LES ARABESQUES DE RAPHAËL
ornements, et qui eut le mérite de retrouver le secret du stuc antique, en ont tiré un parti merveilleux et prêté à toutes ces créations l’air d’un rêve toujours nouveau. Le génie moderne s’est promené à l’aise sans doute dans les immenses domaines de la fantaisie, il a exploré tous les recoins de la fiction; mais, loin de se laisser entraîner à une profusion d’images forcées ou bizarres, et à toutes
ROME. VATICAN
les airs voltige l’oiseau de Vénus; le long des colonnettes descendent en serpentant les mille tribus des insectes ailés ou des volatiles, joyeusement excités à de charmants combats au sein des fleurs. Tel panneau se décore d’une députation des eaux précédant la fraîche Naïade; tel autre nous fait voir des psylles, des aspioles, quelques lézards parmi les mousses, des Gnomes, des Goules, de vieux Satyres à queue de poisson, et les Follets du soir courant à l’aventure; ici la femme,
M (J N S T R i; S MA U I N s
suspendue au-dessus du globe, ou tenant en main ses changeantes destinées, se rassasie de vertiges; là, [tins tranquille, en face du laboureur et du guerrier, ces doux conditions extrêmes de la vie, elle leur consacre le chaste abandon de la tendresse ol leur fait oublier les douloureuses préoccupations de l’avenir.
Parmi toutes ces images à demi fantastiques, parmi ces figurines qui vous éblouissent de leurs formes renaissantes, il règne pourtant une sobriété sage et eontenue , sinon dans le nombre des objets, au moins dans leur conception et leur arrangement. La diversion se produit a votre insu; malgré vous la monotonie s’éloigne. A côté de ces Heurs qui tombent en dentelles ou courent en grappes fusionner les murs, à côté de ces petits oiseaux <pn sont échelonnés dans le