TZ.T
Puis à Sodome elle croit être.
« Viens, lui disait un jeune traître,
Viens donc, mon bel ange. > A ce mot,
Elle se réveille en sursaut.
D'un tel songe encore étonnée.
Elle entend bientôt son aînée
Qui tout bas l'appelle : « Ma sœur ?
— Eh bien, que veux-tu? — Prends ma place,
— A dire vrai, j'ai quelque peur.
— Le temps fuit, Tivresse passe. »
Du vin que Ton buvait alors
La vertu tenait du miracle, Puisque Loth sans beaucoup d'efforts Sut triompher d'un double obstacle ; Et même on dit que le papa, Rajeunissant dans la victoire, Lestement décupla sa gloire.
On n'en fait plus de ces vins-là.
Il se réveille avec l'aurore Bien dégrisé, quoiqu'un peu las.
Ses filles sommeillaient encore.
Nul indice de leurs ébats.
Leur bon et respectable père Les baise, non plus en amant ; Et tous trois bien dévotement
S'agenouillent pour la prière.
C'est à regret que j'ai conté Cette avei^ture un peu gaillarde.
Les saintes du jour par mégarde La liront ; pour leur chasteté Quelle image ! mais quoi qu'on fasse, Dans un livre tout n*est pas bon :
Ici du moins la bible place L'antidote après le poison.
De nos filles sois le modèle, Toi, qui fus belle, et^-plus que belle.
Douce et touchante Rebecca :
Ton nom rappelle l'innocence, £t toujours avec complaisance Le Parnasse te chantera.
La nuit était déjà prochaine, Quand le fidèle Jézahor S'arrêta près d'une fontaine Devant la ville de Nachor.
Une fille charmante arrive, Tenant une cruche à la main :
Sa voix d'une chanson naïve Répète le pieux refrain.
A son air on voit qu'elle est sage.
Elle s'approche : « Homme inconnu,
Dit-elle d'un ton ingénu, La sueur mouille ton visage ; Goûte la fraîcheur de ces eaux, Et désaltère tes chameaux Fatigués par un long voyage. »
Son offre plaît à Jézahor ; Dans la cruche il se désaltère ; Puis la cruche s*emplit encor, Et verse aux chameaux Tonde claire. Elle reprend avec bonté :
« Le jour fuit ; dans l'obscurité Tes pas vont s'égarer sans doute :
Prends chez nous l'hospitalité ; Demain tu poursuivras ta route.
— Oui, j'entrerai dans ta maison, Fille aimable ; quel est ton nom ?
— Je suis Rebecca ; j'ai pour père Le bon et juste Bathuel,
Neveu d'Abraham. — Jour prospère !
Rebecca, je bénis le ciel.
Le ciel qui dans ce lieu champêtre A sans doute guidé mes pas.
Si l'espoir ne m'abuse pas.
Voilà l'épouse de mon maître. »
Dans la ville alors il la suit,
DE LA BIBLB. \K
Et, chez Bathuel introduit|
n s'acquitte de son message.
Pour Isaac S demanda
Une compagne jeune et sage,
La vertueuse Rebecca ;
Et le bon pèrç Taccorda.
Elle partit avant Taurore,
Le cœur tremblant et plein d'amour ;
Elle trembla durant le joiir ;
Le soir elle tremblait encore ;
Et voyant quelqu'un s'approcher,
Elle dit d'une voix timide :
€ On vient à nous d^un pas rapide ;
Quel homme ainsi peut nous chercher ?
— Sans doute que l'amour le guide ;
Rassurez-vous. » Son cri subit
'Remplaça le salut d'usage,
Et sa main pudique étendit
Un voile épais sur son visage.
Que ne puis-je toujours tracer De pareils tableaux ! mais traduire, C'est être esclave ; il faut tout dire ; Sous vos yeux Dina doit passer.
Du bon Jacob c'était la fille, Pucelle encore, et trop gentille
Pour conserver ce tître-là.
Un jour cette belle Dina,
Dans une vague rêverie,
Foulait les fleurs de la prairie,
Et des cabanes s'éloigna.
Pensers de vierge, c'est-à-dire
Pensers d'amour, troublent son cœur.
Elle chante ou plutôt soupire
Cîes mots où se peint la candeur.
« Je suis aussi fraîche que l'aube.
Aux regards en vain je dérobe De mon sein le double trésor :
Toujours sa rondeur indocile Repousse le voile inutile ; Hélas I et je suis vierge encor. »
c La nature semble amoureuse.
Les troupeaux sur l'herbe poudreuse
A leurs désirs donnent l'essor ;
Des oiseaux le doux badinage
Agite à mes yeux le feuillage ;
Hélas ! et je suis vierge encor. »
€ Cette nuit... trop heureux mensonge l
Un ange m'apparut en songe.
Il rayonnait d'azur et d'or.
Sur son sein brûlant il me presse ;
Je me réveille dans Tivresse ; Hélas ! et je suis vierge encor. »
Sa chanson finissait à peine, Le roi de la cité prochaine L'aperçoit, l'arrête, et lui dit :
Partagez mon trône et mon lit.
A ces mots il la traite en reine.
Vainement dans ses bras nerveux Se débat la faible bergère ; Par un hasard involontaire, Cet effort l'enchaîne encor mieux.
Que faire alors ? Dina vaincue Pardonne à cet audacieux.
Et livre sa bouche ingénue A ses baisers impérieux.
Soudain, par leur vive jeunesse Vers la jouissance emportés.
Tous deux des molles voluptés Boivent la coupe enchanteresse.
Des bras de sa belle maîtresse L'imprudent se dégage enfin :
Son front est riant et serein, Son âme nage dans l'ivresse ; £t tandis qu'un nouveau désir Déjà l'embrase et le dévore,
^8 LES GALAKTËlilES
Sa victime soupire encore Et de douleur et de plaisir.
Reine par le fait, pouvait-elle Refuser d'en prendre le nom ?
Le sceptre lui plaisait, dît-on ; Un sceptre plaît à toute belle.
Sichem dans son petit palais Conduit son épouse nouvelle, Et la présente à ses sujets.
Un d'entr'eux hiî dit : « Sans colère Daigne écouter ton serviteur.
De Dina Jacob est le père :
Ce puissant et riche pasteur A douze fils ; jeunes et braves, Ils peuvent, armant leurs esclaves, Ravager no^ fertiles cihamps :
Préviens ce danger. — J'y consens.
Je veux plaîrfe à celle que j'aime ; Aux siens je veux offrir moi-même Une alliance et des présens. »
Le lendemain d'assez bonne heure Il va chercher dans sa demeure L'honnête et vertueux vieillard.
Et lui dit : « Ta fille m'est chère.
Elle m'aime ; deviens mon père.
DB LA BIBLE. jg
Et de mes biens prends une part.
Que la paix rentre dans vos âmes.
Je suis juste, mon peuple est doux :
Pour vos fîla nous avons des femmes.
Et pour vos filles des époux.
— Non, d*un hymen illégitime Les plaisirs nous sont interdits.
Et des peuples incirconcis L'alliance est pour nous un crime.
— Eh bien, j*obéis à ta loi.
Au superflu je ne tiens guères ; Dès ce soir, mes sujets et moi.
Nous retrancherons ces misères.
— Fort bien ; par Thymen confondus, Alors nous ne formerons plus
Qu'un seul peuple, im peuple de frères. »
Jacob était sincère ; mais
Ses enfants secouaient la tête :
Au monarque ainsi qu'aux sujets
Ds préparaient une autre fête.
Le soir même on fait publier.
Et dans la ville on va crier Un édit qui porte en substance Que tous les mâles sur le champ S'armeront d'un outil tranchant»
Et couperont la différence Qui se trouve entre eux et Jacob ; Signé Sichem, plus bas, Naob. Le peuple s'étonne et murmure.
« La prodigue et sage nature D'un superflu nous a fait don ; Pourquoi s'en priver ? ma foi, non.
De son bien que le roi dispose ; Mais du nôtre, c'est autre chose.»
Sichem harangue les mutms ; De Talliance qu'il ménage ' Il leur démontre l'avantage.
Les profits nombreux et certains.
De forts poumons et des promesses, Des menaces et des caresses, Persuadent &cilement.
A l'instant chaque Sichémite Se transforme en Israélite, Et puis se couche tristement.
Us sommeillaient ces pauvres diables, Lorsque les fils impitoyables Du bon Jacob, et leurs cousins, Et leurs amis, et tout leur monde, Du manteau de la nuit profonde Couvrant leurs perfides desseins,
Entrent dans la ville : à leur tête J'aperçois Ruben ; il s'arrête.
Se tourne et dit : t Partageons-nous ; Séparément portons nos coups.
Ces genS| auxquels je m'intéresse, Malades sont ; guérissons-les, Mais pdur toujours ; point de &iblesse* Moi, je me charge du palais. »
Dans la ville aussitôt les traîtres S'élancent ; à lei!rs cris affreux Se mêlent des cris douloureux.
On brise portes et fenêtres ; On entre, on tue, et puis l'on sort ; On entre ailleurs, et Ton assomme ; Et sans excepter un seul homme.
De tout malade on fît un mort.
La nuit avait vu le carnage ; Le jour éclaira le pillage ; Il^fut complet ; et les vainqueurs, Chargés de dépouilles sanglantes, Poliment aux veuves tremblantes S'offrirent pour consolateurs.
Du hameau l'on reprit la route.
Le pauvre Sichem n'était plus.
Dina, baissant des yeux confus,
44 LKS GALANTERIES
Pleuvent sur le couple amoureux.
Combien notre Bible est naïve I Siècle présent, siècle immoral, De la simplesse primitive Et de rage patriarcal Lis du moins Thistoire instructive.
On y viole assez souvent ; Souvent on s'y permet Tinceste ; Mais Tacte le plus immodeste Y prend un air presque décent.
Judas voyait sa bru gentille, Veuve trop tôt et sans famille, Se dessécher comme une fleur Que néglige le laboureur.
Pour mettreà profit sa jeunesse, Et pour égayer sa tristesse.
Il dit au second de ses fils :
« Vole chez Thamar ; obéis.
Thamar est fraîche encore et belle ; Aime-la, fais-lui des enfkns Qui l'honorent dans ses vieux ans*.
Et qui puissent hériter d'elle. »
Mais Onan, dont l'avidité Sur l'héritage avait compté, N'obéit point : sa fantaisie
S'avisa d'un autre moyen.
I II trouvait la veuve jolie,
I Et l'aimait quoiqu'il n'en dît rien.
Il épousa donc son image ;
Et, l'ornant de nouveaux appas.
Il lui prodiguait un hommage
Qu'elle-même n'obtenait pas.
Dieu le vit, et dit ces paroles :
« Mes regards ne sauraient souffrir
Ce ridicule et sot plaisir.
Qui sera celui des écoles.
^ Que ce nigaud meure ! > Il est mort.
Thamar n'en fut pas plus heureuse.
Sa jeunesse encore scrupuleuse
Du veuvage s'ennuyait fort.
€ Bannis un souvenir funeste.
Lui dit Judas ; un fils me reste ;
L'usage établi parmi nous
Veut qu'un jour il soit ton époux.
L'affreuse mort dans ta demeure
Frappa ses aînés ; je les pleure.
Mais je suis juste : Quand Séla
Dont l'en&nce ffnit à peine,
Dans la jeunesse avancera.
Sa main demandera la tienne.
46 LES QÂLANTEIUBS
Et ma bouche vous bénira^ Va donc attendre chez ton père Ce jour heureux : sans doute ailleurs Ton chagrin pourra se distraire.
Ici tout nourrit tes douleurs. »
Thamar à sa voix ftit docile ; Elle partit le lendemain , Et dans le village voisin Vécut solitaire et tranquille.
Séla grandit, et sous ses yeux Croissait une esclave jolie.
Que dès Tenfance il a chérie, Et qui partage tous ses jeux.
Ce sont les jeux de Tinnocence :
Mais depuis Taube jusqu'au soir Ils se cherchaient, sans le savoir ; En se quittant, de se revoir Chacun emportait l'assurance ; Et, plus tendre de jour en jour, Leur amitié devint amour.
Tous deux Tignoraient. Sans mystère La fidèle et charmante Ada Aux champs accompagnait Séla, Et lui donnait le nom de frère.
Ce frère des désirs naissans
Eprouvait la vive piqûre ; Sans les éclairer, la nature Eveillait son ftme et ses sens.
Cette fièvre est contagieuse* Le cpuple malade et surpris Se plaint d'une voix amoureuse ; Aux plaintes succèdent les ris ; Les ris font place à la tristesse ; Pour se distraire, avec vitesse On court sur le gazon touffu ; On s'arrête, et Ton parle encore De ce mal toujours inconnu, Et du remède qu'on ignore.
< Mon frère, d'un esprit malin Ce que nous sentons est l'ouvrage.
Que faire ? — Donne-moi ta main ; Pour un moment cela soulage.
— Touche mon cœur. — Ah 1 comme il bat !
On a jeté sur nous un charme.
Tes yeux pétillent ; cet éclat N'est pas naturel, et m'alarme.
— Les tiens brillent du même feu.
— Presse mon front, ma sœur. — Ah Dieu!
Quelle chaleur 1... le baiser même
N'y peut rien ; ma crainte est extrême.
J'imagine... Attends un moment.
Ma guirlande, qu'heureusement Dans un lieu frais j'ai déposée, Humide encore de rosée, Rafraîchira ton front brûlant. »
Pour éteindre ce feu rebelle, Qn'ils attisaient sans le vouloir.
Dans la même onde chaque soir Ils se baignent ; façon nouvelle De chasser l'importun désir.
Innocens et nus, sans rougir Ils entrent dans cette eau limpide.
Rien n'échappe au regard avide ; Tout s'offrent au baiser amoureux ; Et de ce bain voluptueux On devine l'effet rapide.
De l'onde ils sortent plus épris.
Sans projet, sur ses bords fleuris Ils se couchent dans l'herbe épaisse Qui les recouvre et les caresse.
Voilà leurs bras entrelacés ; L'un contre l'autre ils sont pressés ; De volupté chacun soupire ; Chacun, d'ivresse consumé.
Avec avidité respire
L'haleine de l'objet aimé.
€ O mon frère I ce mal dessèche
Ta bouche aupaxavant si fraîche. »
La tendre AdA parlait ainai ;
Et soudain ses lèvres channantes,
Ses longs baisera, de son awi
Humectent les lèvnes brûlantes.
Cependant du toit paternel Thamar se lassait, sans le dire.
Après l'hymen die soupire.
Chaque matin sa boudie au cidl Fait cette pdène naïve ?
€ A mes vingt ans n'ajoute rien.
Mais de Séla tu devrais bîesi Hâter la jeunesse tardive. »
Un jour que seule dans les champs En rêvant elle se peamèois^ Et de loin lorgne les -paasans, Un berger tDxnfetise la pliame.
« C'est luif dit la veuve Août bas.
Lui-même ; quel desacôsic guide i > Le jeune homme d*un air -timide L'aborde : « Ne t'offense pas»
Si j'arrête un montant ttes pas*:
Tourne sur moi des yeiis propanoûB.
Quelle est la femme dans ces lieux Dont le savoir mystérieux Chasse, dit-on, les maléfices ?
— Mes traits te sont donc inconnus ?
— Oui, je n*ai nulle souvenance...
— Qu'entre nous l'amitié commence.
Fils de Judas, ne cherche plus
Cette femme que Dieu protège ; Tu la vois. — Eh bien, oserai-je De vous attendre un entretien ?
— J'écoute, parle, et n'omets rien. > Longuement alors il explique
La fièvre étrange et sympathique Qui le tourmente, ses progrès, Et la nature et l'insuccès Des remèdes qu'il imagine.
Le lecteur aisément devine De Thamar le dépit jaloux.
Mais à quoi bon un vain courroux ?
Il vaut mieux, en femme prudente, Saisir l'occasion présente, Toujours si prompte à s'échapper, Et sur l'hymen anticiper.
Thamar à la raison docile Réplique donc en souriant :
DB LA BIBLB. 5I
< Ce mal là n'a rien d'effrayant, £t le remède en est facile.
Mais ici passent les bergers ; £t Tombre la plus solitaire A mes leçons est nécessaire.
Suis-moi dans ce bois d'orangers. »
Dans le bois donc ils disparaissent.
Un vert tapis s'offre à propos Sous la voûte des longs rameaux Qui s'entrelacent et se pressent.
€ De ce lieu j*aime la fraîcheur.
Dit Thamar ; vive est la chaleur, Et nous avons marché bien vite. »
Sur l'herbe elle se précipite.
Aussitôt son adroite main Entr' ouvre sa blanche tunique, Moins blanche que son joli sein ; Puis d*un ton grave et prophétique :
€ Les paroles, mon jeune ami.
N'instruisent jamais qu*à demi.
De ta guérison je suis sûre ; Mais je ne saurais l'achever Sans connaître, sans éprouver Les remèdes que la nature Te suggéra jusqu'à présent i
*gU LBS GALANI^fiRIBS
Contre un mâltoiijotilre tené&ssant,
— A mes côtés Ââa^e phtcfe.
— Ensuite ? — Bnsuhe jfe^I^ttibœsfee ; Et, lui donnant le nom 'âe<e6ètfr,
Je la presse ainsi sur inon t^eslir.
— Fort*bitJfa ; -mais Ada, «^ute ^t^élle ?
— Beaucoup '^cottipàtfssante^t <belle, Ada me serre ëg^metift.
— Comme'Céb? ^— Plus fertéiw^nt.
— Après. -^*Aj)fèa, daflte^WiWttfe^haUte Nous voilà icétdhës. — OMe'à^l^?
— Sans dôtltte.— -Alors que feiteft^vousî
— L'embrassemeift flôvîertt plvUs éovx; Cette fièvre qui nous ag^te, Redouble ; notre 'cœur'pwljJkc i Notre bonheur lestdoùloirreux.
— Oh, vraiihtetit^je votis ^ptefais f^tous deux.
— Dan6*nb6«féhres leTau'tircUle.
Ce feu qui lentement •ncFus'brtne, Et qui nouS'glacequélqtiéfeilB, Résiste au baiÉer.-^{Je<ie^x%ÎB.
Et ce baiser estiilHlrien tehdfte^
— Jugez vous^mféfhb, le nfioiéi,
— Cher Séla, ceti'edt pàs^sftéî Qu'il faut le donner 49tile Mndte.
DE LA BtBl.B« A
passe vkô, ^lés voieii».
un jeune ^#èi?e lit en vei?ttis t lîuxingënus ntlacôlè».
dans Memphto, Xitéflie .vait su pktfi*©.
ré la servait^
sans n^gligenee,
elligence
'issait ;
hambre ^f^mielMit.
i savoixiliappélte^
: Joseph wtlà ';
s cela";
•^genouwrtte.
^n appartenfïdtot,
'itif et «âge
t proprenioilt
<clon son ustfgt *
le, en^e moilMIt
:re heu7eUtc*dflHB'>Dminte;
".us de«coiitrafe(te ;
PP^S^^P!l99«l«^W9^eiC9«VHBHH
Et je t'apporte le bonheur. >
De celle qu'il croyait heureuse Combien la plainte douloureuse L'étonna ! Plus qu'elle il pleurait.
« Chère Ada, pardonne à ton frère, Pardonne : une femme étrangère M'a guéri ; de son doux secret J'irai m'instruire davantage ; Ton bonheur sera mon ouvrage. »
Il ne voit pas le lendemain Cette femme dont l'art divin En plaisir sait changer la peine.
Déjà dans une attente vaine Trois jours, trois siècles sont passés ; L'impatience le dévore.
Le quatrième, il cherche encore, Et voilà ses vœux exaucés.
Sans feinte, et non pas sans murmure, n conte sa mésaventure  la friponne qui sourit ; Puis d'un ton plus doux il lui dit :
« Vous êtes si bonne et si belle I De grâce, une leçon nouvelle. »
Pour réponse dans les sillons Que dorent les riches moissons
D'un pas rapide elle s'avance.
Le jeune homme suit en silence.
Au milieu dii champ parvenus, La hauteur de ces blés touffus Laisse à peine entrevoir leur tête.
Alors l'heureux couple s'arrête.
Partout promène un œil discret, Sourit, se baisse, et disparaît.
Soudain sur la moisson mobile S'élève un souffle caressant, Qui balance et courbe, en glissant, Des épis la cime docile.
Un temps assez long s'écoula : Mais enlïn l'aimable Séla Reparaît, et Thamar ensuite.
L'écolier mieux instruit la quitte.
Des blés à pas lents elle sort :
Pour s'y rendre elle allait plus vite.
Pour vous, la belle, je crains fort Du passant l'œil et la critique.
Comment voulez-vous qu'il explique Ces yeux languissamment baissés, A vos talons cette poussière.
Ces vétemens un peu froissés, Qui sur l'herbe longtemps pressés
Ont pris sa cotileiir étrangère.
Et ces brins de paille légère A vos cheveux entrelacés ?.
Séla, par elle plus habile.
Courut vers la docile Ada, Qui de ses leçons profita.
Cette étude est douce et facile».
Judas des prétendus amis Sait les amours, et les tolère.
Un tel passe-temps à son fila Rendait Thymen peu nécessaire ; Et c'est l'hymen qu il redautaîi.
Vainement Thamar y comptait ; En vain Séla croissait en âge ; Pas un seul mot de mariage.
« Thamar déjà veuve deux fois Pourrait bien l'être une troisième, Disait le père : elle a des droits ; Mais je crains pour un fils que j'aime. »
Un jour à Thamar on apprît Que Judas, pour un court voyage S'éloignant du toh qu'il ch^it^ Allait passer près du village* Elle quitte alors promptenoent Du veuvage le vêtement ;
IkE LA BIBLK» 57
D'herbe et de fleurs elle cocuroime L'ébène de ses longs cheveux,.
Entoure d'anneaux précieux Ses bras et sa jambe mignonne.
Découvre un des globes de lis Que voile l'tnage sévère, Et prend la tunique légère Des courtisanes de Memphis* Une heure à peine est écoulée, Descendant du coteau voisin, Le beau père sur le chemin Rencontre une femme voilée.
« Son maintien gracieux et doux Me plaît, dît^il ; sa taille est fme ; Ses mains blanches comme l'hermine Retombent sur ses deux genoux.
Abordons-la... Belle inconnue, Qu'un sort propice offre à ma vue, Que le Seigneur soit avec vous I Malgré le voile qui vous cacha^ Vos attraits ont touché nwa cœuf r Voule2-vous que ma main détache La ceinture de la pudeur ?
— Je ne suis point femme pcrhfique.
Mais celui qu'Hun usage antique
Rend l'arbitre de mes destins
Semble m'oublier. — Je voua plains.
— Malgré mes droits, il me refuse Un époux. — Prenez un amant.
Son injustice est votre excuse.
— X^ puis-je F parlez franchement.
— Sans doute ; et de la circonstance Vous devez même profiter.
Ces blés qu'un souffle ami balance Au plaisir semblent inviter.
— n est vrai ; mais pour récompense Qu'obtiendrai-je ? — Un jeune chevrau.
Que chez vous je ferai conduire.
— Au traité je veux bien souscrire, Si pour garant j'ai votre anneau, Sur l'avenir qu'il me rassure.
— Je vous le donne ; mais pourquoi Joignez-vous à votre parure
Ce voile jaloux ? — Jurez-moi De le respecter. — Je le jure. > Le Boir même le bon Judas Dit à son esclave fidèle :
t Ecoute, et' prouve-moi ton zèle.
Dans le troupeau tu choisiras Un chevreau, qu'il te but conduire
DE LA BIBLE. 5gr
Discrètement et sans mot dire Au village qu'on voit là-bas ; Dans ce lieu cherche la demeure D'une femme qui ce matin, Assise sur le grand chemin, Avec moi s'entretint une heure.
En échange de ce chevreau, Elle te rendra mon anneau. »
L'esclave, malgré son adresse, De la femme ignorant le nom.
Ne put remplir sa mission.
Avec constance, avec tristesse, De porte en porte promenant L'animal craintif et bêlant, A tous les passàns il s'adresse ; Et les passans répondaient tous :
« Cherche ailleurs cette courtisane, L'homme au chevreau : fîUe pro&ne Jamais n'habita parmi nous. »
Mais bientôt au même village n reçoit ce triste message :
€ Thamar a blessé ton honneur ; Et de sa taille la rondeur Décèle un honteux adultère.
Prononce, et dis ce qu'il &ut &ire.
6tP LES GACANTERIES
— Il faut obéir ât 1» loi.
Qu'elle paraisse devant moi.. »
On va VK^dietohear, on Tentraîne.
Ses mains mignonneft on enchalM»
Et la voilà devant Judas* Son visage eatz bsigoé: de lanmes- Et chacun regrette aea chanxKS Déjà condamnerai; trépas^ € O fîlle autcefbûiai chérie; 1 Quel est l-infârnse séducteur Qui cause aujourd'hui mon malheur^ Qui t'arrache: aujourd'hui la im ?
— Voici ranne8irqu.'il' m'a donnée
— Que vois-je ? pèce infortuné; I:
Je suis seul ixifuBte et coupable..
Tu vivras, filtt^tfiop» aimable.
Mais le cid/ Mn» douteest fâché y> Thamar^ implpcons sa démence..
Ensemble nous avons, péchié. p Faisons ensemble pénitenoe. s
Lecteur, tu 8o«ria:àoati»Ê6* Mais du patrbvcfaa indiscret Que l'exemple au moins te proâte^^ i Si tu vois gentille» oatins; Assises sur les goands dttmms^
Tourne la^éle, passe vks, Et redoute les^és'volâiii^.
Judas avait un Revote tîtèet Qui déjà croissait 'eh veitttib':
Peut-être ses ^oèrix >i!ngëbU8 Du ciel fléchirent1a«célè^.
Joseph, esclat^dan^-IMomi^yb, A l'amoaroufie ^itéfllB Innocemment *B.vBâtt su -^kâïie.
Lui seul4«oii gvé>k'SGfiv«h^ Sans humeur^t sans niâgligeiiee, Lui seul avec ifltélligenoe A ses ordres obéissait ; Lui seule^de^an chambise \3Sppnabiiit.
A chaque instarit ^sa vdisc^liappélle ; A ichax|ue<instant Joseph «Btià '; Faites ce<si,^feites cela*; Et toujours louange^Oûi^ëlte.
Un soir, dans^on appaitenMit, Cet esclavecâttentif^iâàge Allait, venait, etiproptemoilt Rangeait ctomt , «eloti^âoti ^tisi^ :
€ Joseph, dit-elle, 4en ice moAimt Nous pouvons-'étre h«tiyeUk*âM8viiminte; Je suis seule, plus^e^ciotltt-âillfe ;
Et jouis des droits d'un amant. »
Ainsi parlant, elle se couche Sur des coussins voluptueux ; Le désir humecte ses yeux, Et le baiser vient sur sa bouche ; Son sein tout-à-coup dévoilé S'enfle et palpite avec vitesse, Et sa main cherche avec mollesse La main de l'esclave troublé.
€ Je ne suis point perfide et traître.
Lui dit Joseph; n'attendez rien.
Je serai fidèle à mon maître, A votre bienfaiteur, au mien.
— Nos plaisirs seront un mystère Impénétrable à mon époux.
— Rien n'échappe au dieu de mon père ; Ses regards sont fixés sur nous. »
Alors sur l'esclave modeste
Nitéfiis veut porter la main ; Entre ses bras le manteau reste.
Et Joseph disparaît soudain.
Il eut raison, car Dieu lui-même Disait aux enfants d'Israël :
De l'étrangère qui vous aime Fuyez le tïaiser criminel. Ai
Non loin d'une ville parjure Où Ton adorait Belphégor, Une source qu'on voit encor Donnait une onde fraîche et pure Qui roulait sur un sable d'or.
Le thym et la fraise sauvage Se disputaient ses bords aimés, £t des orangers parfumés La protégeait de leur feuillage.
C'était là qu'au déclin du jour On voyait les jeunes pucelles Puiser ensemble ou tour-à-tour L'eau qui coulait exprès pour elles.
Un soir le curieux Zambri Contemplait leur troupe folâtre Courant sur le gazon fleuri.
La beauté plaît, quoiqu' idolâtre.
De l'Hébreu les sens sont émus. A ce jeune essaim d'infîdèlel Il trouve des grâces nouvelles, Des traits jusqu'alors inconnus :
Toujours la nouveauté nous tente.
Une entr'autres vive et piquante S'approche, une cruche à la main, Et sur l'étranger qui l'admire
64 LES GALANTESIES
Elle jette un fegard malin
Qu'accompagne un malin souxâre.
Un second coupKl'œil fenhardUt.
L'imprudent l'aborde avec grâce,
Saisit la cruche^ la remplit,
Et sur sa tête la replace.
Par un salut il est payé :;
Puis Cozbi rejoint 866 amâes ;
Et déjà des veftes prairies
Elle avait franchi la moitié :
Alors elle tourne la téte«
Des yeux son emuit la suivait.
De la main il la cappelait.
La friponne aussitôt s'arrête,
Laisse tomber aa cruche, et liit.
En feignant un léger dépit :
€ Maladroite 1 de la fontaine
Faut-il reprendre le chenua ?
Oui, sans doute; c'est douUe peine ;
Mais ce vase doit être plein. »
Elle revient^d'im pas TBpide.
Zambri laieçoît dans.^esl)raB,
Et presse d'une bouche smAt
Ses charmsB ous <et délicats.
€ J'entends du binit, dit^le, écxxHteu
— Ne crains rien ; ce sont des oiseaux.
Ils s'aiment, se cherchent sans doute, Et se trouvent «ur les rameaux.
Faisons comme eux, et mieux encore.
Que tes regards sont enchanteurs 1 Viens, et couche-toi sur les fleurs ; Le feu du désir me dévore.
— Dieu ! je tremble à ce bruit nouveau.
— C'est Torange mûre et dorée, Qui de sa tige séparée.
Tombe, et flotte sur le ruisseau.
Sois tranquille ; en ce lieu personne Ne troublera notre bonheur.
— Eh bien, presse-moi sur ton cœur ; A tes baisers je m'abandonne. »
Le ciel, qu'irritaient leurs transports, Charge Phinès de les surprendre; Il vient, frappe, et ce couple tendre S'aime encore, dit-on, chez les morts.
Que l'erreur à l'homme est £icile !
Que son œil est louche et débile !
Combien ses principes sont faux I Devrait-il à son. ignorance Joindre oncore l'impertinence Qui juge et tranche à tout propos I
Gain assassine son frère ;
De ses filles Loth est Tamant ;
Avec adresse à son beau-père
Thamar escamote un enfant ;
Ruben séduit sa belle-mère :
Voilà, disons-nous ici bas,
Des forfaits ; gare le to^merre !
Mais Dieu, qui s'y connaît, j'espère,
Les voit, et ne sourcille pas.
Toucher fille madianite.
Et baiser sa gorge proscrite,
A nos yeux trompés c'est un jeu ;
Aux yeux du Seigneur, c'est un crime
Digne de l'infernal abîme.
Ne baisons rien, et touchons peu.
Peut-être David en son âme Avait calculé tout cela.
Lorsque sans crainte il immola Le mari dont il prit la femme. Bethsabée entrait dans le bain Sans soupçons et tout-à-ûtit nue ; Sur elle du palais voisin.
Le roi laisse tomber sa vue.
« Qu'elle est, dit-il aux courtisans, Cette femme brune et jolie
DE LA BIBLB. 67
Dont l'aspect a troublé mes sens 7
— C'est l'épouse du brave Urie.
Une en fidèle soldat
De Joab a suivi l'armée ; Ici son épouse alarmée • Attend le succès du combat«
— Je la vois toujours plus charmante.
Je veux par un mot d'entretien Rassurer son âme tremblante.
Qu'elle vienne, et ne craigne rien. >
C'est en rougissant qu'elle arrive.
Le téte-à-téte dure peu ; Mais en s'éloignant de ce lieu.
Sa rougeur est encor plus vive.
Le prince à Joab écrivit ; De sa main il voulut écrire ; Et bientôt Joab répondit :
€ En ce moment Urie expire. >
David bien et dûment prêché Par un docteur plein de sagesse, Pleura quelque tems son péché, Mais garda toujours sa maîtresse.
Son fils alors, le jeune Âmnon, Brûla d'une coupable flamme.
Il voulait au fond de son âme