‹ Les GaléniennesChapitre 4 sur 43 · L. Ferroud, éditeur, 127, boulevard Saint-Germain, Paris · texte numérisé non relu

L. Ferroud, éditeur, 127, boulevard Saint-Germain, Paris

AVANT-PROPOS

J’ai longtemps hésité à intercaler dans cet ouvrage une partie musicale. J’allais même y renoncer quand, ayant lu au Compositeur aveugle François Bouriello le « Nocturne » qui précède le Ballet des Fleurs, il se mit au piano et improvisa, séance tenante, le Rêve Dantesque qu’il fit transcrire aussitôt et que j’ai inséré dans ce volume. Ce fut une heure d’émotion violente. Le délicieux et ardent musicien 1 affirmait que, derrière ses yeux éteints, il voyait le rêve enchanteur. Ses doigts couraient sur le clavier; sa voix accompagnait les accords qu’il frappait avec ivresse. Un- noble tressaillement l’animait. Toute la poésie de son âme musicale s’éveillait et se traduisait en sons mélodieux. Et je lui promis d’insérer dans les Galéniennes le « Nocturne » improvisé si magnifiquement devant moi. Il me prit les mains et m’embrassa. Pouvais-je ne pas tenir ma promesse? Grâce â lui, la muse Euterpe a sa place marquée au milieu de mes modestes rimes. Laissez-moi penser qu’elle les purifiera. .

Je vais plus loin : — Dans la Cathédrale de Florence existe une fresque de Domenico di Francesco, au milieu de laquelle le divin poète Dante Aljghieri est représenté. Son regard contemple l’horizon; il est empreint d’une douce mélancolie et la mansuétude est peinte sur son visage. La noblesse accueillante dont il est revêtu'

1. Quelques-unes des œuvres de François Bouriello sont en vente chez les éditeurs Sénart et C'% 20, rue du Dragon, à Paris.

AVANT-PROPOS

me permet d’espérer que, grâce aux belles notes de musique jetées si généreusement au milieu de mes fantaisistes écrits, grâce à l’exquise préface où l’érudition, l’élégance, l’amitié -et le charme se sont unis pour former un tout enchanteur, le chantre de la Divine Comédie me pardonnera de lui avoir dédié, avec une audace dont j’ose à peine m’excuser, les rimes sonores, tintinnabulesqu.es et légères des Galéniennes, — que voici.

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