VE SP AS I AN O AVGVSTO
On a fait observer que la qualité de divas, donnée ici à Titus, prouve qu’il
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était mort quand on a gravé l’inscription, d’élégance , et , eu égard à ses dimensions , qu’une seule porte et ne mesure que huit et à peu près cinq d’épaisseur. Par cette Sacrée, ainsi nommée à cause de T alliance endroit, après leurs querelles au sujet des
L’arc de Titus est, un chef-d’œuvre il est plutôt joli qu’il n’est beau. Il n’a mètres environ de haut, sept de large porte unique passait encore la voie que Romulus et Tatius jurèrent en cet femmes sabines.
T IMS
D’autres monuments antiques s’élèvent encore autour du Forum, et, parmi eux, le plus vénérable de tous, le temple de Romulus et de Réunis. Rome a commencé en ce lieu. La cella ou sanctuaire du temple, donnant sur la voie Sacrée, est de forme ronde. C’est dans la partie souterraine que Ton trouva, il y a deux siècles, les tables de marbre sur lesquelles était gravé le plan de l’ancienne Rome. A la place où est le sanctuaire du temple de Romulus, un pape lit établir l’église Saint-Côme et Saint-Damien , de même que Ton a dédié à saint Laurent le magnifique temple
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d’Antonin et de Faustine, qui est situé tout auprès, sur le Forum, presque en face du Græcostase. On peut se faire une idée de la magnificence romaine en voyant ce beau temple qui s’annonce par un portique de dix colonnes en marbre cipolin d’un seul bloc, hautes de seize mètres. On y montait par un escalier de vingt et une marches dont la première était au niveau de la voie Sacrée. Le sénat fit élever ce temple à la mémoire de l’impératrice Faustine, femme d’Antonin le Pieux, et après la mort de cet empereur, son nom fut ajouté sur la frise de la façade, construite en marbre de Paros. On y lit :
DIVO ANTONINO, DIVÆ FAUSTINÆ.
En reprenant la voie Sacrée , nous passerons maintenant sous l’arc de Titus et nous aurons à notre gauche le Colisée , à notre droite l’arc de Constantin , arc situé à l’endroit où la voie Sacrée se réunit à la voie Triomphale.
lie de Constantin. Ce monument a un grand effet d’ensemble et 11e peut appartenir qu’à une des belles époques de l’art. Suivant toute apparence, Constantin, voulant célébrer sa victoire sur Maxence et sur Licinius, s’empara de l’arc de triomphe élevé à Trajan, et osa confisquer ainsi pour lui-même la gloire de ce grand homme. C’est vers l’an 326 qu’eut lieu cet acte d’usurpation. Les bas-reliefs et autres ornements qui décoraient la partie supérieure de l’arc, demeurèrent intacts, mais, dans la partie inférieure, ou représenta les hauts faits de Constantin , et comme les artistes contemporains de cet empereur étaient déjà tombés dans la barbarie, leur sculpture grossière fait disparate avec celle du temps de Trajan. L’arc a trois portes en arcades et huit colonnes, dont sept d’ordre corinthien en jaune antique , et une d’un marbre jaunâtre , lesquelles supportent des statues de rois prisonniers. Sept de ces statues en marbre violet appartenaient à l’arc de Trajan. La huitième statue, qui est en marbre blanc, est un ouvrage moderne, fait sous Clément Xll, qui restaura l'arc de Constantin. Un matin de l’année 1533, sous le pontificat de Clément Vil, ces huit statues se trouvèrent sans tètes. L’auteur de cette mutilation était Lorenzino de Médicis , qui se croyait sans doute assuré de l’impunité, étant de la famille du pape. Mais Clément VU fit publier un ban qui condamnait le voleur à un exil perpétuel. Lorenzino s’enfuit, emportant, dit-on, son butin à Florence, où, pour achever sans doute de s immortaliser, il assassina son cousin Alexandre, grand-duc de Toscane. Deux siècles plus tard , Clément Xll fil refaire sur des modèles antiques les tètes manquantes, qui furent exécutées par un sculpteur nommé Bracci.
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Pour en revenir aux bas-reliefs , tous ceux qui ornent l’attique, ainsi que les Imit médaillons au-dessus des arcades latérales et les deux côtés de l’arc, se rapportent aux exploits de Trajan. Les bas-reliefs des faces latérales regardant le Palatin et le Gœlius, font allusion à la victoire que Trajan remporta sur le roi des Daces. Les autres rappellent son entrée à Rome, la voie Appienne qu’il restaura,
A P, L D Ii G O N S T A N i I N
ie roi qu’il donna aux Partlies après avoir détrôné Partliomasiris , enfin le sacrifice solennel qu’on appelait Suovetaurilia. Les médaillons se rapportent à des chasses el à des sacrifices offerts par Trajan à Mars, Sylvain, Apollon et Diane. Tous ces morceaux, d’une exécution mâle et noble, portent l’empreinte du style que nous retrouverons dans les sculptures de la colonne Trajane, tandis que ceux qui furent sculptés en l’honneur de Constantin trahissent la décadence de Part. Mais tout grossiers qu’ils sont , ces bas-reliefs ont un intérêt historique et un caractère de sincérité qui les rend fort curieux à étudier. O11 y voit la prise de Vérone par Constantin, la victoire qu’il remporta sur Maxence; ici on l’a représenté triomphant.
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là, parlant aux Romains du haut de la tribune aux harangues, et ce dernier bas-relief n’est pas le moins intéressant, si l’on se rappelle que Jules Romain, terminant les peintures de la Chambre du Vatican que Raphaël laissa inachevée et qui porte le nom de Chambre de Constantin, emprunta à ces sculptures, bien que barbares, le motif d’une de ses compositions, celle que l’on appelle la Harangue. Quant aux deux médaillons dans lesquels sont figurés le char du Soleil et celui de la Lune, et qui ornent les tympans, ils sont d’une exécution plus fine et se font distinguer par là des autres sculptures de l’époque constantinienne.
Au dire de Raphaël Sterni, les deux bas-reliefs qui sont placés au-dessous de l’arcade principale doivent être attribués à des artistes contemporains de Trajan, bien que la beauté de leur œuvre soit devenue presque méconnaissable par les altérations que leur ont fait subir l’ignorance des sculpteurs de Constantin, et la nécessité pour eux d’adapter à la glorification de cet empereur, ce qui se rapportait trop clairement aux actions héroïques de Trajan. Comme l’are de Septime Sévère, celui-ci a été longtemps à demi enterré. Ce n’est que vers le commencement de ce siècle, sous le pontificat de Pie Vil, qu’il fut dégagé et remis de plain-pied par rabaissement du sol environnant, au niveau de la voie Sacrée et de la voie Triomphale.
olisée. Mais au milieu de tant de monuments magnifiques et fameux, il en est un plus fameux encore et plus magnifique, c’est le Colisée. Le décrire est possible sans doute, mais ce qui ne l’est, point, c’est d’exprimer les sensations qu’on éprouve à l’aspect de cette ruine immense. Qui sait? peut-être, dans sa dévastation , le Colisée est-il plus beau que le jour où pour la première fois il ouvrit scs portes à plus de cent mille spectateurs. Nulle part, du reste, le peuple romain n’a laissé de lui-même un témoignage plus sublime et plus vrai tout ensemble. Sa grandeur : on la reconnaît tout de suite à l’enceinte prodigieuse qu’embrasse l’ellipse du monument, aux pierres colossales qui le composent, à ces portiques circulaires et superposés, à ces colonnes enfin de tous les ordres, qui s’élèvent les unes sur les autres à une hauteur énorme. Sa puissance : on en peut
juger par ce seul fait qu’un million de prisonniers de guerre ont travaillé à construire le Colisée, et que les premiers jeux qu’on y célébra coûtèrent douze millions de sesterces. Sa férocité : elle n’est que trop bien accusée par le souvenir des gladiateurs dont la mort lui était donnée en spectacle dans cette arène sanglante, et des martyrs chrétiens qu’on y livrait aux bêtes. A lui seul, le Colisée résume toute l’histoire de la Rome antique, et il est le plus étonnant vestige d’un peuple qui fut si longtemps le maître de l’univers et l’esclave d’un homme. On dirait que, réunissant tous les trophées de ses conquérants, suivant la belle
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pensée de lord Byron , Rome a voulu faire un seul monument de tous ses arcs de triomphe.
L’empereur Vespasien jeta les fondements de ce théâtre à son retour de la guerre de Judée, il employa aux premiers travaux douze mille Juifs prisonniers, mais il mourut avant de le voir finir. Ce fut Titus, son fils, qui l’acheva. 11 en lit l’inauguration l’an 80 de notre ère, par une fête qui dura cent jours et dans