‹ Les gaietés de l'annéeChapitre 7 sur 13 · ON TRAITE PAR CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

ON TRAITE PAR CORRESPONDANCE

N. -B. — Exiger le véritable nom.

La voilà bien, la médecine de l’avenir

Nous marions Bragance.

Le parlement portugais lésine sur la dot.

Tout s’arrange au dénouement.

Les Portugais sont toujours gais : ils viennent de représenter, sur le théâtre de leur parlement, une opérette à laquelle il manque seulement un peu de musique de Lecocq pour être reçue chez Brasseur. L’intrigue est mouvementée, les situations sont piquantes et cela finit par un mariage; voilà du théâtre et du bon théâtre; on y trouve même la scène à faire, avec tout ce qu’il faut pour réjouir le cœur de Francisque Sarcey.

Le premier acte se passe en France, de nos jours; une ambassade, dans le genre de celle qui fait la joie et l’ornement des Brigands d’Offenbach, vient à Paris demander au comte de ce nom la main de la jeune princesse

Amélie pour le duc de Bragauce, héritier présomptif du trône de Portugal.

Le père de la jeune fille accueille l’ambassade avec une grande bienveillance 'et se déclare

extrêmement flatté de sa démarche ; il demande seulement quelques jours de réflexion, — histoire d’aller aux renseignements ; — les notes sont excellentes : au bout d’une semaine ou deux, grâce à la célérité des agences, on

apprend que le futur est un excellent sujet, qui ne doit rien dans son quartier et appartient à une excellente famille, dont le chef exerce une souveraineté absolue sur les terres et les eaux de Portugal.

11 ne reste plus, dès lors, à s’entendre que sur la dot; les ambassadeurs proposent un chiffre que la famille d’Orléans discute uniquement pour la forme : après s’ètre tenu quelque temps à une cinquantaine de mille francs d’écart, on finit par trancher la poire en deux et le président de la déléga-

Au deuxième acte, nous sommes transportés en Portugal, dans l’hémicycle des délibérations parlementaires : le baryton, ministre des finances, ouvre la scène par line cavatine à l’adresse des députés ; il leur annonce les projets matrimoniaux formés par le gouvernement et fait chaleureusement applaudir le couplet pa~ triotique ou il démontre que la prospérité de la nation portugaise est intimement liée au succès de cette alliance. (Bis, rappels, bouquets et reprise par les chœurs, j

C’est alors qu’apparaît le traître : el senor député Pedroso, basse chantante, s’avance vers la rampe, au milieu de l’émotion générale ; il débute par un récitatif dans lequel

DE L’ANNÉE

il aflirme Devoir aucun inconvénient à ce que le duc de Bragance épouse la fiancée de son choix, si cette union convient aux deux familles. Puis, sur quelques notes de contrebasse, il entonne d’une voix sombre le grand morceau b u dgétaire , dont voici le thème : la situation est grave, les finances périclitent, le peuple murmure et les huîtrières sont dans le marasme ; refrain : C’en est fait du Portugal, si la Chambre vote les crédits demandés pour la dotation. (L’orchestre joue le mélodrame.)

Vive agitation dans les chœurs ; des groupes

se forment et discutent con furore ; septuor

du conseil des ministres ; la toile tombe sur un finale très mouvementé.

Le dernier acte nous ramène à Paris, dans les appartements du comte de Paris : intérieur

DE L’ANNÉE

moderne, d’une mise en scène simple, mais de bon goût, comme dans les comédies de M. Legouvé : porte au fond ; fenêtres au côté cour; côté jardin, une cheminée surmontée d’une pendule en aluminium représentant la Prise de la Smala ; sous des globes, un parapluie et le sabre d’Adb-el-Kader. Trône, fauteuils, chaises; une table et tout ce qu’il faut pour régner.

LE COMTE DE PARIS, dans un soupir.

Sans dot !

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