‹ Les galeries publiques de l'EuropeChapitre 144 sur 167 · DE L AT R AN · texte numérisé non relu

DE L AT R AN

portées par deux colonnes cannelées en jaune antique, les plus grandes connues e n cette sorte de marbre.

Mais la merveille de Saint-Jean de Latran est la chapelle Corsini ; tout y est d’une richesse incomparable. La grille même qui eu ferme l’entrée est ouvragée d’admirables dessins et forme à elle seule un chef-d’œuvre d’art. Là sont accumulés avec goût, entassés avec ordre, tous les trésors imaginables, le porphyre, les jaspes,

INTÉRIEUR I)E L* Ê (i L I S E SAINT-JEAN DE LATRAN

les agates, la serpentine, l’albàtre oriental, le vert et le jaune antiques, vingt autres marbres précieux et de superbes bronzes dorés. Clément XII éleva cette chapelle à son aïeul, saint André Corsini, dont le portrait en mosaïque, d’après le Guide, occupe le milieu de l’autel. A gauche est le mausolée de Clément XII lui-même; il voulut être enseveli dans une urne de porphyre, longtemps abandonnée sous le portique du Panthéon, et qui peut-être avait renfermé les cendres d’ Agrippa. La statue du pape, toute de bronze, est accompagnée de ligures symboliques, ainsi que la statue du cardinal Neri Corsini , oncle de Clément XII , qui fait face au

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monument de son neveu. D’autres sculptures, représentant les vertus cardinales, embellissent encore la chapelle Corsini ; la plus remarquable est la Tempérance de Philippe délia Y aile, jolie figure de marbre qui verse de l’eau, d’un vase dans un autre.

En revenant dans la grande nef, on trouve le tombeau en bronze de Martin V, par Simon Donatello, frère du fameux sculpteur florentin, et dans la nef à droite, le portrait de Boniface VIII , ouvrage présumé du Giotto ; puis , à l’extrémité , sous le portique du nord , une statue d’IIenri IV érigée au roi huguenot par ses confrères les chanoines de Saint -Jean de Latran. Depuis Henri IV, les rois de France ont toujours été membres de l’illustre chapitre. Si l’on sort de l’église par la porte du nord , on a devant soi un monument qui a trois mille ans d’existence, l’obélisque de Teutmosis, en granit rouge, transporté ici par Dominique F on tan a , sous le pontificat de Sixte-Quint. Si l’on sort par la porte de l’orient, on rencontre le saint escalier, c’est-à-dire vingt-huit marches de marbre blanc qu’on dit être celles de la maison de Pilate à Jérusalem , marches sacrées , que le Christ a montées et descendues, et que l’on doit gravir à genoux. Mais avant de quitter Saint -Jean de Latran, il est impossible de ne pas jeter un coup d’œil sur la vue que l’édifice domine : rien de plus imposant et de plus triste ; on aperçoit de ce point toute la sublime campagne de Rome jusqu’aux montagnes bleues de la Sabine; ici, les vieilles murailles d’Aurélien décorées de tours et couvertes de graminées, là, les débris de l’aqueduc de Néron, et de toutes parts, sous un ciel ardent, de pittoresques villas interrompant par des massifs de verdure le sauvage désert du Latium .

n l’an 352, le pape Libère eut un songe dans lequel il crut voir la ^ ^ar*e (lni ^U1 ordonnait- d’élever un temple à l’endroit où il aurait neigé pendant la nuit. A son réveil, le pontife ayant appris clu ime n°ioe abondante était tombée sur le mont Esquilin , alla vérifier le prodige avec un certain Jean, patricien romain, qui avait eu la même vision , et il traça sur la neige le plan de la basilique \m> dont ce patricien lit les frais. Telle est l’origine miraculeuse de l’église Santa Maria ad Ni-ves , appelée aujourd’hui Sainte-Marie Majeure parce qu’elle est la plus grande des trente-neuf églises de Rome dédiées à la Vierge. Au milieu d’une grande place qui précède la basilique , Paul V lit élever une des magnifiques colonnes du temple de la Paix, colonne corinthienne d’une exquise élégance, que son isolement rend peut-être un peu trop svelte, et

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au sommet de laquelle est placée la statue de la Vierge. La façade principale de l’église , qui donne sur cette place , présente un double portique ayant trois ouvertures en bas et trois arcades en liant. Le portique inférieur, d’ordre ionique, forme trois avant-corps, tous trois ornés d’un fronton; le portique supérieur, d’ordre corinthien, s’ouvre en arcades et porte une balustrade couronnée de cinq statues. Le cavalier Ferdinand Fuga fut l’architecte ou plutôt le restaurateur de

I \ y, A l> O N E D E SAINT L I C

cette église, sous le pontificat de Benoit XIV, et c’est lui qui la mit dans l’état où nous la voyons. En édifiant la nouvelle façade, il y incrusta les mosaïques du xme siècle qui décoraient l’ancienne; ces mosaïques sont l’œuvre de Gaddo Gaddi, et de Philippe Rosetti , contemporain de Cimabue.

Lien de plus majestueux, de plus simple et de plus noble que l’architecture intérieure de l’église : elle est divisée en trois nefs par une suite de trente-six colonnes ioniques de marbre blanc, présentant les lignes les plus heureuses, et qui font embrasser d’un seul regard l’ensemble de l'édifice. Tirées du temple de

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