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LA SALLE DU GAULOIS BLESSÉ

G A L E R I E DES S TÀT UES.

du Vase. Elle tire son nom d’un grand vase en marbre blanc, Ügg|t qui fut trouvé près du tombeau de Cæcilia Metclla. Rien de plus élégant que la forme de ce vase ; il est bordé de feuillages d’un relief fin et discret; il est garni d’anses à mascarons, orné d’oves au collet et de feuilles d’acanthe avec cannelures à la gorge. IJ est posé sur un ancien puteal , puits sacré, autour duquel

VASE A N T I Q l' E

sont sculptées, dans le plus beau style grec, les douze divinités de l’Olympe, non pas précisément celles que nomme le poète Ennuis dans son distique si connu :

Juno, Vesta, Ceres, Diana, Minerva, Venus, Mars,

Mercurius, Jovis, Neptunus, Vulcanus, Apollo.

Car, à la place de Vesta, le sculpteur a mis Hercule, qui n’était pas compté parmi les grands dieux. Ce monument précieux provient des fouilles faites à Nettuno, près d’Antium.

Ces païens dont la religion nous paraît être si profondément matérialiste , ils

ROME. CAPITOLE

ont su figurer aussi bien que nous la pudeur, la chasteté, l’innocence. Voyez cette petite statue de jeune fille qui tient dans son sein une colombe, et qui se retourne effrayée par le sifflement d’une vipère. Quelle grâce enfantine! quelle naïveté! et comment ne pas croire que les artistes antiques ont pressenti nos vertus les plus chrétiennes, puisqu’ils ont su les exprimer avec tant de délicatesse et de charme? Comment ne pas admirer la suavité de leur exécution , lorsqu’ils ont à peindre

l’innocence

les symboles de la douceur!... A côté de ce morceau d’une exquise suavité, arrêtons-nous devant ce sarcophage où sont représentés les Amours de Diane et d’Endymion, devant ce bas-relief connu sous le nom de Table iliaque; mais réservons toute notre admiration pour la mosaïque des Colombes de Furietti , qui est l’objet le plus précieux de la salle du Vase. Le nom de Furietti lui vint du cardinal Furietti, qui la trouva à la villa d’Adrien, à Tivoli. Pline parle avec beaucoup d’éloges d’un certain Sosus , fort habile mosaïste qui, sur le pavé d’un temple à Pcrgame, exécuta une mosaïque tout à fait semblable. « On y admire, dit cet écrivain , une colombe qui boit dans un bassin sur lequel se projette

GALERIE DES STATUES

l’ombre de sa tete 7 et d’autres qui prennent le soleil, apricantur , et s’épluchent sur le bord du bassin. » En lisant ce passage de Pline, le cardinal Furietti le trouva si conforme à la peinture qu’il possédait, qu’il n’hésita pas à la déclarer identique à celle décrite par le consul romain, et l’opinion du cardinal nous paraît plausible, quoi qu’en ait dit Winckelmann, qui a vivement contesté, mais par de faibles raisons, l’identité de ces deux mosaïques, celle du Capitole et celle que Sosus aurait faite en Asie , dans la ville de Priam.

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