‹ Les galeries publiques de l'EuropeChapitre 77 sur 167 · ARC DE S E P T I M E SÉVÈRE · texte numérisé non relu

ARC DE S E P T I M E SÉVÈRE

pratiquée à la voûte. C’est là que les criminels d’Etat étaient étranglés, puis retirés avec des crochets et jetés au peuple du haut d’un escalier appelé l’escalier des Gémissements, la scala di Gemonic. Quelquefois le supplicié était lancé du haut des degrés, de manière à se briser les membres en roulant, et il arrivait en pièces à la dernière marche. Les complices de Catilina périrent dans cette prison. Séjan y fut étranglé par ordre de Tibère; le roi des Numides, Jugurtha, y mourut de faim. En général les rois vaincus étaient mis à mort sous ces voûtes , pendant que le triomphateur montait au Capitole. Ce lieu sinistre est aujourd’hui décoré de

ROME

mille offrandes, éclairé de cierges, et visité par les fidèles, parce que saint Pierre y fut, dit-on, incarcéré et n’en sortit que pour aller au martyre, après avoir converti et baptisé ses deux geôliers, Processus et Martinianus.

Si nous revenons maintenant au Forum , en suivant la voie Sacrée , nous y trouvons plus loin que le Græcostase, au pied des jardins Farnèse, l’arc de Titus.

ne de Titus. Dans la capitale du monde chrétien, la présence de cet arc offre à l’esprit quelque chose de monstrueux, si Ton se rappelle qu’il fut érigé en mémoire de la prise de Jérusalem par les soldats païens. Il est vrai que cette sanglante catastrophe, dans laquelle périrent quatre-vingt mille créatures humaines et le plus beau temple de l’univers, n’était que l’accomplissement des prophéties , et pouvait être regardée par les chrétiens eux-mêmes comme une vengeance de Dieu. L’arc de Titus est, du reste, un morceau précieux, qui a été non -seulement conservé par les papes, malgré sa signification blessante, mais encore restauré à plusieurs reprises et avec le plus grand soin. 11 était en marbre pentélique , mais les siècles ayant rongé une partie des marbres , on a remplacé par du travertin les morceaux détruits. Les deux grands bas-reliefs qui le décorent sont célèbres et dignes de leur célébrité, quoiqu’ils aient subi l’injure du temps. Un de ces bas-reliefs représente l’apothéose de l’empereur, dont le quadrige est entouré et suivi de sénateurs, de soldats et de la foule. Rome, sous la figure d’une femme, tient les rênes des quatre chevaux du char. Dans l’autre, on voit défiler le cortège des prisonniers juifs, et des guerriers vainqueurs qui portent les dépouilles du temple de Jérusalem : le fameux chandelier d’or à sept branches, la table des pains de proposition, les trompettes d’argent qui servaient à annoncer le jubilé, enfin les vases sacrés. L’image du triomphe se continue sur la frise. La conquête de la Judée est symbolisée par la figure de son plus grand fleuve, le Jourdain, portée sur un brancard. Au centre de la voûte, Titus, revêtu de la toge, est enlevé au ciel sur un aigle. C’est après la mort de Titus que cet arc lui fut élevé, sans aucun doute par Trajan, qui, pour obéir à un sentiment de magnanime modestie, 11e s’est pas nommé dans l’inscription. Elle est sculptée sur l’attique du monument, du coté qui regarde le Colisée, et porte seulement ces mots :

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