‹ Les frontières historiques de la SerbieChapitre 13 sur 26 · novembre/11 décembre · texte numérisé non relu

novembre/11 décembre

2. Milos aux députés serbes à Constantinople, 29 novembre/11 décembre 1832.

nord. Après avoir conquis la Syrie, elles anéantissent l'armée turque envoyée contre elles (décembre lSo1"]), elles envahissent l'Asie Mineure et marchent sur la capitale du Sultan. Milos va-t-il se décider cette fois à tirer parti des circonstances, ou bien continuera-t-il à rester fidèle?

Pour cela, il sait déjà trop ce que vaut la reconnaissance de la Porte. Il a pris, d'ailleurs, toutes ses précautions. « J'ai assez de munitions et je m'en procurerai davantage encore. J'ai plus de dix millions de piastres sous la main. Ces jours-ci je vais en emprunter encore deux ou trois millions de différents côtés. De plus, de la Bosnie, de l'Herzégovine, du Monténégro, de l'Albanie, de la Macédoine, de la Bulgarie, m'arrivent des délégués avec des nouvelles d'après lesquelles tout le monde sera heureux là-bas de me soutenir et de s'unir à moi. Dans toutes ces directions, j'enverrai aussi mes hommes pour préparer le soulèvement1 ». Et il pressent qu'il en aura vite fait avec les Turcs. L'année précédente déjà, il écrivait aux députés serbes à Constantinople : « Quant à moi, je ne tiens nullement la Turquie pour un État fort; depuis longtemps je la vois morte à demi. Je pourrais occuper toutes les frontières en dix jours et complètement en finir en trente jours avec les Turcs d'ici et avec ceux de la frontière2. »

Mais peut-être y a-t-il lieu d'espérer encore une solution pacifique. Voilà, en effet, la Russie, la puissance protectrice, devenue toute-puissante à Constantinople. La flotte russe entre le 20 février dans le Bosphore, en alliée. « La Porte peut-elle refuser quelque chose à la Russie, à laquelle elle doit de vivre maintenant?» dit Boutenief à Lazar Teodorovic, le chef de la députation serbe3. La Russie cependant est tout entière occupée à sauver la Turquie elle-même dont « l'existence ne tient qu'à un fil ». « La Serbie est maintenant une goutte dans l'Océan, l'Océan s'est troublé, il faut l'apaiser

1. Lettre confidentielle de Milos aux chefs de la députation serbe à Constantinople. Pozarevac, 16/28 avril 1833.

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