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LE NOUVEAU BRAS

Uaracalla, on est heureux de se rappeler que les marbres de ces hommes infâmes sont devenus rares parce qu’ils furent détruits par décret du sénat et par la haine <hi peuple romain. Mais on s’arrête avec plaisir devant les nobles et calmes figures de Trajan et de Titus.

Près de l’église de la Minerve, où était vraisemblablement le temple d’Isis, des recherches opérées sous le pontificat de Léon X amenèrent la découverte du Nil , groupe colossal en marbre pentélique , dont on voit une copie dans le jardin

îles Tuileries; il rappelle celui qui était au temple de la Paix, en basalte noir, et que Pline a décrit. Le dieu tient un faisceau d’épis d’une main, et de l’autre une corne d’abondance, où, parmi les fruits du colocase, les raisins, les épis et les roses , s’élève le soc qui féconde la terre ; à ses pieds , le crocodile et l’ichneumon sont lut i nés par plusieurs de ces gracieux enfants, qui, tous ensemble, figurent, dit-on, les seize coudées auxquelles devait atteindre le débordement du fleuve. L’un d’eux abaisse un voile sur la source d’où s’échappent les eaux, source qui doit rester inconnue et mystérieuse comme tout ce qui vient des dieux. Sur le socle se dessinent le lotus et le papyrus, des ibis au long col, des bœufs, des crocodiles , un ichneumon , des hippopotames , et deux bateaux montés par des Pygmées ou plutôt, comme le pense Visconti, par des Tentyrites, peuplade riveraine qui, au rapport de Pline, se livrait à la chasse du crocodile.

ROME. VATICAN

La statue de la Pudicité répond parfaitement à l’idée que peut s’en faire l’imagination d’un poète. Cette noble figure, enveloppée dans les plis délicats de sa draperie, est le vrai type de la dignité dans la grâce; les formes les plus voluptueuses y sont cachées sous le voile de la pudeur, et peut-être sont-elles ainsi plus visibles, bille fut exhumée , sous Clément XIV, de la villa Mattéi , pour prendre place au musée Pie-Clémentin , d’où Grégoire XIV la fit transporter au Nouveau Bras.

La Minerve , dite Medica , est aussi en marbre de Paros ; elle vient des ruines du temple de Minerva Medica, situé sur le mont Esquilin. Lucien Bonaparte la vendit au musée. Armée de l’égide, la déesse soutient le péplum et s’appuie sur la lance , autour de laquelle est enroulé le serpent , emblème de perdition dans la Genèse, emblème de salut chez les Grecs et les Romains. La Minerve du Parthénon, œuvre de Phidias, avait aussi le serpent à ses pieds.

Les croyances des anciens , leurs dieux , leurs plaisirs , leurs amours , leurs fantaisies, tout ce qui composait leur existence physique ou morale, a exercé le ciseau des statuaires. Ici, c’est, la prêtresse d’Isis, tenant le vase d’eau lustrale, et les cheveux parés de la fleur du lotus. Là, c’est un Esculape sans barbe, drapé dans un manteau et appuyé sur un bâton, autour duquel s’enlace le serpent mythologique. Cette belle statue est bien conservée; la tête n'a jamais été détachée des épaules, ce qui est rare; Auguste la commanda, dit-on, en Y honneur d’un de ses médecins, Antoine Musa, qui l’avait sauvé par le traitement des bains froids. Plus loin, un premier groupe de chevaux marins emporte Téthys, déesse de la mer, dont le col est ceint d’un humide collier de perles; un second groupe va déposer, aux plages de Cythère , la blonde Vénus sortant des ondes pour le bonheur des dieux et le tourment des humains.

Un dernier morceau, d’une grande beauté, représente Mercure dans le costume du dieu des voyageurs et tenant le caducée en main; il a d’abord porté une tète de l’empereur Adrien, remplacée en 1803, sur l’avis de Canova, par une véritable tête de Mercure, provenant du Colisée. C’est l’ouvrage du sculpteur cypriote Zénon, contemporain de Marc Aurèlc.

Parmi les bustes, il faut remarquer un Hermès, vendu par M. Jenkens, et très-renommé à cause d’une inscription grecque en vers hexamètres qui a exercé la sagacité des savants ; la tête colossale d’un Race captif ; l’empereur Commode , posé sur un tronçon de colonne en granit rouge oriental; une Junon plus grande que nature, donnée par Mgr François Pentini ; les deux triumvirs Lépide et Marc Antoine, sur fragments de colonne en granit gris; Sabine, femme d’Adrien, le diadème sur la tête; Manlia Scantilla, dont le mari, Didius Julianus, fut assez ricin; pour acheter l’empire mis à l’encan par les soldats; un Dioscure, dont le

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