‹ Les frontières historiques de la SerbieChapitre 14 sur 26 · février/6 mars · texte numérisé non relu

février/6 mars

et la goutte s'en trouvera bien ; s'il n'est pas apaisé, la goutte sera engloutie1. » Deux mois se passent encore. Et « voilà que, dit Milos, le moment étant venu de régler nos affaires, la paix étant faite avec Méhémet-Ali. au lieu de donner les frontières, la Porte réclame l'impôt du haratj, qui n'a pas été versé depuis deux ans2! » Et Boutenief, de son côté, va demander aux Serbes les concessions qu'il leur avait naguère déconseillées !

Alors Milos se décide. « Il ne nous reste plus d'autre moyen que d'occuper les frontières par nos propres forces, de nous y retrancher et de régler de là nos autres affaires avec la Porte3. » Il s'est assuré déjà du consentement par écrit de tous les chefs du peuple et il se prévaudra de cette consultation pour prouver à la Russie qu'il n'a fait que se conformer à la volonté de son peuple.

A son instigation, tous les districts de l'Est se soulèvent (26-27 avril/8-9 mai 1833). Les Turcs de Vidin menaçant de reprendre Zajecar, et 200 Serbes ayant été tués ou blessés devant cette ville, Milos, sans plus tarder, fait occuper ces pays par ses hommes. Une fois de plus, les vieilles frontières du pachalik sont franchies; elles éclatent et disparaissent pour toujours. Milos annonce l'événement à ses députés. « Il n'y a plus en Serbie douze nahijas, mais dix-huit. Du Timok à la Drina, du Danube et de la Save à l'Ivica, à l'Uvac, au Javor, au Golja, au Paresija, au Kopaonik, à la Jankova Klisura, au Jastrebac, à Gramada et au Timok, tous, dis je, sont animés d'un même souffle, tous se sont donné un fraternel baiser et juré l'un à l'autre, avec une foi inébranlable, de se défendre jusqu'à la dernière goutte de leur sang, au cas où l'on tenterait de troubler cette union qui leur avait été promise. C'est uniquement par la force, et par une force supérieure à la sienne, qu'on pourra assujettir le peuple avec

1. Entretien de Boutenief avec les députés serbes rapporté dans la lettre à Milos du 1 5/27 mars 1833.

2. Milos aux députés serbes à Constantinople. Pozarevac, 14/26 avril

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