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LA COLONNE T R A J A N E

passages de tleuves, batailles, triomphes, tous tes épisodes d’une histoire militaire y sont retracés dans un style fier, un peu rude même , comme il convient à un tel sujet. Les deux mille cinq cents figures qui se meuvent dans cet immense bas-relief sont dessinées correctement, mais sans recherche; le modelé en est

large , ressenti et vivant; c’est une sculpture, non pas héroïque, mais historique; et sans être sublime comme celui des métopes et des frises du Parthénon , le caractère en est grand et mâle. Le piédestal est orné de trophées, d’aigles et de guirlandes, du travail le plus parfait. C’est au-dessous de ce piédestal que les cendres de Trajan furent déposées dans une urne d’or. Sa statue en bronze doré couronnait autrefois le sommet de la colonne; mais cette statue ayant été transportée à Constantinople par un des empereurs d’Orient, Sixte V la lit remplacer par la statue en bronze de saint Pierre, qu’on y voit aujourd’hui. 11 fit en même temps dégager le piédestal qui était enseveli dans la terre par suite de l’extraordinaire exhaussement du sol dont nous avons vu à Rome tant d’exemples.

Mais nous ne pouvons ici passer sous silence une autre grande colonne , presque aussi fameuse, c’est la colonne Automne. Elevée au milieu d’une place qui est en partie l’ancien forum d’Antonin , ce dernier monument devrait porter le nom de Marc Aurèlc, puisqu’il fut dédié à cet empereur et non à son beau-père Antonin le Pieux. La colonne de Marc Aurèle est formée de vingt-huit blocs de marbre; elle est ornée, comme celle de Trajan, de bas-reliefs en spirale dont le travail, beaucoup moins beau, offre moins de saillie, et qui représentent les victoires remportées par Marc Aurèlc en Allemagne. On y remarque la figure de Jupiter Pluvius, rappelant certain miracle obtenu par la légion fulminante toute composée de chrétiens, lesquels attribuèrent à leur Dieu la grâce dont les païens remerciaient Jupiter. La statue de Marc Aurèle, en bronze doré, qui était placée autrefois sur le sommet de la colonne, fut remplacée, sous le pontificat de Sixte Y, par la statue de saint Paul qui est également en bronze doré.

ii e va ux de Monte Gavallo. Dans la première partie de cet ouvrage, nous avons décrit la place du Capitole et le superbe escalier à balustrade par

lequel on y monte. Nous avons parlé des deux statues colossales qui sont placées au haut de la rampe. Nous allons retrouver des groupes semblables sur la place du Quirinal, appelée aussi place de Monte Cavallo, à cause des chevaux que tiennent et paraissent dompter les deux figures de Castor et de Pollux, ou, suivant d’autres, celles d’Alexandre domptant Encéphale. Ces deux colosses sont en marbre pcntélique. Constantin les lit venir d’Alexandrie pour en orner ses thermes. C’est de la montagne de décombres formée par la destruction des thermes de Constantin, que le pape Sixte Y fit retirer ces figures colossales, qu’il plaça de chaque côté d’un obélisque en granit rouge oriental, provenant du mausolée d’Auguste. Les noms de Phidias et de Praxitèle, gravés sur les piédestaux, y ont été mis du temps de Constantin seulement et 11e prouvent rien. Ce qui est incontestable, c’est <[ue le travail des figures est digne d’un élève de Phidias , sinon de Phidias

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