‹ Les frontières historiques de la SerbieChapitre 11 sur 26 · Ibid., 14/26 mars 1S · texte numérisé non relu

Ibid., 14/26 mars 1S

3. Milos aux députés serbes à Constantinople, 10/22 mai 1832.

certaines mesures de précaution pour la sécurité du pays*. Enfin, comme l'écrit Milos au beglikdji effendi le 2/14 mai 1851 : « En connaissant le caractère belliqueux de la nation serbienne et en voyant que tous les peuples qui nous entourent sont dévorés par les flammes de la révolte, je me trouve dans un grand embarras. Jusqu'à ce moment, je tenais la nation sur la voie de la fidélité envers la Sublime Porte, et dans la tranquillité par des promesses que, selon le très haut hatti chéri f, ses affaires seront réglées... » au cours même de l'année: et Milos exprime sa crainte de ne pouvoir plus « maîtriser son peuple, pour peu que la Porte tarde encore.... » De son côté la Russie s'emploie de son mieux pour la cause serbe. Son représentant auprès de la Porte. Boutenief, s'applique à mettre en valeur la constante fidélité de Milos, aussi bien pendant la dernière guerre russo-turque que lors des récentes révoltes sur tout le pourtour du pachalik. Il s'attache en même temps à prouver aux Turcs que les Serbes doivent, d'après les traités, recevoir pleine et entière satisfaction, que si le commissaire Kolzebue a conseillé des concessions à Milos, il n'était nullement qualifié pour le faire, et que par suite, tout ce que Milos a pu consentir, sous réserve d'ailleurs, ne saurait comporter aucune conséquence. Puis il démontre à la Porte que ses droits souverains ne sont aucunement lésés, puisque la restitution des six districts n'équivaut nullement pour elle à une diminution de territoire : « Ces districts, soustraits à l'administration servienne, comme ils le sont maintenant, ou bien subordonnés de nouveau à l'autorité locale du chef de la Servie, n'en demeurent pas moins pour cela soumis à la domination ottomane et tributaires de la Porte. Il est donc inexact, lorsque le gouvernement turc, pour accroître l'importance des obligations onéreuses qu'il a contractées..., envisage la délimitation dont il s'agit comme une véritable cession territoriale. Rien n'est plus illusoire que cette manière de présenter les choses. Loin de là, il s'agit simplement de permettre que les habi- 1. Les députés serbes à Milos. Constantinople. 22 mars 3 avril 1851.

lants des districts, lesquels sont autorisés à jouir des avantages stipulés en faveur de la Servie..., soient admis à participer à ces immunités, replacés par conséquent sous l'administration des autorités locales de leur pays, et soustraits par cette même raison à la dépendance des pachaliks, auxquels ils ont été injustement soumis postérieurement à la paix de Bukarest '.... »

Mais tous ces arguments et tous les efforts de Milos, promesses ou menaces, restent sans effet. Alors il s'impatiente, songe à refuser le tribut, et dès le milieu de 1831 prévoit la nécessité d'une solution violente2. Mais la Russie s'oppose à un éclat : qu'il attende encore un peu et tout s'arrangera.

Un an, un an et demi s'écoulent sans qu'aucun indice marque chez les Turcs la volonté de tenir leurs promesses. Après la révolte de Bosnie, ce sont de nouveau les affaires de Grèce, puis le soulèvement de Méhémet-Ali, qui viennent tour à tour préoccuper la Porte. Puis, lorsque les Turcs se sentent par trop pressés de remplir leurs engagements, ils imaginent un nouveau moyen de les éluder : ils prétendent maintenant donner aux six districts une administration à part, qui assurera à leurs habitants les mêmes avantages qu'aux Serbes du pachalik, et c'est, selon eux, respecter scrupuleusement le texte des traités de Bucarest. Ils allèguent enfin qu'aucun nom n'est cité dans les actes diplomatiques, que les pays réclamés ont appartenu de tout temps aux pachaliks voisins, que la Krajina leur est nécessaire pour communiquer avec Vidin, la Crna reka pour ravitailler cette ville ainsi que Nis; Alexinac est trop près de Nié, le pays de

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