‹ Les galeries publiques de l'EuropeChapitre 65 sur 167 · CÉCILE · texte numérisé non relu

CÉCILE

Il règne également quelque incertitude sur la composition du Pérugin , que nous avons fait graver ici, la Madone adorée par des anges ; mais celte fois, si l’on attribue ce tableau simple et ingénument expressif à l’école du Pérugin plutôt qu’au Pérugin lui-même , ce n’est pas pour en diminuer le mérite , car il est des connaisseurs et des peintres qui vont jusqu’à le croire de Raphaël dans sa première manière. Sans aller aussi loin, nous pensons, avec d’autres appréciateurs, «pie cet ouvrage , vraiment péruginesque par le style , appartient à un condisciple de

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Raphaël , à un homme qui fut un instant son émule , André d’ Assise , surnommé l’Ingegno , c’est-à-dire le Génie. On peut observer en effet que la manière en est plus grande, la touche un peu plus libre et moins sèche. Or, ce sont là précisément les traits distinctifs d’André d’ Assise. «Ce jeune peintre, dit Lanzi, fut le premier à élargir la manière de l’école du Pérugin , à en adoucir le coloris. » Nous ne parlons pas ici de la couleur, parce qu’elle se trouve altérée par de nombreuses

retouches qui sont venues s’ajouter à l’injure du temps. Vasari nous a intéressés du

reste à la mémoire de l’ingegno, en assurant qu’il perdit la vue au moment où on lui prophétisait qu’il surpasserait son maître. Mais, des recherches auxquelles s’est livré en Italie l’intelligent et docte Rumohr, il résulte qu’ André «l’Assise occupait un emploi public dans sa ville natale en 1511, près de vingt ans après l’époque où il serait devenu aveugle, selon Vasari.

En sortant de la galerie, nous trouvons accrochés aux murailles de l’escalier,

quatre tableaux , «pie nous ajoutons à notre liste pour ne rien oublier :

l’Enlèvement d’Hélène, par Romanelli ; la Reine de Saba visitant le roi Salomon, ouvrage d’Allegrini ; une Madone, par Luca Gambiaso, et enfin une Sainte Famille de Nicolas Mignard qui soutient assez faiblement, il faut le dire, Plionneur de l’école française.

Quoi qu’il en soit, ce n’est ni l’école ombrienne ni l’école florentine qui produisent la plus vive et la plus durable impression dans la double galerie du Capitole. Ce sont en général, nous le répétons, les Bolonais et les Vénitiens, représentés sans doute par des morceaux pleins de force , de relief , de couleur et d’éclat; mais, quel que soit le mérite de ces morceaux, peut-être serait— il à désirer «pie le fondateur de la galerie, se proposant de créer un musée d’études, eût donné la préférence à des modèles d’un caractère plus élevé encore, d’un style plus sévère .

n traversant la place du Capitole, et après avoir salué une seconde fois la statue de Marc Âurèle , dont le bronze conserve encore, après dix-huit cents ans, son antique dorure, nous entrerons dans le musée des Statues du Capitole. Clément XII eut l’honneur de commencer cette admirable collection; Benoît XIV l’agrandit; Clément XIII, Pie VI et Pie VII y ajoutèrent de nouvelles richesses et la mirent dans l’état où nous la voyons aujourd’hui.

Le musée du Capitole, avec son petit escalier et ses salles étroites, sans peintures ni décorations, est loin de la magnificence des salles du Vatican , et son aspect négligé ne répond pas à l’importance des chefs-d’œuvre qu’il renferme.

Avant de monter l’escalier qui conduit aux principales chambres du musée, arrêtons-nous à la fontaine qu’on aperçoit dès l’entrée et que surmonte la statue

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de l’Océan (statue colossale appelée Marforio , parce qu’elle demeura longtemps négligée dans le forum de Mars), et sous le portique, devant la grande et belle statue de Minerve , qui fut trouvée , le croirait-on ? dans les murs de Rome , parmi les matériaux de construction. Remarquons une statue de l’empereur Adrien, en costume de sacrificateur, une figure colossale, connue sous le nom de Pyrrhus, un sarcophage orné d’un bas-relief qui représente une danse de Faunes et de Bacchantes, et, dans le fond du portique, un groupe d’Hercule tuant l’hydre de Lernc.

Suivons encore le custode dans les trois pièces qui se trouvent au rez-dechaussée : la salle du Canopc, celle des Inscriptions, et celle de l’Urne. La première contient un grand nombre de statues égyptiennes de divinités, de prêtres et de prêtresses, en basalte ou en noir antique, toutes d’un style simple et d’un caractère imposant. Les murailles de la salle des Inscriptions sont entièrement couvertes de cent vingt-deux inscriptions touchant les empereurs et leurs familles, depuis Tibère jusqu’à Théodose. On y voit aussi un autel en marbre pentélique du plus ancien style grec, sur lequel sont figurés les Travaux d’Hercule, et un sarcophage magnifique en marbre, orné fie bas-reliefs qui paraissent appartenir à l’époque de Trajan. Ils représentent un Combat des Gaulois contre les Romains. Mais le plus célèbre des sarcophages du Capitole est celui qui se trouve dans la salle de l’Urne. Il est en marbre pentélique. Tous les antiquaires en ont décrit avec admiration les bas-reliefs, qui représentent la Querelle d’Achille et d’Agamemnon au sujet de Briséis.

Nous pouvons maintenant monter les marches du grand escalier et visiter avec attention les sept cent trente-quatre morceaux qui constituent la richesse du musée du Capitole, et qui sont rangés dans les salles suivantes :

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