‹ Les Gaîtés du Chat-noir (volume 2)Chapitre 16 sur 19 · I. — NONNESW · texte numérisé non relu

I. — NONNESW

Par rentre-bâillement d'une porte, J'aperçois des fillettes en prières :

«lies tiennent de gros chapelets qu',elles baisent avec ferveur. De longues serviettes encadrent leurs fronts et retombent sur leurs épaules menues.

Les yeux mi-clos semblent ne regarder que l'autre mondeu

A Raphaël Shoomard.

tre — à la file indienne, sans rien voir.

Mais, la peste soit des psychés énormes qui volent, — qui recèlent toute la lumière d'une pièce!

Le charme est rompu; c'est de l'hypnotisme! Toutes les nonnettes se campent devant la haute glace, inquiètes du reflet, mais espérantes :

Elles se lèvent et chantent : c'est un cantique.

Les gamines jouent « aux bonnes sœurs » dans un grand cabinet de toilette encombré de fioles comme le laboratoire d'un toxicologue et miroitant d'aciers comme la trousse d'un dentiste.

Les petites sont toujours en extase miaulante et processionnent — à qua-

— Je suis bien pâleJ dit Jeanne an courant au pot de fard.

— ... Rien qu'une ombre de crayon bleu sous les yeux!... murmure Lucie, a/utorisée par rex«mple.

Madeledae pose une mouche — oh !

meurtarièrei — près de la fossette na- <3rée d« son mentôro.

Mais Jessie, l'Américaine, — déjà une petite femme à douze ans, — corrige la nature et transforme les deux

Petites filles

exquises roses mates de sa bouche en une cerise affriolante, mûre, presque mûre pour le baiser...

— Que tu es belle! s'écrie Jeanne; et les mignonnes béguines d'applaudir. — Tu seras la Supérieure!

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