LA FEMME ACÉPHALE
dernier mot de l’art; elle a excellé dans le jet des draperies, comme dans le rendu des chairs: elle a exprimé le calme aussi bien que le mouvement, et l’énergie aussi vivement que la grâce. Pour les enfants, par exemple, l’antique est encore notre modèle. On trouve ici plusieurs figures d’enfants qui sont toutes charmantes. En voici un qui a cueilli des raisins dans sa tunique et qui déjà sourit à l’idée d<* les manger. Là, c’est un autre enfant qui regarde avec effroi devant lui : voudrait-on lui ravir les osselets qu’il tenait dans ses mains? Nous avons peut-être là nue copie des Astragalizontes de Polyclète, célébrés par Pline. Les anciens donnaient le nom à' astragales aux osselets. Un troisième enfant personnifie le Sommeil; il [tousse de l’épaule un jeune lion qui se laisse assoupir, tandis qu’un lézard, doucement
ROME. VATICAN
engourdi, rampe à ses pieds. Vous demandez pourquoi le Sommeil a des ailes : sans doute par allusion aux voyages de notre âme lorsqu’elle est emportée dans les régions chimériques, sur l’aile des songes.
Les bustes de Trajan et d’ Auguste sont de proportion naturelle; les tètes sont, l’une en basalte noir, l’autre en marbre de Paros. Dans le premier, la cuirasse et la chlamyde sont en albâtre fleuri. Rien n’est plus expressif que la tête de Trajan , rien n’est plus beau que celle d’ Auguste , représenté dans sa jeunesse. L’ambition,