IR MOULIN
gauche où nous sommes, ce qu’on y admire le plus, ce sont les tableaux de notre
peintre
français Claude !.
,orrain
. Nous avons vu ;
au Louvre et dans
princièrt
's de l’Europe de
magnifiques paysages de
ce grand artiste; mais jamais,
à Rome
meme, où sont
ses p
lus beaux ouvrage
s, nous n’avons vu
des Claude
aussi lumineux , aussi sp!
Lendide
s que ceux de la
galerie Doria. Le
Moulin est
célèbre ,
et du vivant même <
du peintre, on le
regardait comme
un de ses
chefs-d’œuvre. Il est impe
tssible
de creuser sur une surface plane des
perspectives
ROME
[►lus profondes, ni d’imaginer nn site plus noble, des contrées plus dignes de l’habitation des héros et des dieux. C’est le caractère distinctif de Claude Lorrain, de peindre les plus beaux lieux du monde avec autant de vérité que s’il les avait copiés d’après nature, de sorte qu’eu voyant ces campagnes enchantées, on croit reconnaître des pays qu’on a déjà parcourus, et qui cependant n’ont jamais existé (jue dans l’imagination de ce grand poète. En entendant parler d’un paysage qui s’appelle le Moulin , on est porté naturellement à se figurer un groupe de maisonnettes rustiques dans un pays agreste, quelques troupeaux conduits par des villageois, et un meunier chassant devant lui un âne chargé de sacs : ainsi l’aurait compris un peintre de Ilarlem ou d’Utrecht. Tout au contraire, dans le tableau de Claude, le moulin n’est qu’un accident éloigné et presque inaperçu. C’est à [teine si l’on y arrête un instant ses regards éblouis de la lumière que fait resplendir un paysage arcadien, traversé par un tleuve majestueux. Au lieu de maisons rustiques, ce sont des temples à portique circulaire qu’ombragent des pins au panache gracieux et arrondi; au lieu de grossiers villageois, ce sont les pasteurs de l’âge d’or, et il semble que les troupeaux qui viennent s’abreuver à un bras du lleuve sont ceux-là mêmes dont le berger fut Apollon.
De l’aile gauche nous passons dans un cabinet [tins spécialement consacré aux personnages historiques de la famille Doria Panfili. Là se trouve le buste en marbre de la princesse Marie Doria, née Talbot; là figurent, en regard l’une de
l’autre, deux peintures étonnantes : le portrait d’André Doria, l’illustre amiral
génois, par Sébastien del Piombo, et celui d’innocent X, par Yélasquez. Tels sont les deux fondateurs des deux maisons qui maintenant n’en font plus qu’une , les Doria et les Panfili. Quels que soient le style, la dignité, la fière grandeur du portrait de Sébastien, il faut convenir que celui de Yélasquez est plus frappant encore, et se grave plus profondément dans le souvenir. Le naturalisme a dit là son dernier mot; et, du reste, comment idéaliser une tête aussi sensuelle? Ce visage de prêtre intempérant, cet œil couvert, ce regard de vautour, comment les ennoblir autrement qu’en s’attaquant avec franchise à la nature, de façon à en saisir fortement le caractère? Yélasquez a fait là une merveille d’exécution; et qu’il nous soit permis de rappeler ici ce qu’en a dit, dans l’histoire de ce peintre, M. Charles Blanc: « Le tableau de Yélasquez était un des prodiges de l’art : son succès fut un triomphe ;
la toile portée en grande pompe à la procession dans lus rues de Borne renouvela
I i 1 1 1 1 si< h i que jadis avaient produite les portraits fameux de Léon X, par Raphaël, et de Paul III, par le Titien. C’était le souverain pontife en personne que ce pape au visage rouge , assis dans un fauteuil rouge, se détachant sur des tentures rouges; il avait suffi d’un ourlet d’hermine au bord de la calotte do pourpre, de quelques touches vivement posées sur les points lumineux du nez, du la pommette ut des