé en avant et le pariétal, en arrière ; ces deux lobes sont séparés par un sillon profond appelé sillon central (ou de Rolando),
Deux dans la branche inférieure : le lobe temporal et le lobe occipital situés, comme
leur nom rinclique, en regard de la tempe et de rocciput, et dont la séparation est peu nette.
Chacun des lobes est subdivisé lui-mème, par des plis plus ou moins profonds, en circonvolutions.
Dans le lobe frontal on en trouve trois, Fi, Fi, Fa, qui se grefï'ent sur la circonvolution frontale ascendante (F A).
De Fautre côté du sillon central se trouve la pariétale ascendante (P A) sur laquelle se greffent, se dirigeant en arrière, les deux autres circonvolutions pariétales, Pi, P 2 .
Sur la deuxième pariétale se greffent les trois circonvolutions temporales Ti, T 2 , et T 3 .
Enfin, les trois occipitales, Oi, O 2 , O 3 , vont se relier aux pariétales et aux temporales.
Cette topographie sommaire nous suffira pour des recherches qui manquent encore de précision ( 1 ).
1 . La fîfjure 7 montre comment les circonvolutions cérébrales sont disposées par rapport aux sutures du crâne. En voici la légende :
S. R. Scissure de Rolando. — S. S. Scissure de Sylvius. — G. F. A. Circonvolution frontale ascendante. — G. F. Première circonvolution frontale. — 2“ G. F. Deuxième circonvolution frontale. — 3* G. F. Troisième circonvolution frontale. — G. P. A. Circonvolution pariétale ascendante. — P. G. Pli courbe. — L. P. S. Lobule pariétal supérieur. — L. P. I. Lobule pariétal inférieur. — G. T. Première circonvolution temporale. — 2« G. T. Deuxième circonvolution temporale avec une division postérieure ou troisième temporale. — G. O, Circonvolutions occipitales. — Sut. F. P. Suture fronto-pariétale. —
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Broca, étant chirurgien à riiôpital de Bicetre, oliserva, en 1803, à quelques mois de distance, deux malades ne pouvant plus articuler un mot, bienqulls eussent conservé leur parfaite intelligence et que les muscles de la langue et du larynx ne fussent point paralysés. Tous deux, à Tautopsie, montrèrent une lésion du cerveau occupant exactement la partie postérieure de la troisième circonvolution frontale gauche. Deux ans après on se trouvait en possession de onze autres cas identiques (1) ; et, toujours cliez ces aphasiques, seule la frontale gauche était lésée. C"est avec stupéfaction que Broca observa ce fait qui lui paraissait en contradiction avec toutes nos connaissances, en psychologie cérébrale ; mais il fallait se rendre à Tévidence. Broca lit remarquer alors que riiomme s’habitue dès Tenfance à répartir entre les deux hémisphères les actes difticiles et compliqués ; c’est ainsi que la plupart des hommes se servent de préférence de la main droite dirigée par l’hémisphère gauche;. quoi d’étonnant que l’enfant s’habitue à diri-
Sut. T. P. Suture de Técaille du temporal avec le bord inférieur du pariétal. — Sut. sph. Suture sphéno-pariétale. — Sut. sph. T. Suture sphéno-temporale. — Sut. O. P. Suture occipito-pariétale.
Le trait en pointillé circonscrit la silhouette du ventricule latéral du cerveau avec ses cornes frontale, occipitale et sphénoïdale.
1. L'autopsie montra chez Gambetta, le ^rand orateur, un développement énorme de la troisième circonvolution cérébrale gauche.
^er, avec riiémisphère gauche, la mécanique délicate du langage ? Mais s'il est vrai que les droitiers, gauchers du cerveau, se servent de l’hémisphère gauche pour le langage, chez les gauchers c’est à l’hémisphère droit que doit être dévolue cette fonction. C’est ce qu’ont prouvé de nombreuses observations (1).
En 1873, Hitzig opéra directement sur la surface corticale mise à nu chez un chien vivant et constata que l’excitation de certaines régions déterminait la contracture de certains groupes musculairés.
La même année, David Ferrier fit des expériences de même nature sur le singe et trouva que le cerveau de cet animal présentait, à ce point de vue, une analogie complète avec celui de l’homme. Il fut amené ainsi à déterminer un grand nombre de centres moteurs dont je me contenterai d’énumérer les principaux, pour montrer combien ils sont spécialisés, mais dont il serait difficile d’indiquer l’emplacement exact sans employer des termes trop techniques (2). Ce sont : l'" les centres des membres inférieurs ; 2 ^ les centres des membres supérieurs (épaules,
1. Le D’' Luys a rapporté dans les Annales de psychiatrie et d'hypnologie des expériences de suggestion, exercées à volonté sur la moitié droite ou la moitié gauche du corps, qui prouvent que la parole peut se produire soit avec le lobe droit, soit le lobe gauche, mis isolément en action.
2. Ces emplacements sont du reste discutés par les nombreux physiologistes qui ont étudié la question.
coudes, poignets, doij^ts, pouces); 3Mes centres des mouvements de la face (joues et commissures buccales, mouvements d’adduction des cordes vocales et mouvements de la gorji^e, mouvements d’ouverture et delermeture delà bouche,, jirotraction et rétraction de la langue, mouvements du plancher buccal) ; 4° centre des mouvements du tronc et de l’abdomen ; 5° centre des mouvements de la tète et du cou ; 0*’ centre de la langue ; 7'* centre des mouvements des yeux ; K" centre de l’aphasie (aphasie motrice d’articulation, agraphie, cécité verbale, surdité verbale); 9^ le centre visuel ; Id'" le centre auditif, etc. (I).
1. Le 27 juillet 1871, David Ferrier, ayant à soig^ner un apha-^ sique, le trépana en prédisant qu'il allait trouver une lésion de la troisième circonvolution ascendante gauche ; ce qui arriva^
Le D*" Lucas-Ghampioniére a appliqué avec succès le trépan aux afl'ections nerveuses non traumatiques et a publié en 1878 un livre intitulé: La trépanation (ju idée par les localisations cérébrales.
D’après Le Fort (Topographie cranio-céréhrale, Paris, 1890) on aurait déterminé un plus g:rand nombre de centres psychomoteurs et sensoriels de l’écorce. Dans sa planche II, cet auteur indique les suivants : Centre des mouvements rotatoires de la tête. G. des mouvements du cou. G. des mouvements des yeux. G. de la mémoire motrice verbale. G. des mouvements du tronc. (L des mouvements du coude. G. des doigts. G. de la face supérieure et des angles de la bouche. G. des mouvements des cordes vocales. G. des mouvements du pharynx. G. du gros orteil. G. des mouvements de l’épaule. G. du poignet. G. de la hanche. G. du pouce. G. de la face et de la langue. G. du sens musculaire. G. des mouvements de la jambe. G. de l’élévation de la paupière. G. de la mémoire des mots écrits. G. de la vision, lûnoculaire. G. de la vision. G. des sons verbaux.
En 1884, M. Dumontpallier reconnut qu’il pouvait produire Vaphasie deux hystériques de son service, en état de somnambulisme, par une simple p/xssion sur la tempe gauche ; mais il constata que l’aphasie se produisait également par la pression sur la tempe droite. La pression sur les mêmes points, à droite comme à gauche, déterminait la perte du langage écrit que l’anatomie a montré localisé, ainsi que nous le dirons plus loin, dans la deuxième circonvolution frontale. On voit d’après cela : d’abord, que les points homologues des deux hémisphères cérébraux peuvent être inhibés à la Ibis par une action exercée sur l’un d’eux seulement; ensuite, que les parties de l’enveloppe extérieure qui agissent sur ces points ne sont pas nettement délimitées. Ce dernier fait tient sans doute à la répartition du réseau sanguin ; il suffit, je suppose, décomprimer une artère pour modilier l’état des cellules cérébrales placées sur son trajet (1).
M. Dumontpallier observa encore, sur ses deux sujets à l’état somnambulique, que la moindre pression exercée sur le point du crâne correspondant à la jiremière circonvolution frontale (gauche ou droite) amenait la perte du
l. M. Luys admet que les attouchements sur le crâne d’une personne vivante pouvaient modifier son état cérébral « en vertu des liens sympathiques qui unissent la circulation du cuii’ chevelu à celle des régions sous-jacentes du cerveau. »
souvenir de Viisage des objets. x4insi quand on [irésentait au sujet une clef, il pouvait dire ce <iue c’était, mais il ne se rappelait pas à quoi elle servait.
A l’école de médecine de Rochefort, Burot. Bourru et Berjon ont constaté qu’un courant (juelconque appliqué sur la tète, en des points déterminés, produit des mouvements dans les membres et dans la face du‘côté opposé, ([uand les électrodes sont placées au niveau du sillon central, prés de la li^ne médiane. Les mouvements commencent par le bras, la jambe ou la face, suivant la position des électrodes : un peu plus bas, un peu plus haut, un peu plus en avant ou un peu plus en arrière du sillon (ou plutôt d’une ligne verticale prolongée du niveau du pavillôn de l’oreille à la suture sagittale). Les rliéopliores placés sur les lobes postérieurs donnent lieu à des mouvements dans le bras du même côté. Ces phénomènes se produisent également du côté droit et les résultats s’obtiennent à l’état de veille comme en somnambulisme (1).
MM. Binet et Féré ont abordé la question des localisations cérébrales ])ar une autre méthode. Ils avaient reconnu qu’en opérant, avec un aimant, le transfert des hallucinations unilatérales, les sujets soumis à l’expérience accusaient spontanément des douleurs de tète oscillant