HUMIDES
PROPOS HUMIDES
C’était le soir, à la campagne, pendant les vacances dernières. Je me promenais à l’entrée de la l'orêt avoisinante, en compagnie d’un brave apothicaire avec lequel je venais de copieusement dîner.
Rien ne vaut un bon repas pour éveiller dans l’esprit les tumultueux échos des vérités premières ; et plus d’un n’est philosophe qu’après boire. Nous allions donc en devisant et nous arrivâmes bientôt au bord de l’eau. Un pont rustique, jeté sur une cascade tourbillonnante, arrêta nos pas. Séduits par le pittoresque de l’endroit, nous vînmes nous accouder sur le, parapet de bois et nous nous mîmes à contempler l’eau qui fuyait sous nos yeux...
Le soir tombait. La nuit, par saccades, commençait d’étendre autour de nous son manteau d’ombre et tirait avec lenteur les rideaux nébu- • leux où se cache le soleil. Une douce et poétique mélancolie s’épandait sur les choses...
J’avais composé, quelques jours plus tôt, les vers que l’on vient de lire \ Ému par la beauté