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Vous ferez comme moi, qui fis comme tant d’autn Vos souvenirs viendront à la suite des nôtres Et vous direz aussi, quand tout sera fini :
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Mais ce soir, vous êtes encore Jeunes, joyeux! — L’Espoir décore Vos beaux fronts de vingt ans de son rêve ingénu !... Vous marchez vaillamment vers le grand Inconnu.
Marchez donc ! — Seul , l’Effort est le maître sublim Il faut un rude élan pour atteindre à la cime!...
En avant! Gravissez un à un les degrés;
Que votre ardeur s’exalte et, Messieurs, vous vaincu
.TfOaMIHD i4>aJLM i %bï^l§ho !, éll 9 ^à^ce qu’ici je souha “ Et si M'aiment les vœux d’un infime poète
LES EXAMENS
Sont entendus des Dieux, —les miens sont si parfaits Que bientôt, tous reçus, comblés de leurs bienfaits, Vous en reconnaîtrez les magiques effets!
LES EAUX
LES EAUX
Les Eaux vivent. — Leur vie est pleine de surprises : S’échappant à grand bruit des rochers entr’ouverts, Elles vont, sous le souffle impérieux des brises, Traversant les hameaux, les cités, l’Univers...
Les Eaux dorment. — L’étang s’alanguit et sommeille, Le lac reste muet sous le ciel éclatant ;
Si le zéphyr rôdeur les trouble et les éveille Ce n’est qu’un court frisson qui s’apaise à l’instant.
Les Eaux chantent. Leurs voix sont belles... On écoute, Effrayé, le torrent qui roule avec fracas ;
Et, pour le cœur charmé, le ruisseau... goutte à goutte... Murmure sa romance, aux accents délicats.
Traversant les Cités...
Les Eaux meurent. — Leur mort est pleine de mystère : La mer est le sépulcre où le sort les conduit ;
Et c’est de tout le bruit des échos de la Terre Que l’Océan s’émeut et gronde jour et nuit.
Les Eaux savent aussi se moquer, jouer, rire ;
Elles savent pleurer: leurs larmes sont d’argent...
LES EAUX
Elles savent rêver : lorsque le vent soupire,
Leur rêve, sur les flots, vole en se prolongeant...
S’échappant à grand bruit des rochers entr’ouverts.
Elles savent aimer; l’amour est dans leurs âmes Et, sous leurs plis mouvants, il cache ses attraits...
Elles savent se taire : oh ! les secrets infâmes Qu’elles gardent au fond de leurs lits toujours frais !..
b * fa*!
Mais garder les secrets, hélas! c’est œuvre vaine,
Que sert-il de couvrir le crime ou la terreur,
S’il est des maux plus grands, s’il est plus grande horreur : Les Eaux n’effacent pas la Haine ;
Les Eaux n’effacent pas l’Erreur !
Leur puissance est un mythe et leur force incertaine Sombre devant l’envie et devant la fureur :
Engloutissant ensemble et victime et vainqueur,
Les Eaux n’effacent pas la Haine,
Les Eaux n’effacent pas l’Erreur !
Aux rives du Jourdain, versant l’onde sereine, Jean croit des vérités être l’avant-coureur ; Mais le Doute proteste et rit du discoureur : Les Eaux n’effacent pas la Haine,
Les Eaux n’effacent pas l’Erreur !
Coulez, Torrents! Et vous, Cascades jaillissantes. Tombez du haut des rocs !.. Mugissez ! Ecumez !
LES EAUX
IOI
Sortez des puits profonds et venez, bondissantes,
Vous toutes, Eaux du gouffre et vous, Eaux des sommets !
Eaux des Fleuves, des Lacs, Eaux de la Mer prochaine, Venez !... Unissez-vous en une sainte ardeur :
Mais les Eaux ont glissé, n’effaçant pas la Haine, Et la Mer a passé sans effacer l’Erreur !
ENVOI
A Madame SEGOND-WEBER, de la Comédie-Française.
En écoutant la voix, belle, grave , profonde, jVérte comme un cristal, limpide comme une onde,
Fo/'x de la grande artiste... au talent si parfait Que l'on croit voir en Elle et qu'Elle est, en effet,
Muse aux dieux échappée, une muse vivante. .
Je sentais, sous sa grâce exquise et captivante,
Se fondre par degrés ma trop juste terreur :
Les lèvres, qui de Phèdre avaient dit la fureur ;
Qui , de Guanhumara, par la haine excédée,
Avaient clamé Vhorreur ; les lèvres de Médée,
De Berth e, fille d'Aude et fille de Roland,
Ces lèvres déclamaient mes vers !!
...Caché, tremblant,
J'écoutais... Et soudain mon âme fut ravie:
Sa voix en les disant leur insufflait la Vie...
Ils prenaient en passant un peu de sa beauté.
Dits par Elle, on sentait moins leur fragilité...
« Les torrents apaisés s'écoulaienl dans la plaine :
« Les ruisseaux murmuraient des chants pleins de douceur; « Et les Eaux, dans leur course, effaçaient toute Haine!
« Et la Mer, à sa voix, avait vaincu l'Erreur!'... »