LA V I S I O N DE SAINT R O MUAL D
Le Saint Grégoire le Grand est encore eu le doulde honneur d’occuper au Louvre mosaïque dans la chapelle Grégorienne de
une belle page d’André Sacchi ; elle a une place distinguée et de figurer en Saint-Pierre du Vatican ; on a donné
ROME. VATICAN
diverses interprétations à ce tableau. Le pontife y officie entre deux diacres: il tient un linge ensanglanté d’une main, et de l’autre un stylet; le Saint-Esprit, sous la forme d’une colombe, lui prête assistance pour faire un miracle qui confond trois incrédules.
Un Christ mort de Charles Crivelli , peintre vénitien et maître de Jean Bellin , acheté par les ordres de Grégoire XVI. Peint au xive siècle, ce Christ peut donner une idée de l’enfance ou plutôt de l’adolescence de l’art.
Les Vertus théologales. Pans ce petit tableau peint en grisaille par Raphaël, et <pii appartient à sa seconde manière , sont représentés séparément trois sujets allégoriques : l’Espérance, la Foi, la Charité.
L’Espérance tient à la main un vase en forme de calice; deux anges, placés à droite et à gauche, montrent sur deux cartels des lettres majuscules qui indiquent h' nom du Fils de Dieu.
La Foi est représentée aussi par une femme; elle a les mains jointes, et est assistée de deux chérubins qui , comme elle , prient avec ferveur.
Les pauvres orphelins jetés dans le sein de la Charité , ce petit génie qui sème à terre des pièces de monnaie , et cet autre dont les bras soulèvent un bassin d’où s’échappent des jets de flamme, sont la symbolique la plus attendrissante et la plus expressive de la vertu chrétienne par excellence.
Il est inutile de faire ressortir ce qu’il y a de modestie et de ferveur aimante dans cette figure de la Charité. Raphaël était très-jeune quand il exécuta ces petites compositions. Elles formaient comme une frise au-dessous de la fameuse Déposition de croix qui est aujourd’hui au palais Borghèse ; elles furent conservées dans la sacristie de Saint-François des Pères conventuels de Pérouse jusqu’à l’époque de nos campagnes d’Italie, où elles furent détachées du panneau au moyen d’un sciage.
Ces trois tableaux ont exercé le burin de divers graveurs, et notamment celui de notre Desnoyers, le grave et digne interprète des ouvrages de Raphaël.
L’Assomption de la Vierge de Monte Luce. Par un écrit daté de 1303, Raphaël s’était engagé, moyennant trente ducats d’or, à exécuter ce tableau pour les religieuses de Monte Luce; il en lit la composition et le commença seulement. En 1310, les religieuses lui firent tenir encore deux cents ducats, en lui accordant un nouveau délai de quinze mois; mais Raphaël ne put accomplir sa promesse, et le tableau ne fut terminé qu’ après sa mort par Jules Romain et François Penni. Au Louvre, les experts l’estimèrent cent quatre-vingt mille francs.
Les Mystères, ouvrage de la première manière de Raphaël, que l’on voyait aux Bénédictins de Pérouse, avant qu’il fût transporté à Paris; il est divisé, comme les Vertus théologales, en trois sujets : la Salutation angélique, l’Adoration des
LA GALERIE DES TABLEAUX
rois, et la Présentation au temple. On ne peut rien trouver de Raphaël lui-même, qui soit exécuté avec plus de sentiment et de délicatesse.
Jésus-Christ assis sur l’iris, attribué au Corrége, et qui n’est évidemment pas de lui, provient de la galerie Marescalchi, à Bologne.
L’Incrédulité de saint Thomas, la Madeleine et le Saint Jean-Baptiste sont trois compositions de Jean Barbiéri, surnommé le Guerchin parce qu’il était louche. L’Incrédulité de saint Thomas, sujet dont le peintre, au dire de ses biographes, a fait d’innombrables variantes, est le meilleur de ces trois tableaux; aussi fut-il