F A C - S 1 M I L L DE L’ÉCRITURE DE R A P II A É L
ROME. VATICAN
peintures expressives du Masaccio , s’arrêta quelque temps à Pérouse, et y connut le moine Fra Bartolomeo , qui lui donna des idées sur le clair-obscur. A la fin de l’année suivante, il retourna à Urbin , pour y peindre la chapelle de Saint-Sévère, et repartit pour Florence, où il demeura trois ans et où se développa ce style mixte, encore timide mais déjà plus fort, qui caractérise sa seconde manière. En 1508, nous le voyons arriver à Rome, y peindre tour à tour les Chambres et les Loges du Vatican, y multiplier les merveilles de son pinceau, étonner Jules 11, charmer Léon X, devenir, même à côté de Michel-Ange, le premier de son art et le chef adoré de la plus illustre école du monde. Jamais peintre n’eut une plus belle vie.... Raphaël compta parmi ses admirateurs tous les grands hommes de son temps; il fut l’ami et le créancier de Léon X. Envié, mais incapable d’envie, il ne parlait qu’avec respect de Michel-Ange et désarmait ses ennemis par sa justice. Du reste, il tenait dans Rome un état de prince, avait une mise élégante et marchait toujours escorté de ses nombreux élèves , qui lui composaient comme une cour, et qu’il aimait à l’égal d’une famille. Sa figure était des plus agréables; tout en lui, ses manières, son style, son écriture même, témoignait d’une grâce délicate et naturelle; il avait des cheveux bruns et des yeux noirs dont le regard était limpide et doux. Rien que sa constitution fût délicate, on ne pouvait prévoir qu’il serait si rapidement enlevé par la mort. Après une courte maladie , dont les causes sont peu connues, il expira en l’année 1520, le jour du vendredi saint, qui était l’anniversaire même de sa naissance. 11 n’avait que trente-sept ans et n’était pas encore parvenu à la moitié d’une carrière qu’embellissaient la fortune , la gloire et l’amour.
andis que Raphaël était attiré à Rome par le Bramante, en 1508, Micliel-Ange y revenait de son coté , impérieusement rappelé par .fuies II, de sorte que les deux grands rivaux se trouvèrent bientôt comme en présence dans le Vatican, à vingt pas l’un de l’autre, celui-là occupé à la décoration des Chambres, celui-ci chargé de peindre la voûte de la chapelle Sixtine. Cette chapelle, aussi grande à elle seide qu’une église, est ainsi nommée parce qu’elle fut bâtie par les ordres de Sixte IV, qui était parvenu au pontificat en 1471. Ce fut trente-deux ans après cette époque, en 1503, que le pape Jules II, neveu de Sixte IV, confia la décoration de la voûte à Michel- Ange. Vingt ans plus tard, Clément Vil conçut le projet de faire peindre, par le même artiste, sur deux des cotés de la chapelle, la Chute des anges et le Jugement universel. Ce dernier sujet,
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le seul qui ait été exécuté, ne le fut que du temps de Paul III. Jaloux de s’associer à la gloire de Michel- Ange, le pape alla lui-même un jour, suivi de dix cardinaux, rendre visite à ce grand homme, et l’inviter à commencer la fresque dont il avait déjà dessiné les cartons. Bien que le Jugement dernier n’ait été peint, comme nous venons de le dire , que longtemps après la voûte , nous ne suivrons pas ici l’ordre chronologique , et nous ferons comme le voyageur qui tout d’abord demande à voir cette fresque à jamais célèbre , la première d’ailleurs qui frappe la vue quand on entre dans la chapelle Sixtine.