PEINTURES DE LA VOUTE
u and il entreprit, à contre-cœur et par les ordres d’un pape qui voulait être obéi, les peintures de la voûte de la chapelle Sixtine, Michel-Ange n’était qu’un statuaire; il n’avait encore jamais peint. Non-seulement il dédaignait la peinture à l’huile , la regardant comme un art à l’usage des femmes et des paresseux, a rte du donna c da persane infin garde ; mais il ignorait les procédés de la fresque, n’ayant jamais eu occasion de la pratiquer. Il fit donc venir de Florence les meilleurs peintres à fresque , les vit travailler quelque temps sous ses yeux , et bientôt , maître de leurs secrets , il les congédia en les payant et se renferma seul dans la chapelle pour se mettre à l’œuvre. La voûte de la Sixtine présente, dans sa partie la plus élevée, une surface plane, oblongue, un plat-fond à proprement parler. Michel-Ange la divisa en onze compartiments , destinés à recevoir les peintures bibliques auxquelles une architecture feinte servirait d’encadrement. Dans les espaces appelés pendentifs, c’est-à-dire formés par la retombée des arcs, il imagina de peindre en fresques colossales les Prophètes ri les Sibylles. Enfin dans les emplacements circulaires inscrits au-dessous des pendentifs et au-dessus des fenêtres, il projeta une série de compositions secondaires, sans compter d’innombrables petites figures, purement décoratives, qui devaient remplir tous les vides de la muraille , occuper tous les angles de la voûte, se plier à toutes les courbes de l’architecture.
Les morceaux les plus célèbres et aussi les plus admirables de cette vaste peinture sont les Prophètes et les Sibylles. 11 est impossible de les avoir vus, même dans une simple estampe, et de n’en pas conserver à jamais le souvenir. Il semble
J. A CHAPELLE SIXTINE
que l’Écriture ait produit sur Michel-Ange le même effet qu’ont éprouvé de nobles esprits en lisant les poèmes d’Homère. Le peintre s’est identifié avec le génie des prophètes; il a vécu avec eux; il les a vus grands, fiers, pensifs et attristés. Par un choix de contours qui n’appartiennent qu’à lui , par le développement outré des
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