MORALE
Grammatici certant, sub judice Lise est.
WiLLT.
CHAKJSOM STyR)£MMS
Elle trottinait, légère comme une biche...
Elle était blonde et parisienne...
Elle avait des yeux tapageurs...
Son talon faisait comme ça : Tra la la la la !
Et je la suivais — moi, — comme un caniche.
Dans le passage des Princes, Elle dit : Faut qu' tu m' rinces I
•Dans le passage Jouffroy, Je pris un air froid.
Dans le passage Verdeau, J' lui fis un cadeau.
Dans le passage Vivienne, EU' me dit : J' suis d'ia Vienne I Et elle ajouta :
J'habite chez mon oncle, C'est le frère à papa ; Je lui soigne un furoncle...
C'est un sort plein d'appas.
J' devais r'trouver la donzelle,
Passage Bonne-Nouvelle.
Mais en vain je l'attendis
Passage Brady.
Les voilà bien, les amours de passage!
Narcisse Lbbbau.
Ballade à Villon
pour être dite en Ihostellerie du Chat-Noir
Le temps n'est plus où tu robbais viandes, Et dans la terre on te laisse seulet, Pauvre Villon, sans flûtes ni guirlandes... Mais vois tes fils, ô sire maigrelet, Toi que mordaient tous les chiens au mollet : Pour relustrer ta mémoire flétrie, Ils sont venus dans cette hostellerie, Et vers ton âme éclose papillon
Nous crions tous, afin qu'elle sourie : Un coup de vin pour le pauvre Villon !
Tes compagnons sont morts, et leurs truandes!
0 vagabond, toi que rien ne troublait.
Ami du fol et terreur des marchandes,
Bon maquereau, basteleur et valet
Que le trépas prit souvent au collet.
Réjouis-toi d'une éternelle vie!
Tu sus mêler dans ton cœur sans envie
L'âpre douleur au rire vermillon.
Ta renommée en est toute fleurie :
Un coup de vin pour le pauvre Villoiiî
Les gaitêz du Chai- Noir
Tu n'amasses ducats d'or ni prébendes, Frère de ceux dont le corps triste et laid, Déchiqueté par de sinistres bandes, Pour les corbeaux aux potences tremblait I Sont en enfer, comme mouches en lait.
Ton corps à toi, dont Tâme endolorie Par tant de mains cruelles fut pétrie, Christ l'a couvert de son blanc pavillon Afin de plaire à la Vierge Marie :
Un coup de vin pour le pauvre Villon!