MANGIN
mobiliers ayant appartenu aux habitants de l’Étrurie ; dans l’autre , sept mille fragments
la Toscane , quand elle s’appelait environ de verres blancs antiques
et d’émaux colorés , provenant pour la plupart des devons encore mentionner, pour ne rien omettre, le quelques beaux morceaux de Canova, la villa Albani
catacombes de Rome. Nous palais Torlonia qui renferme remarquable par les fresques
de Raphaël Mengs , et la villa Ludovisi célèbre par la fameuse Aurore du Guerchin.
Et maintenant que nous avons épuisé la liste des galeries publiques et privées de Rome, qu’il nous soit permis d’offrir l’expression de notre profonde reconnaissance à ceux qui nous en ont rendu l’accès si facile et si agréable. Si nous avons pu, en effet, pénétrer dans les palais des princes italiens, les trouver instruits des motifs de notre voyage , obtenir d’eux l’entrée dans les appartements privés de leurs magnifiques demeures et nous faire accorder les faveurs qu’on refuse souvent à des visiteurs de marque, c’est grâce, nous nous plaisons à le reconnaître, à la bienveillante intervention de M. Collet-Meygret , qui, dans une lettre ministérielle, voulut bien nous représenter comme un missionnaire de l’art, nous qui n’allions en Italie que comme un modeste mais enthousiaste amateur; c’est à ce généreux patronage que nous devons les bontés dont nous a honoré M. le comte de Reyneval, ambassadeur de France à Rome, et la connaissance précieuse de M. le baron de Belcastel, alors premier secrétaire d’ambassade. C’est enfin à ces influences réunies que nous sommes redevable du plus grand honneur que puisse ambitionner un chrétien, celui d’être reçu en audience particulière par notre saint-père le pape. Les paroles gracieuses qui nous furent adressées par le vénérable chef de l’Église ne sortiront jamais <le notre mémoire. Interrogé sur le plan de notre livre , nous eûmes le plaisir d’entendre Sa Sainteté nous énumérer les chefs-d’œuvre renfermés dans le Vatican, et il nous fit, dans les termes les plus justes, la description de la fresque de Jules Romain, qui décorait le plafond de la chambre où nous avions été admis à recevoir sa bénédiction. De tous les grands souvenirs qui nous restent de ce voyage , nous n’en avons pas rapporté 3e plus précieux , ni de plus cher à notre cœur.
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ojviE antique était la ville des guerriers, Rome moderne est Ja cité des prêtres. On sera cependant étonné d’apprendre qu’elle ne renferme pas moins de quatre cent soixante-dix églises, pour une population qui ne dépasse pas cent soixante mille habitants, et que les richesses réunies de ces établissements religieux composeraient un trésor dont le chiffre dépasserait peut-être tout l’argent que possèdent les divers souverains de l’Europe. On ne saurait calculer, en effet, tout ce que la dévotion des fidèles, L’amour de l’art, le faste des princes et la pompe inhérente au culte catholique, ont accumulé de magnificence dans ces palais de la religion. A chaque pas on rencontre des tombeaux somptueux, des autels chargés d’or, des œuvres sans prix, de peinture et de statuaire, partout enfin, c’est une profusion de marbres, de bronzes, d’émaux, de pierres précieuses, à ébloui]1 1rs veux, à lasser l’étonnement et l’admiration.
Le plan des églises de Rome affecte différentes formes que l’on peut réduire au nombre de quatre : la forme ronde, dont nous avons un exemple dans le Panthéon à Rome, et dans l’église de l’Assomption, à Paris; la forme du parallélogramme qui est celle des basiliques, et qui se dessine comme une carte à jouer, à cela près que, sur la face opposée à la porte d’entrée, s’ouvre une abside demi-circulaire,
ROME
appelée en Italie tribuna; la croix latine, dont la forme est celle d’un crucifix couché par terre, et qui offre par conséquent une partie plus longue que les trois autres, celle qui va de la porte d’entrée au point d’intersection; enfin la croix grecque, dont les quatre parties sont d’égale longueur.
On compte à Rome sept basiliques : Sainte-Marie Majeure, Saint- Paul hors des Murs, Saint-Jean de Latran, Saint-Laurent hors des Murs, Saint-Sébastien, Sainte-Marie in Trastevere, Santa Croce in Gcrusalemme. On donne aussi le nom de basilique à Saint-Pierre de Rome, parce qu’il occupe la place de l’ancienne basilique bâtie par Constantin. Du reste, quels qu’en soient le nom ou la forme, il n’est pas une église à Rome qui ne soit remarquable par son architecture, fameuse par les souvenirs historiques ou religieux qui s’y rattachent , intéressante par son ancienneté , distinguée par quelque privilège , par la relique de quelque saint martyr, par la dépouille de quelque grand artiste , ou bien par un rare degré d’opulence. Mais comme la description de tant d’édifices serait fatigante plus encore pour le lecteur que pour nous-même , nous nous bornerons à le conduire dans les églises que l’on peut considérer comme étant de véritables galeries de tableaux et de sculptures. De même qu’en visitant le Vatican, le Capitole et les collections privées , nous avons insisté sur les beautés de premier ordre , de même en parcourant la Rome catholique , nous nous arrêterons particulièrement devant les morceaux célèbres. Voici le nom des églises qui les renferment :
SAINT-PIERRE, SAINT-JEAN DE LATRAN, SAINTE-MARIE MAJEURE, SAINTE-MARIE DE LA PAIX, SAINT-AUGUSTIN, LE PANTHÉON, SAINT-PIERRE AUX LIENS, SAINT-PIERRE IN MONTORIO, SAINTE-TRINITE DU MONT,