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GALERIE COUSIN I

mais comme line pure décoration. Ce qui est surprenant, c’est de voir à coté des Locatelli, la Conversion de saint Paul, de Pierre de Laër, surnommé le Bamboche ,

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parce qu’il peignait habituellement ce qu’on appelle des bambocliades. On n’eût jamais soupçonné un tel peintre d’être l’auteur sérieux d’un tableau de sainteté. Pierre de Laër ressemble cette fois à Salvator pour la couleur et pour la touche.

ROME

Carlo Dolci, le peintre par excellence des congrégations religieuses, des autels privilégiés et du petit culte, fut l’ami des Corsini et travailla beaucoup pour eux. Aussi ses ouvrages , si rares partout ailleurs , sont-ils en grand nombre dans ce palais. Rien de plus suave, rien de plus doux, ou pour mieux dire rien de plus doucereux que les peintures de Carlino. Passe encore lorsqu’il peint la Vierge adorant V enfant Jésus pendant son sommeil : la délicatesse du faire, l’extrême fini sont alors justifiés par la pensée qui a dicté le tableau , et par la destination qu’on lui donne; mais quand le peintre applique cette manière affadie, cette propreté, nous allions dire cette humilité du blaireau à des sujets plus mâles, on croit voir le type de ces images que recherchent et que débitent les marchands d’agnus et de chapelets. Les figures d’enfants et celles de Vierges se prêtent mieux à la touche de Carlo Dolci, à ses intentions de quiétiste, à la mollesse de son mysticisme. Il les dessine correctement sans doute, les choisit d’une beauté régulière, fine et douce; mais les chairs sont chez lui modelées comme de la ouate, les formes sont arrondies, tes visages ont la transparence et le froid de la cire. Ses Madones 11e vivent ni de la vie du corps ni de la vie de Pâme. On les dirait anéanties dans une contemplation qui aurait suspendu les sensations réelles aussi bien que les mouvements de la pensée.

0 11 elle que soit la prédilection des Italiens pour les maîtres de leur pays, ce sont des peintres flamands ou hollandais qui se font remarquer dans la troisième chambre, où brillent pourtant deux Ecce Homo, l’un du Guerchin, l’autre du Guide, et un élégant portrait de Philippe II qui n’est pas sans doute de la main du Titien, mais qu’il faut prendre pour une répétition faite sous ses yeux, par ses élèves. Parmi les Flamands nous citerons un paysage de Paul Bril, magnifique dans son ensemble et aussi fin dans ses détails qu’un Breughel de Velours; un beau Soleil couchant de Jean Both , second Claude, que le catalogue Corsini appelle Paul Botti, et un joli petit Philippe Wouwermans : c’est une Halte de cavaliers. Comme toujours, le peintre a représenté dans le nombre un cheval blanc, car c’était son habitude, la croupe d’un cheval blanc lui servant à marquer la note la plus élevée de la gamme de son clair-obscur. Mais un morceau capital, dans cette chambre, c’est l’Étal de boucher, que tous les amateurs de Rome attribuent à Téniers le fils. On y voit, à droite, 1111 veau mort, écorché et sans tête, ouvert, vidé et accroché à l’étal, avec ses boules de graisse et ses tissus à demi transparents; puis des choux verts et bien frisés, des pots , des écumoires et d’autres ustensiles; à gauche, un garçon boucher en casaque rouge et tablier blanc, qui tient sur l’épaule l’assommoir avec lequel on abat les animaux, et à côté de lui, une femme qui porte le cœur de la bête et ses poumons; plus loin nue ménagère qui veille deux pots sur le feu. Ge tableau fin, légèrement touché et plein d’esprit, est digne de Téniers, il faut en convenir, mais

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